‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 50 sur 84 · PEREGRINI DA CESENA · texte numérisé non relu

PEREGRINI DA CESENA

Orfèvre et nielliste de l'école de Bologne, on ignore la date de sa naissance et de sa mort, on suppose qu'il était élève de Francia, tant sa manière rappelle souvent celle de ce maître.

Le Triomphe de Mars et de Vénus (Duchesne 220). — Sur un char se dirigeant vers la gauche et conduit par deux lions que guide

1 Voir Essai sur les nielles, gravures des orfèvres florentins rfu XV' siècle, par Duchesne amc. Paris, 1826.

un homme nu, Vénus demi-nue est assise, tournée à droite, sur les genoux de Mars autour du cou duquel elle a amoureusement passé son bras gauche. Sur ce même char, devant le couple, l'Amour les yeux bandés, le carquois sur l'épaule, l'arc dans la main droite, est montée sur un globe où l'on distingue la lettre P. Deux personnages derrière ce char soutiennent les chaînes qui lient le Dieu et la Déesse, tandis que deux autres tout à fait devant à gauche précèdent le cortège.

Ce nielle en travers qui mesure 95 »»n sur 62 '■"" est de la dernière rareté. Il y a deux états; dans le 1« la figure ([ni est dessinée debout sur le bouclier de Mars est indécise et la lettre P est mal formée ; dans le 2e, cette figure est précisée et le P bien indiqué.

Il se trouve un 1»' état chez Dutuit et au Département des Estampes ', mais l'épreuve qui se trouve dans notre dépôt national est de couleur bleuâtre ; le 2« état que nous possédons également est en noir. — Cette pièce existe aussi à la Bibliothèque Impériale de Vienne et au British Muséum.

Un exemplaire passa à la vente Liphart et y fut adjugé 1187 francs.

POLLAJUOLO (Antoine)

Primitif de Florence, né en 1433 et mort à Rome en M98, orfèvre et graveur très distingué dont les œuvres fort peu nombreuses — 3 à 4 pièces — sont devenues pour ainsi dire introuvables. Leur conservation laisse aussi généralement beaucoup à désirer, presque toujours elles sont restaurées ou doublées.

Les Gladiateurs (Bartsch 2). — Composition de dix figures représentant des hommes complètement nus se combattant avec des haches et des glaives recourbés ; deux sont déjà tombés à droite et à gauche de l'estampe et en train d'être achevés par leur adversaire. Derrière l'homme de l'extrême gauche qui décoche une flèche avec son arc, on distingue une tablette suspendue à un des arbustes qui forment le fond de l'estampe et sur laquelle on lit, inscrits sur quatre lignes, ers mois : Opus Antnnii. Pollaioti Florentini. Des boucliers et des fourreaux sont épais sur le sol.

Pièce d'une finesse de tailles admirable, à laquelle cependant on pourrait reprocher la cernurc un peu trop accusée des contours. — Cette estampe de toute rareté est suivant nous la pièce capitale de l'artiste.

I Oui possède ù lu Rrsrrtv 1W nielles de CCI ai liste, plus 13 douttUX >|ui ne lui sont qu'attributs.

Ventes : Howard, 400 — E. Galichon, 310 — Liphart, 81, en mauvais état — L. Galichon, 300 — Defer Dumesnil, doublée et restaurée, 145.

A citer encore : Hercule combattant les géants (B 3), dont une épreuve existe non terminée au British Muséum. Sur le fourreau de l'épée du dieu, une inscription est gravée.

PORTO (Giovani-Battiota del)

Dit aussi le Maître ci l'Oiseau, parce qu'il avait coutume de mettre un oiseau devant les lettres /. B. ' dont il signait ses pièces. 11 fiorissait au tout commencement du xvf siècle et son œuvre se compose d'une vingtaine de cuivres et d'une dizaine de bois très finement gravés. Il appartenait à l'école de Modène.

Léda et ses enfants (Bartsch 3 — Galichon 7). — Léda est représentée assise avec ses quatre enfants et allaitant Hélène. Clytemnestre, le pied sur le dos d'un cygne, montre un papillon qu'elle vient de prendre. Castor et Pollux luttent avec l'oiseau qui les culbute, et saisit la main de l'un d'eux dans son bec. Au fond, un temple et une rivière où se baignent des cygnes. A gauche sur une tablette à fond noir, le monogramme de l'artiste en blanc.

Ventes : E. Galichon, 400 — Didot, 490 — Schloesser, 437.

Le Crucifiement.

Une épreuve de ce bois absolument inconnu à Bartsch, Passavant ou Galichon passa à la vente Fisher où elle fut adjugée 775 francs ; on la considère comme le seul exemplaire existant.

Saint Sébastien attaché à un arbre. — Sur le bord d'une rivière à laquelle il tourne le dos, le saint demi-nu le corps de face penché à gauche et regardant à droite, est attaché à un gros arbre. La main gauche est fixée par une corde au-dessus de sa tête auréolée, la droite est passée derrière son dos. Un rayon lumineux filtre à droite à travers l'arbre. Sur la rivière on aperçoit deux barques avec des rameurs. Au pied du saint un carquois et un arc, et à droite au-dessus du trait carré le monogramme de l'artiste dans l'intérieur de l'estampe.

< Ne pas le confondre avec un maîlre allemand peu connu qui signait aussi de ces mêmes initiales.

Ce clair-obscur n'est point décrit, et il est tellement rare qu'on peut le considérer comme probablement unique. — En avril 1894, H. -G. Gutekunst en vendait un superbe exemplaire qui fut adjugé 1131 francs; il mesurait H. 182 '"»i — L. 122 nwu.

RAIMONDI (Marc-Antoine)

Né à Bologne vers 1488 et mort dans cette ville aux environs de 1530. Nous parlerons très brièvement de cet artiste qui, à un moment donné, a été considéré comme l'étoile de première grandeur, l'astre radieux et rayonnant de l'école italienne. On est revenu et on en revient tous les jours ■ — on n'a mis que quatre cents ans à s'en apercevoir!! Nous nous demandons comment même pareille réputation a pu être usurpée à ce point. Son œuvre tout entier, à part quelques rares pièces, est d'une monotonie désespérante, c'est vculc, incolore et poncif. Ce n'est point un graveur original, mais un reproducteur servile des dessins de Raphaël' et c'est à ce seul fait d'avoir été comme le pâle reflet du Maître, qu'il doit d'avoir jouit d'une renommée imméritée dont n'est pas digne à coup sûr un simple ouvrier, un pur interprète. On est même surpris de voirBartsch — qui intitule son catalogue Le Peintre-Graveur — mentionner un artiste qui n'est pas un peintre-graveur. Le célèbre iconographe a cédé au mouvement d'admiration de commande de son époque, ce qui nous attriste en nous étonnant. Nous sommes heureux et fier de nous rencontrer du reste avec la plus haute personnification de l'autorité, en matière de gravures — sir Seymour Haden — qui lui aussi confesse n'avoir jamais éprouvé pour Marc-Antoine qu'une admiration très relative.

Quoiqu'il en soit l'artiste a fait école, il a eu des djsciples, quelques-uns même valurent mieux que lui, les Ghisi par exemple ; les autres furent pour ne citer que les principaux : Eneas Vico, Marc de Ravenne, le Maître au De, Bonasone, Martin Rota, Cartaro, les Carrache et Tcmpesta, etc.. — Consulter le consciencieux travail que lui a consacré le vicomte Henri Dclaborde', Paris, Librairie de l'Art, 18X7.

Nous allons donc signaler ici sans les décrire — nous ne nous en sentons pas le courage — les pièces généralement recherchées en les faisant suivre de quelques notes, remarques ou réflexions qui pourront intéresser les

* Notons cependant qu'il existe encore quelques envoûtés irréductibles qui s'obstinent à le pousser dans les ventes, mais hAtons-nous d'ajouter qu'ils sont heureusement fort rares, ceci itit en passant pour le bon goût de la corporation des collectionneurs.

» On raconte même que c'était Raphaël qui. île sa propre main, traçait sur (s cutort les contours de ses dessins pour plus de justesse. Que restait-!] alors a l'actif du malheureux Marc-Antoine, si on lui livrait la besogne a ce point mâchée, qu'il n'.i\ .iil plus qu'a la sabrer dises lailles horribles el brutales.

: Muse ii noter, ce catalogue. (H| une somme énorme d'érudition <t (le travail a t t.

dépensée, us conffenf aucune description des estampes qui y sonl mentionnées! c'est in une lacune : ible qu'on ne saurai! s'expliquer.

amateurs de plus en plus clairsemés du Maître1. Disons aussi que Marc- Antoine a copié certaines pièces de Durer, telles que : La Vierge au Papillon — Les Offres d'Amour — La Dame à cheval et l'Ecuyer — Seigneur et Dame à la promenade — La Vierge au Singe, en contre-partie — Le Retour de l'Enfant prodigue, également en contre-partie — et que toutes ces estampes sont d'une telle rareté qu'elles manquent même au Département des Estampes.

Parmi les grands écrivains admirateurs de l'artiste il faut citer : MM. de Laborde, Vitet et Alvin, ce dernier classe l'œuvre de Raimondi en quatre manières et les analyse ainsi :

« La première : avant 1506, dure, roide et maigre ; exemple : Pyrame et Thisbé. — La deuxième : 1506-1510, plus souple et plus pure ; on sent l'influence allemande et flamande : Mars et Vénus ; Les Grimpeurs. — La troisième : 1510-1520, la période Raphaëlienne, correction et grâce du dessin : Lucrèce ; Le Massacre des Innocents. — La quatrième : après la mort de Raphaël, il conserve les qualités acquises : Le Martyr de saint Laurent ». Ajoutons qu'après cette mort, il travailla pour Jules Romain et Raccio Randinelli.

Quant à la fameuse histoire des Postures ou Amours des Dieux et Déesses, en Ralien / Modi, prétendue suite de 20 pièces erotiques, d'après les dessins de Jules Romain et sonnets de l'Arétin, c'est un peu comme Madame Renoiton, on en parle toujours mais on ne les voit jamais. On raconte cependant que l'Arétin les dédia à Raptiste Zatti dans sa lettre du 11 décembre 1537, et que ces dessins furent gravés à l'insu de Romain. On dit aussi, qu'un marchand d'estampes, nommé Jollain de la rue Saint-Jacques à Paris, ayant cru trouver les cuivres originaux, les acheta 100 écus pour les détruire, mais qu'il fut trompé n'ayant affaire qu'à des copies. On dit encore qu'à la vente de Pierre-Jean Mariette en 1775, l'œuvre du graveur composé de 724 pièces contenu dans trois volumes fut adjugé 4600 livres et que les 20 postures "- s'y trouvaient. On dit enfin — car il faut que nous abrégions tous ces racontars — qu'à la fin du règne de Louis XVI, alors que M. Joly était conservateur du Cabinet du Roi, on vint les lui offrir pour 80 louis d'or, et que pendant qu'il allait consulter le Roi, le duc de Cumberland de passage à Paris en ayant eu vent les lui souleva, et qu'à l'heure présente 9 de ces estampes se trouvent au Brilish Muséum, mais ce ne sont que de simples fragments, montrant seulement les têtes ou les parties supérieures du corps, qui ont été indubitablement coupées dans la suite originale du Maître. Nous tenons ces derniers détails de l'obligeance du savant et distingué conservateur adjoint du British Muséum, M. Freeman O'Donoghue, que nous remercions respectueusement ici. — Raviera était l'imprimeur du Maître, et Antonio Salamanca son éditeur.

' Car nous n'osons imaginer qu'aujourd'hui — battit-on la caisse à la faire crever — on vendrait, comme en 1843 à la vente Debois. 150 pièces en détail, la somme énorme de H700 francs 1 !

5 Elles y sont réellement cataloguées sous le H" 38. page 225, ainsi que dix autres petites pièces du même genre, le tout en épreuves de la plus grande beauté et presque toutes avant le nom de Salam (lisez Salamca). Passavant dit qu'en 180! il en a été fait une copie sous la rubrique : Collection de 2/ groupes libres.

Adam et Eve ' (Bartsh 1).

On considère cette rare gravure qui est sans signature, comme une des premières faites à Rome. On a fait judicieusement remarquer combien il était grotesque d'avoir placé des muisons dans le paradis terrestre.

Ventes : Didot, 1900 — Fisher, 1« état sur papier à la sirène, 750.

Le Massacre des Innocents (B 18).

Pièce dite au chicot, c'est-à-dire avec la tête du sapin dominant un groupe d'arbres tout à l'ait à droite de l'estampe, au-dessus de la femme qui tient son enfant sur son bras gauche et qu'un homme frappe au sein d'un coup de poignard — Passavant nie qu'elle soit du maître, il l'attribue à Pencz, trouvant qu'elle ressemble comme métier à ses Triomphes du Pétrarque — On compte trois états : h avant l'inscription du nom de Raphaël sur le piédestal à gauche et avant le monogramme ; 2* avec ces inscriptions ; 3e la planche reprise et retouchée; elle est actuellement dans la collection Malaspina à Milan. — Kn 1820, on en a fait tirer des épreuves dont un exemplaire existe au Département des Estampes, la planche est complètement usée, il n'y a plus que le trait, les ombres n'exislent plus. — Le dessin original de Raphaël est au British Muséum.

Ventes : K. Galichon, 415 — Liphart,505 — Didot, 1" état, 400 — Griffiths, 1250 — Fisher, 250 — Holford, 4750, de la collection Lely — L. Galichon, l'exemplaire de chez Didot, 320.

Le Massacre des Innocents (B 20).

Sans le chicot, mais aussi rare que la précédente. Il y a eu et il y aura des discussions sans fin relativement à ces deux pièces ; on n'a pu et on ne pourra jamais se mettre d'accord sur leur véritable paternité. Nous ne rééditerons point ici les théories plus ou moins oiseuses qui ont été mises en avant et qui ont fait cruellement mentir le proverbe: De ta discussion jaillit la lumière. Pour notre part, nous dirons simplement qu'elles sont aussi mauvaises l'une que l'autre ; généralement, cependant, on préfère celle avec le chicot. L'état à rechercher est celui avant l'adresse de Salamanca et avant les tailles sur les ombres des maisons.

Ventes : E. Galichon, 1050 — Liphart, 587 — Didot, 300 — Knowles, 175 — Griffiths, 1(137, de chez Dcbois, Verstolk et Hawkins — Haden, 500 — Fisher, 525 — Angiolini, 375 — Sallet, 11)4 — Def'cr Dumesnil, 135.

La Cène (B 26).

Cette estampe est dite /.<< pièce des Pieds parce qu'ils paraissent tous sous la table. Une répétition de cette gravure a été faite par Marc de Ravennc, qui y a mis son monogramme à droite.

Ventes: E. Galichon, 1150— Didot, 500 — Schloesser, 200 — Angiolini, 469.

i Sauf Indication contraire, lea gravures que nous allons mentionner soin d'après Raphaël.

La Descente de Croix (B 32).

Vente : E. Galichon, 2000.

Saint Paul prêchant à Athènes (B 44).

Ventes : E. Galichon, 3005 — Didot, 180 - Fisher, 1150 — Waldburg Wolfegg, 1137.

Notre-Dame à l'Escalier (B 45).

Ventes : E. Galichon, 4705, avec marge — Didot, 370 — Schloesser, 187 — Fisher, 37, copie non décrite où les maisons ont un étage de plus que dans l'original ou dans les autres copies signalées par Bartsch — Angiolini, 106.

La Vierge allaitant l'Enfant Jésus (B 60).

Ventes : Liphart, 575 — Knowles, état non décrit dans lequel on distingue le petit doigt de la main gauche de la Vierge qui retient l'Enfant Jésus sur ses genoux, cette main est plus grosse que dans le 2e état, 2500, de la collection Brentano.

La Vierge au Palmier (B 62).

Ventes : E. Galichon, 3500 — Didot, 500 — Fisher, de chez Hawkins ? — Holford, 1025.

Le Martyr de saint Laurent (B 104).

Estampe gravée d'après Baccio Bandinelli, une des dernières productions de l'artiste et la plus grande comme format, qu'il faut avoir avec les deux fourches dans la main du bourreau qui étend le saint sur le gril, elle est extrêmement rare dans cet état et fut adjugée 1000 francs à la vente Didot en 1852 ; à celle de Benjamin Delessert, elle lit 2110 francs.

Jésus bénissant (B 113).

Pièce dite sans aucune espèce de raison Les cinq Saints, puisqu'il n'y a que le Père Eternel, deux saints et deux saintes. — Elle a été aussi gravée par Henriquel Dupont.

Ventes : E. Galichon, 1300 — Fisher, 450 — Angiolini, 281.

Sainte Cécile (B 116).

Il faut l'avoir dans l'état dit au Collier, c'est-à-dire avec l'ombre portée sur le cou.

Ventes : E. Galichon, 2950, de chez His de la Salle — Liphart, 2031 — Didot, 200 — Schloesser, 2000, sur papier très mince à l'ancre — Fisher, 412 — Par H. -G. Gutekunst en 1894 à Stuttgart, 1375 — Bouillon, 445 — Par H.-G. Gutekunst en 1900 à Stuttgart, 780.

Le Jugement de Paris' (B 245).

C'est une des meilleures pièces du Maître; celle qui est aux Estampes fut donnée par M. Simon, elle provenait du cabinet Debois où elle avait été accpjise moyennant 3350 francs plus les 5 o/o, elle avait passé précédemment par les cabinets Pierre Lély, van Puten et Kevil où en 1838 elle fut payée 1399 francs.

Ventes : E. Galichon, avec les traces de pierre ponce sur le terrain, 6705, de la collection Ratticr -- Didot, 800 — Schloesser, sur papier mince filigrane aux ciseaux, une des plus belles connues, provenait d'un' échange avec le Département des Estampes de Paris, 3626 — Griffiths, 762 — Fisher, 362 — Angiolini, 756 — Par H. -G. Gutekunst en 1900 à Stuttgart, 975.

Satyre surprenant une Nymphe (B 319).

Ou La Nymphe du Printemps et le Satyre, d'après un maître inconnu, adjugé à la vente E. Galichon, 2410 francs, avant la retouche.

La Poésie (B 382).

Ventes: E. Galichon, l,r état, avant l'inscription dans la tablette, 2500; on n'en connaît que 3 épreuves, celle-ci et celles de Dutuit et du Brilish Muséum — Didot, 300 — Schloesser, 1000, avec l'ombre large sur la joue de la poésie, sur papier mince au cor de chasse dans un cercle — Fisher, 575 — Holford, 525.

Le Serpent parlant à un jeune homme (B 396). De toute rareté, adjugé vente E. Galichon, 4000 francs.

La Peste (B 417).

C'est suivant nous une des meilleures de l'œuvre et une de celle qui se vend cependant le moins cher.

Ventes : Liphart, 150 — Didot, 605 — Holford, avant les inscriptions sur le rayon de lumière à gauche et sur le piédestal, 950.

Les Chanteurs (B 468).

Pièce douteuse, d'après peut-être le dessin du Maître lui-même; maigre cette incertitude elle fut payée à cause de sa rareté sans doute, 7005 francs à la vente Galichon.

Les Grimpeurs (B 487).

D'après un carton de Michel Ange pour la guerre de Pise ; chose curieuse à constater, le paysage du fond est le même que celui de Lucas de Leyde

i a la vente Johnion d'Oxford, >-ti isiso, il fol adjugé loooo francs!

dans l'estampe Sergius tué par Mahomet, il y avait deux ans que cette pièce était gravée.

Ventes : E. Galichon, 3600 — Didot, 400 — Schloesser, 2500 — Fisher, 1275 — Holford, 800, du cabinet Mariette.

Pierre Arétin (B 513).

Ce portrait finement buriné est considéré généralement comme la maîtresse pièce de l'œuvre, il est d'une excessive rareté. M. Delaborde en donne deux états. On suppose que cette estampe a été gravée d'après Le Titien.

Ventes : Howard, épreuve avant le monogramme, avant les ornements de la coiffure et avant la troisième et autres lignes de l'inscription : Non manus artificis.. ., 19500!!! à MM. Colnaghi, pour qui? pour un amateur qui, croyons-nous, désire garder l'anonymat ; c'est une des deux épreuves connues, l'autre est au British Muséum — E. Galichon, 3505 ' — Didot, 325 — Prince Waldburg Wolfegg, 3812.

La Carcasse (B 426).

On ignore de qui est la composition, et on n'est même pas sûr que cette pièce ait été gravée en entier par Marc-Antoine. Les initiales A. V. qui existent sur le cornet dans lequel souffle le jeune garçon à cheval sur un bouc qui galope, tout à fait dans le coin à gauche de l'estampe, fait supposer qu'elle est due au burin d'Augustin le Vénitien. — M. Delaborde nous apprend que le cuivre existe encore et est conservé à Cobourg dans la forteresse.

Ventes : Oppermann, 37, épreuve doublée — Fisher, 100.

Lucrèce prête à se percer le sein. — Elle est assise à la gauche de l'estampe, vue de trois quarts, dirigée vers la droite, la tête tournée à gauche ; elle tient un poignard de la main gauche. H. 112™» — L. 72 mm.

Cette estampe absolument banale et poncive de la plus grande rareté sinon unique est restée inconnue à tous les iconographes, y compris M. Delaborde ; A la vente Arozarena en 1861, elle fut adjugée 300 francs, elle provenait de la collection de Sir Master Sykes. — Ne pas la confondre avec Lucrèce se donnant la mort (B 192), cette basse médiocrité dont M. Delaborde fait un si pompeux éloge.

En 1868 une exposition de l'œuvre de l'artiste fut faite au Burlington Fine Arts Club.

1 On savait que M. Emile Galichon était très friand et très admirateur de l'école italienne, c'est ce qui fait que le public, se fiant au goût délicat du collectionneur, n'hésitait pas à payer toujours plus cher ce qui sortait de son portefeuille, il y trouvait une garantie dont il voulait profiter.

ROBETTA'

Bel artiste de l'école llorentine qui ilorissait au commencement du xvi' siècle ; il était orfèvre et grava beaucoup d'après les dessins de Lippino Lippi, surtout après la mort de ce dernier. C'est toujours un peu sec, mais ça ne manque pas quelquefois cependant, d'une certaine beauté. Les mains laissaient malheureusement souvent à désirer. Il signait R. B. T. A.

Hercule étouffant Antée (Bartsch 22). — Au milieu de rochers, Hercule, nu de profil à droite, étreint vigoureusement contre sa poitrine Antée qui, soulevé de terre, essaye de se dégager en areboutant son bras droit sur la tête du dieu, tandis que de l'autre il lui saisit le bras. Dans le haut de l'estampe à droite, des nuages ; dans le bas du même côté, au pied d'un arbre mort, un enfant nu à demicouché.

Pièce de la plus insigne rareté, l'exemplaire de la Reserve est superbe.

Ventes : Fïsher, 625 — Par H. -G. Gutekunst en 1893 à Stuttgart, 1200 — Angiolini, 900.

La Vierge (B 12). — Dans une campagne accidentée, la Vierge est assise ayant l'Enfant Jésus tourné à gauche sur ses genoux, lui présentant de la main droite un petit oiseau. Au fond de l'estampe, rivière et collines. En bas au milieu de la composition : R. R. T. A.

Estampe rarissime.

Ventes : E. Galichon, de chez Sykes, 580 — Griflilhs, 1" état non décrit, l'auréole de la Vierge csi sans muons, il n'y a pas de nimbe à l'Enfant Jésus, et la jambe droite de la Vierge n'est pas indiquée au-dessous du genou, elle doit être reployée sous la cuisse, ;i.'i7.-> ; la même avec ces modifications, 150; toutes deux provenaient de chez Pierre Vischer où elles avaient été vendues en 1852, la première 282, la seconde 108.

Adam et Eve avec leurs enfants (B 4). - Tous deux assis et les yeux baissés, Adam à gauche et Eve à droite; celui-ci la bêche entre les jambes, celle-là un de ses enfants sur ses genoux, l'autre assis a droite sur une pierre. Au fond, un fleuve, des collines, et tout

i i ii lalnei plècei du Maître portent radreuc d'Antonio M«mn«.

à fait à gauche, une petite maisonnette que l'on dirait empruntée à Durer. Sans signature.

Rare et curieuse pièce très finement gravée et fort belle.

Ventes : E. Galichon, 90 — Schloesser, C62 ; c'est l'exemplaire Galichon — Fisher, 62 — Angiolini, 230.

L'Adoration des Rois (B 6). — Entre deux arbres, entourée d'anges, la Vierge est assise et auréolée, elle tient l'Enfant Jésus sur ses genoux et est environnée d'une multitude qui lui apporte ses hommages. Au fond, on aperçoit une rivière encaissée dans de hautes collines. En bas à droite, sous la calotte d'un des mages qui est déposée par terre, on lit : Robetla.

L'épreuve qui est à la Réserve est d'une fraîcheur telle, qu'on jurerait qu'on vient de la tirer; la pièce est finement gravée.

Ventes : E. Galichon, 80 — Liphart, 37, de chez Otto — Vico, 125 - Angiolini, 31,

La Vieille et les deux Couples amoureux (B24). — Au milieu de l'estampe, une vieille femme nue aux mamelles pendantes a à sa droite et à sa gauche un couple nu, homme et femme, qui se tiennent par la taille ; près du couple de gauche, un Amour nu est assis par terre tenant un oiseau. Au fond de l'estampe, silhouette d'une ville et de colline. Pas de signature.

SESTO ' (Caesare da)

Artiste inconnu ;\ Barlsch et a Passavant, qui appartenait à l'école milanaise et sur lequel on sait très peu de chose. Nous citerons de lui une pièce excessivement rare qui passa à la vente E. Galichon où elle fut adjugée 700 francs, c'était :

La Décollation de saint Jean-Baptiste. — En pleine campagne sur le bord de la mer, le bourreau s'apprête à remettre au fourreau l'épée avec laquelle il vient de décapiter saint Jean-Baptiste qui s'affaisse en inondant la terre de son sang. Hérodiade précédée de Salomé emporte en s'enfuyant vers la gauche la tête du saint sur un plat.

1 Voir la Gazette des Beaux-Arts, tome XVIII, page 550.

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