‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 55 sur 84 · J.-B.- Rousseau » .1. Aved · texte numérisé non relu

J.-B.- Rousseau » .1. Aved

Le premier portrait gravé est celui de Poliynac en 1765, le dernier celui de Bossuet en pied en 1771.

Mis Portalis et Béraldi nous apprennent qu'un des plus beaux œuvres formés, le fut par l'intendant militaire Le Cauchois Féraud, il le tenait de la famille de l'artiste, et contenait les neuf portraits en vingt états différents, plus trois pièces du Dr de Grateloup, neveu du Maître, le tout fut adjugé 5200 francs en octobre 1869 au libraire Fontaine ; cet œuvre est actuellement, croyons-nous, dans la collection du Prince Alexandre Bibcsco. — A la vente Chartener', le Bossuet en pied*, sur chine, t. m. et avant la date, fut adjugé 185 francs, il provenait de chez Robert Dumesnil. A la vente L. Galichon les neuf pièces 410 francs. Enfin, en 1900, à la vente Guyot de Villeneuve, les neuf portraits en différents états formant seize pièces montées sur bristol en un volume in -4°, furent adjugés 2920 francs, ils furent rachetés, croyons-nous, par un membre de la famille. Cette collection, de condition exceptionnelle, avait été composée par le graveur lui-même qui en avait fait hommage au comte de Montalivet, alors ministre de Napoléon 1er. H y avait là un portrait de Polignac d'un état inconnu à Faucheux, c'est-à-dire avec la lettre AT redressée mais avant le cadre, état intermédiaire entre le 2e et le 3e. Cette estampe, qui est un bijou, ne satisfaisait pas cependant complètement l'artiste parait-il ; c'était un de ses premiers essais.

Nous avons découvert au Département des Estampes un portrait de femme d'après Grimou qui n'est pas mentionné dans Faucheux, ni dans Béraldi et Portalis, en voici la description : Dans un ovale sans aucun ornement, une jeune femme à mi-corps de trois quarts à gauche regarde de face, elle porte une collerette de linon tuyautée souple et une plume à la toque. En haut de l'ovale: Grimou pinxit, en bas: J. B. G. Aquensis sculp. Il y avait une seconde épreuve plus pâle, nous supposons que le cuivre avait dû être passé au charbon de bois additionné d'eau-forte.

GREUZE (J.-B., d'après) 1725-1805

La Philosophie endormie ' (eau-forte de Moreau le jeune, burin de Aliamet). — Assise dans un fauteuil, légèrement rejetée en

i En 1885.

2 Ce portrait est considéré comme son chef-d'œuvre, dans celui en buste la main est trop grande.

' A l'exception de cette pièce, de La Cruche cassée et de La Laitière, les Greuze sont peu recherchés avec la lettre, ils n'ont d'intérêt pour l'amateur qu'en avant lettre. — Les associés de l'artiste. Massard. Plipart, Levasseur et Gaillard, signaient quelquefois au verso et à l'encre leurs épreuves, les collectionner de préférence comme étant de tirage supérieur.

arrière, le dos soutenu par un large oreiller, une jeune femme coiffée d'un bonnet est endormie, son bras droit s'appuie sur une table chargée de livres, un chien est sur ses genoux et l'on voit à ses pieds un tambour à broder.

Ventes: Didot, g. m., 115 — Maherault, eau-forte avancée, 390 — Muhlbacher, eau-forte avant toutes lettres, le corsage est boutonné jusqu'au cou, plus tard il a été ouvert et laisse apercevoir la chemise, 400; avant la dédicace, 205 — Mailand, eau-forte état Muhlbacher, 700; avant la dédicace et l'adresse d'Aliamet, 120 — Kinnen, même état, 180 — Bayard, avec la lettre, t. m., 122 — Pavie, avant toutes lettres, 265 — Goncourt, 51' — Lacroix, 110 — Defer Dumcsnil, le corsage est boutonné, très rare, 660 — Roux, états d'eau-forte imprimés au recto et au verso de la même feuille, 230 francs.

La Cruche cassée (par Massard).

Trop connue pour la décrire, est toujours fort recherchée à cause même de sa popularité, mais surtout en avant lettres.

Ventes: Roth, eau-forte pure, 450; avec la lettre, marge vierge, 282 — Muhlbacher, avant toutes lettres, la tablette non terminée, 1401 ; autre état signé au verso, 410 — Marquis, avant la lettre, 855 — Kinnen, même état, g. m., 1500 — Destailleur, épreuve signée au verso, 165 — Bayard, épreuve signée par Massard, marge vierge, 200 — Goncourt, avant toutes lettres et avant la tablette non terminée, 420 — Greppc, eau-forte avancée, 250 — Lacroix, avec la lettre, 140 — Defer Dumesnil, signée au verso par Greuze et Massard, 140 — C. J. et G. K., avant l'adresse de Greuze signée au verso, des artistes, 375 — Roux, 190.

La Laitière (par Levasseur). — Coiffée d'un bonnet, la tête penchée un peu à gauche, la gorge légèrement découverte, une jeune femme, le bras appuyé sur le cou d'un cheval, regarde de face; elle tient une mesure à lait.

Ventes: Behague, avec la lettre, 95 — Roth, même état. g. m., 127 — Muhlbacher, avant toutes lettres cl avant la tablette, 150; avec le titre, le nom des artistes sans aucune autre lettre, g. m., ion - Malinet, avant toutes lettres, 360 — Destailleur, avec la lettre, 140— Kinnen, avant toutes lettres, g. m., 1010 — Lacroix, remargée, 142.

Signalons la jolie pièce de La petite Fille au Chien, par Porporali, qui, avant toutes lettres, vaut dans les 800 ;'i 10(1(1 francs — L'Oiseau mort, par Fliparl, et /." Tricoteuse endormie, par Jardinier, qui, avant toutes lettres, se payent de 200 à 300 francs.

Mentionnons aussi la seule eau-forte gravée par le Maître lui-même, La jeune Savoyarde : De face et la tète légèrement penchée à droite elle regarde par terre, les bouts de son fichu noués par devant, viennent rentrer dans l'ouverture de son corsage, elle est coiffée d'une marmotte attachée sous le

menton. Sous le trait carré à gauche dans le coin l'initiale G de l'artiste Pièce de la plus insigne rareté gravée en 116."), nous ne l'avons jamais vue passer en vente. Un exemplaire existe dans la collection de M. Eugène Boismen, de Nantes. — On lui attribue quelquefois aussi une tétc de jeune femme, mais sans preuve.

HIGKEL (Antoine, d'après)

Marie-Antoinette (par S. Malgo). — Elle est assise sur un canapé, de trois quarts à droite, le coude droit repose sur un coussin placé sur un guéridon. Les cheveux sont relevés et ornés de plumes, un long voile retombe par derrière, un bouquet est fixé à droite sur le haut du corsage qui est légèrement échancré. Au fond de l'estampe à droite, on distingue, mais difficilement, le buste de Louis XVI sur un fût de colonne. Dans la marge du bas : Peint d'après nature. . .

Pièce en manière noire publiée à Londres le P' mars 1794. — Cette estampe est laide et les bras, trop grêles, sont mal dessinés; intéressante seulement par sa rareté, elle peut valoir de 500 à 600 francs.

Princesse de Lamballe (par le même). — La jolie et infortunée princesse, un fichu de dentelle jeté sur les épaules, est assise de profil à droite devant un petit bureau en train d'écrire une lettre, elle regarde presque de face, le coude droit est appuyé et sa main tient une plume d'oie ; elle semble réfléchir; sur le bureau, un petit vase de fleurs est posé devant elle. A gauche, une draperie près de laquelle est une colonne surmontée d'un buste.

Estampe également en manière noire mais de beaucoup supérieure à la précédente et d'une insigne rareté, elle fut publiée à Londres en 1793 et peut valoir de 500 à 800 francs. — La toile originale a figuré à l'exposition de l'Art français en mai 1888.

HOIN1 (Claude, d'après)

Madame Dugazon (par Janinet, 1787). — Assise sur un banc dans un parc, le corps de trois quarts à droite légèrement penché en

l Consulter la belle étude que lui a consacrée dans la Gazette des Beaux-Arts du 1" décembre 1809, le baron Roger Portalis le savant écrivain d'art notre ami.

avant, elle regarde à gauche, une main est appuyée sur le banc, l'autre tient négligemment une branche de roses. Au cou, un fichu de tulle ; dans les cheveux bouclés, une rose. Son manteau est jeté sur un des bras du siège. Au fond, la campagne avec un pont et une montagne ; à droite, une grille.

Elle est représentée dans son rôle Nina ou La Folle par amour : Hélas .' hélas ! le bien-aimé ne revient pas ! Estampe en couleurs fort recherchée et rare.

Ventes : Muhlbacher, avant toutes lettres et la marge vierge, rarissime dans ces conditions, 3350 — Hocquart, avant toutes lettres, 600 — Pavie, avant toutes lettres, t. m., 1900 — C. J. et G. K., avant la lettre, dans un cadre ancien, 800.

JANINET (François, par)

Rose Bertin '. — Dans un ovale presque de face, cheveux bouclés et étages surmontés d'une mousseline formant bonnet, un fichu jeté sur les épaules vient se nouer sur un corsage décolleté.

Très rare et remarquable pièce en couleurs sans nom de personnage.

Ventes: Michelot, avant toutes lettres, 106 — Muhlbacher, seulement le nom de l'artiste à la pointe, 350 — Vignères, 320 — Roth, marge, 320.

Marie-Antoinette. — A mi-corps dans un médaillon, elle regarde de face, les cheveux sont relevés, ornés de plumes, de perles et de rubans avec une aigrette de diamants ; deux boucles frisées retombent sur les épaules ; le corsage en pointe est orné sur le milieu d'un lys brodé, il est décolleté et orné de pierreries, les manches sont agrémentées de volants de dentelles, et sur les épaules le manteau royal doublé d'hermines et fleurdelysé est jeté.

Cette pièce en couleurs est accompagnée d'un encadrement mobile ornementé or et bistre que l'on fixe à l'aide de charnières sur le côté gauche de l'estampe. — Extrêmement recherchée.

Ce portrait a été reproduit en réduction par Boussod, Valadon et C'1', dans le bel ouvrage La Reine Marie- Antoinette, de M. Pierre de Nolhac.

Ventes: Hehaguc, avec la lettre, 420 — Muhlbacher, avant toutes lettres et avec l'encadrement mobile, 2850; avec la lettre et l'encadrement 700 —

1 Marchande do modes de Mnrie-Antoinelte.

Labéraudière, mêmes conditions, 405 — Roth, sans le cadre, t. ni., 1300; le cadre en bistre, 600 — Pavie, avec le cadre mobile, 1300 — G., avec le cadre, 1250 — Ducoin, avec le cadre, 520 — Rothi, avec le cadre, 1520 — Gentien, avec le cadre, 1520 — Goncourt, avec le cadre, 750.

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