VIDAL (P
La Dame de chez Maxime. — Dans un restaurant, une femme debout de trois quarts à droite près d'une table regarde à gauche en remettant son gant. Au fond, un garçon aide le monsieur à remettre son pardessus.
Eau-forte en couleurs charmante et bien vécue.
VIEILLARD (Maurice)
Fin de Jour. — La nuit tombe, un vieil homme rentre ses trois chevaux qu'il tient par la bride, ils se dirigent vers la droite ; trois becs de gaz viennent d'être allumés, piquant la nuit de leur clarlé.
Eau-forte en couleurs très remarquable dont il n'existe que 24 épreuves, qu'il faut avoir parce qu'elle dénote un vrai tempérament d'artiste.
VILLON (Jacques)
Bibi la Purée. — Une femme assise dans un fauteuil est vue de dos ; près d'elle, un vieux, chauve, assis également de profil à gauche, le visage crispé, a la main posée sur une brosse à cirage.
Bernadette. — Les jambes croisées, assise de face sur un canapé, la main droite appuyée, la gauche ramenée sur la hanche, le corsage blanc, coiffée d'un chapeau à plumes, celte femme semble être dans le plus complet ahurissement.
La Femme au Mannequin. - Une femme assise dans un fauteuil de profil à gauche, ayant voulu passer son boa au cou d'un mannequin, l'a renversé; elle cherche à le relever, son manchon esl
à Une près d'elle.
Mentionnons encore ces autres estampes qui sont fort intéressantes: Ohé! la Classe Cabaret de Nuit — L'Ombrelle rouge Sur un Banc.
VO GELER (Heinrich)
Frûhlingh '. - Au premier plan, dans un bois de jeunes bouleaux aux troncs élancés et dépourvus de branches, une jeune fille vue de dos est assise, elle regarde une petite cage suspendue assez haut sur un arbre à droite et sur laquelle est perché un oiseau. On aperçoit au Fond de l'estampe, à travers les arbres, une chaumière. La composition est délimitée par un trait carré, et les marges de droite, de gauche et du bas sont ornées de branches cl de lleurs entremêlées. Dans le coin inférieur gauche : //. V.
Liebe -. Un homme et une femme vus de dos sont assis l'un près de l'autre sur un banc, leurs regards embrassent la vaste plaine qui s'étend devant eux. La femme appuie amoureusement la tête sur l'épaule du bien-aimé qui esl à sa gauche. Sur le loul premier plan de ce même côté, quelques arbres effeuillés et une femme à la longue robe, aux larges manches, joue de la harpe. Dans le coin droit inférieur : //. V.
L'Annonciation. L'ange à droite, de profil à gauche, avec
une mandoline ('.'). s'incline vers la Vierge qui, auréolée, esl assise à sa droite. Au fond, on aperçoit une chaumière.
' îx Printemps.
" L'Amour.
Au Mois de Mai. — Deux vieux vus de dos sont assis côte à côte sur un banc, ils regardent des chaumières qui apparaissent à travers les frondaisons nouvelles ; image de la vie d'antan.
Toutes ces eaux-fortes, provenant d'un cuivre à peine égratigné, sont bien un peu monochromes, mais le métier en est joli, et la facture distinguée conserve toujours ce caractère hiératique — qui n'est pas sans charme — dont se départit difficilement l'Ecole allemande. Vogeler fait, croyons-nous, partie d'un jeune groupe bien vivant dont les principaux artistes sont : Otto Modersolm, Hams Am Ende, Cari Vinnen et Fritz Mackensen.
WALTNER (Charles)
Ayant exclu de notre programme les graveurs traducteurs de ce siècle, nous eûmes été profondément désolé d'être, de ce fait, obligé de passer sous silence le nom de Charles Waltner, l'un des plus habiles artistes de notre époque, s'il n'avait eu l'heureuse idée de signer la délicieuse eau-forte originale dont nous donnons ici la description. Qu'il nous soit permis néanmoins de regretter de le voir se cantonner — malgré son extrême maîtrise — dans l'interprétation pure, quand on songe à ce qu'il nous donnerait si, brisant les chaînes d'une prison dans laquelle il doit se trouver quelquefois singulièrement à l'étroit, il ouvrait des ailes qui le porteraient si facilement aux sommets. — L'artiste est Grand-Prix de gravure de l'Exposition de 1900.
Une Liseuse. — Assise sur un grand canapé très orné, une jeune femme lit. Au fond de la pièce qui est dans l'ombre, on aperçoit un tableau et un grand coffre en bois sculpté sur lequel des vases sont posés. Dans le haut à droite, la signature.
Le cuivre a été donné par le célèbre artiste, en 1898, à la Société des Amis de VEau-Forte. — Il y a deux états.
Cette estampe est un composé assez complexe de burin, d'eau-forte, de pointe sèche, etc., le graveur a obtenu par des procédés longtemps cherchés et de lui seul connus des veloutés dans les gris clairs et des transparences extraordinaires dans les tons les plus noirs qui concourent au plus merveilleux effet.
WATSON (Gharles-J.-R.-E.)
Nous avons l'infini regret de ne pouvoir nous étendre sur l'œuvre de cet artiste anglais de beaucoup de talent, car nous n'avons fait qu'entrevoir quelques-unes de ses eaux-fortes, et dans des conditions de rapidité telles
qu'il ne nous a pas été loisible de les pouvoir décrire; nous avons noté cependant :
Swcdedale, pointe sèche — Vespers, pointe sèche — Richmond, Yorkshire —
Flowcr Market, Paris — Piazzu Guilio Cesare qui sont d'une jolie vision.
WHISTLER (James Me Neill)
Avant d'entrer dans la description des pièces de l'œuvre du célèbre artiste, nous allons commencer par donner la classification par ordre chronologique îles quatre importantes suites qu'il a gravées, avec les numéros' établis par Wedmore dans la dernière édition publiée chez Colnaghi & O, en 1899. Nous croyons apporter ainsi un peu de lumière dans un œuvre qui compte près de 400 pièces* et être utile aux collectionneurs. — The French et The Venice sets sont infiniment supérieures, selon nous, au Thames set qui, elle, est sèche, positive et d'une préciosité inutile.
The French Set : 12 pièces publiées en 1858
4 Liverdun.
5 La Rètameuse.
6 En plein Soleil.
7 The unsafe Tellement.
8 La Mère Gérard.
1 1 Streel at Sauerne.
13 Liltle Arlhnr.
14 La Vieille aux Loques.
15 Annie.
16 La Marchande de Moutarde.
18 Fumelte.
19 The Kitchen.
The Thames Set : 16 pièces publiées en 1871 '.
35 Thames Warehouses.
36 Westminster Bridge.
37 Limehonse.
39 Tgzac, Whiteley & C".
III Black Lion Wharf.
Il The Pool.
42 Thames Police.
44 The Lime Hunier.
48 Becquet.
60 Rotherhithe on Wapping.
63 The Forge.
67 Millbqnk.
72 The liltle Pool.
79 Cadogan Pier.
80 Old Hungerford Bridge.
85 Chelsea Bridge and Chnrch.
1 Numéros '(ui ne se suivent [His toujours, connue on pourra le remarquer.
'■ m. Wedmore n'en mentionne que 268.
1 Imprimées pai DeUIre sous ce Ulre : Douze eaux-forla d'après nature par Jamu Whislttr. Imp. Deldïre, rue Ss/œques, 111, Paris, no». 1858. t mon vieil ami Segmour Haden. tirée 1 un tréi petit nombre, cette suite fut émise au prix de deux gainées.
1 Cette suite, Initialement publiée par MM, BUIi .\ Green, rat achetée par Keppel, il y a quelques annéesa A ITie Fine t » i Sot " <>i . il lit tlrsitnri r les planches q ni reprirent alors toute leur finesse et .tonnèrent au tirage, qui en fut util pat Gouldlng, des épreuves Infiniment tupirleurts nui précédentes.
The Venice Set : 12 pièces publiées en 1880
The Utile Venice.
Nocturne.
The little Mast.
The little Lagoon
The Palaces.
The Doorwag.
The Piazetta.
The Traghetlo.
The Riva.
Two Doorwags.
The Beggars.
The Mast.
The Venice Set : 20 pièces publiées en 1886 -.
Doorwag and Vine.
Lobster Pots.
Wheehvright.
The Riva {N° 2J.
San Biago.
Drurg Lane.
Bead-Slringers.
The Balcon g.
Turkegs.
Fishing Bout.
Fruit Stall.
Ponte Piovan.
San Georgio.
Garden.
Nocturne Palaces.
The Rialto.
Long Lagoon.
Long Venice.
Temple.
Furnace Nocturne
The Bridge.
Quiet Canal.
Upright Venice.
Salute : Daivn.
Little Court.
Lagoon : Noon.
Voici maintenant la description de quelques-unes des eaux-I'orles les plus remarquables de ces séries et de quelques autres prises en dehors de ces suites qui, par leur beauté, attirent puissamment l'attention du collectionneur :
Street at Saverne (Wedmore 11). — La rue est déserte, il l'ait clair de lune ; les maisons à gauche sont les unes violemment éclairées, les autres plongées dans une ombre profonde ; sur le mur à droite dont la silhouette se profile très mince, une lanterne allumée est suspendue.
Une superbe épreuve dans notre collection avant l'adresse de Delâtre. - Il en existe sur papier verdàtre.
' A cent exemplaires, par The Fine Art Society, à 1250 francs.
î A trente exemplaires, par Dowdeswell. il 1250 francs ; les 21 sujets vénitiens furent gravés en 1880 et les 5 sujets anglais plus tard; le tout imprimé par Whistler lui-même, tiré nature et sans retroussage.
La Vieille aux Loques (14). — Assise de profil à droite dans une misérable chambre aux murs de laquelle sont suspendus les menus ustensiles de ménage, la vieille a le dos tourné à la cheminée, la lète penchée et les deux mains sur les genoux. La partie droite de la planche présente une large partie blanche et vide de travaux dans toute sa hauteur, ainsi de la partie gauche, mais avec une bande bien moins large. Dans la grande marge de droite : Whistler, la lettre s est renversée.
Il en existe sur papier jaune.
La Marchande de Moutarde (16). - Sur le seuil de la porte d'une boutique, une petite fillette debout de profil à droite, cl au fond du magasin, une vieille femme de profil à gauche, coiffée d'un bonne! blanc, en train de cuisiner; sur l'étagère qui est devant elle, des pois sont posés.
Le 1er état, qui est fort rare, est avec l'adresse de Delâtre, le 2« est sans eette adresse.
The Rag Gatherers ' (17). — Dans le quartier Moulu-lard, une pauvre chambre de chiffonniers dans le coin sombre de laquelle on distingue un lit défait et une petite table. A droite: Whistler 18;~>8.
Le t« état, sans personnage, est d'une insigne rareté; au 2e état on voit un jeune garçon et une jeune Bile assise sur le lit.
The Kitchen - (19). - Une vieille femme au fond de la pièce se
tient près d'une croisée. A droite sur une table, des rangées d'assiettes. Curieux effet d'ombre et de lumière qui ensoleille la cuisine.
Le 1" état est avant l'adresse de Delâtre; le 2' avec cette adresse el le .':■ csi avec </cs- travaux de pointe sèche sur le mur épais qui entoure la croisée. Planche détruite.
Westminster (.'!<>). La Tamise occupe tout le premier plan ; tout à fait à gauche, la silhouette d'un bout de barque el des hommes baignant leurs chevaux ; à droite, un steamer et une barque, el tou au fond, le pont avec Westminster au boul à gauche. Dans le coin gauche inférieur: Whistler 1859.
' L< Chlffonnien - La Cu
Dans le 1er étal, qui est très rare et le plus intéressant, on remarque quatre très fines lignes horizontales au-dessus du toit du Parlement, à droite des tours. — Planche biffée.
Tyzac, Whiteley & C° (39). - - Sur le tout premier plan, un chaland avec un matelot assis de face ; à gauche, des maisons, sur l'une d'elles on lit : Tyzac, Whiteley & C° ; au fond, des bateaux. Dans le coin : Whisller 1859. Pièce rubriquée quelquefois Eagle Wharf.
Black Lion Wharf (40). — Au fond de l'estampe, un quai bordé de maisons ; derrière l'une d'elles, à gauche, s'élève une cheminée d'usine ; sur celle qui se trouve à l'extrême droite, on lit : Blac (sic) Lion Wharf. Sur le tout premier plan, un chaland dans lequel est un matelot assis de profil à droite. Dans le coin inférieur : Whisller 1859.
Pièce célèbre et fort recherchée.
Long-Shore Men ' (43). — Des matelots sont attablés à boire, celui de gauche qui est au premier plan fume sa pipe et est de profil à droite, celui qui est au milieu de l'estampe tourne le dos à la table sur laquelle son coude droit est appuyé, il semble parler. A droite, on distingue une femme et un enfant. A droite : Whisller 1859.
The Lime-Burner 2 (44). — Une entrée de magasin ; au fond de celui-ci, une ouverture par laquelle on distingue des navires ; au deuxième plan à droite, des échelles et un homme debout en casquette adossé au mur, il a le bras gauche appuyé sur un baril. En bas à droite : Whistler 1859. — Planche biffée.
Billingsgate (45). — Sur le premier plan, un chaland sur lequel plusieurs personnes sont debout et assises ; à gauche, des maisons bordant le quai ; à droite, rangées les unes contre les autres, une dizaine de barques à un mât ; au fond de l'estampe, un pont. Presque au milieu de l'estampe en bas : Whisller 1859.
Dans le l»1' état, qui est fort rare, l'homme de gauche qui est en face d'un autre homme est nettement de profil, tandis que dans le 2e état il est de profil perdu.
i Les Débardeurs.
2 Le Brûleur de Chaux,
Paris : The Isle de la Cité (55). — L'Ile de la Cilé ; derrière ses hautes maisons, on distingue la fine silhouette des tours de Notre- Dame. A gauche : Whistler, Dec. 1859, et Paris, de la galerie d'Ap.
La vue fut prise au Louvre de la galerie d'Apollon. Wedmore la signale comme d'une extrême rareté, ajoutant qu'elle n'a pour ainsi dire jamais passé en vente publique et qu'elle est d'un métier tout à fait différent de celui de l'époque où elle fut gravée, et qu'elle se rapproche plutôt de la technique des années postérieures.
Rotherhite (60). — A l'entrée d'une rivière, sous une sorte de construction en bois, dont on aperçoit le pilier à gauche, deux matelots coiffés d'une casquette sont assis et fument. Des maisons s'étendent à droite sur la rive. Sur le bord du bateau qui est à gauche, on lit : Whistler 1860.
Nous avons vu un exemplaire de cette eau-forte dans la collection de M. Beurdeley, un bateau blanc et avant que le vêtement d'un des matelots fut ombré ; cette dernière particularité a échappé à M. Wedmore. — Etat rarissime.
The Forge1 (63). — Un intérieur de forge; à gauche, le patron fait rougir une barre de fer; à droite, près de lui, une enclume avec ses deux aides qui attendent; l'un de ceux-ci s'appuie sur son marteau qui est posé sur cette enclume; derrière eux, trois autres personnages; au fond, près de la forge, on aperçoit une tète de femme. Dans le bas du coin droit : Whistler 1861.
Planche célèbre dont le cuivre biffé est aux mains de Keppel. Cette merveilleuse pointe sèche est extrêmement rare avec tontes ses barbes; sans celles-ci, elle est sans valeur, et c'est la plupart du temps cependant ainsi qu'on la rencontre.
The Storm5 (77). — Sous un ciel menaçant, un homme précipite sa marche. A droite : Whistler 1861. — Pointe sèche fort rare.
Chelsea Wharf (SI). - A quelque distance des bords pentes d'une rivière, des bateaux ; à droite, derrière eux, quelques maisons ; sur celle qui est la plus à droite, sur un poteau, on lit : Chelsea Wliarf. Sur la rive, une charrette et un cheval. Au fond à gauche, un pont et des arbres à peine esquissés.
Cette adorable eau forte lui gravée en 18G3.
' ta Forge.
* VOrage.
The Model Resting ' (87). — Debout de face et enveloppée dans son manteau, une jeune femme, presque une fillette, un ruban dans les cheveux, attend de reprendre la pose.
Pointe sèche d'une grande rareté, sans signature. Le cuivre, qui est à peine égratigné, est ébarbé, ce qui donne à la pièce un aspect d'une exquise finesse; c'est vers 1870 qu'on pense qu'elle fut gravée.
Whistler's Mother- (88). — Une vieille dame dans une posture légèrement penchée.
M. Wedmore l'apprécie en ces termes : une légère mais exquise pointe sèche pleine d'expression tendre et raffinée. — Le seul exemplaire connu est aux mains de M. Menpes.
Fanny Leyland (94). — Une jeune fille aux cheveux abondants et flottants est assise de profil, les mains posées sur les genoux ; elle porte un vêtement vague et long. On lit très superficiellement tracé à gauche : Fanny Leyland.
Pointe sèche très rare, gravée en 1873.
Tillie : A Model (102). -- Une fille nue penchée en avant, les mains entre ses genoux. — Pointe sèche très rare gravée en 1873.
The Model lY'ng down 3 (107). — Une mince et élégante jeune fille légèrement vêtue est couchée, elle lève au-dessus de sa tête son bras droit qui est nu. Au-dessus d'elle, quelques écrans japonais sont accrochés.
Le seul exemplaire probablement connu de cette pointe sèche est chez M. Menpes.
London Bridge (123). — On aperçoit d'en bas une des arches du pont de Londres sur lequel passe un wagon chargé de sacs et sur lequel est un homme. A travers cette arche on distingue des bateaux, et sur le premier plan un bateau à la rame avec deux personnages. Sans signature. — Très rare pointe sèche.
Battersea : Dawn * (125). — Au point du jour et se dégageant des brouillards de la Tamise, apparaît Battersea. Derrière de noin-
' Le Re/ms du Modèle.
2 La Mère de Whistler.
3 Le Modèle eouehè.
i Battersea : L'Aurore.
breux steamers, on distingue la niasse confuse des cheminées et des toits. Sur le premier plan, quelques barques ; dans le ciel, le mono- Pointe sèche rarissime.
The Muff ' (12(5). -- Une jeune femme est assise et regarde à droite ; son chapeau est orné de plumes ; elle a la main sur son vêtement garni de fourrure et l'autre passée dans son manchon. A droite, le monogramme. — Très rare pointe sèche.
Battersea Bridge - (141). - Une barque à pleines voiles se dirige vers un pont construit avec des piles de bois. A gauche, à une certaine dislance, des maisons. A droite, le monogramme.
The Large Pool '< (143). — Neuf barques sont alignées le long d'un quai en bois ; quelques navires au milieu du courant et des maisons de chaque côté de la rivière. A gauche, le monogramme. — Planche gravée en 1870.
Nocturne (150). L'entrée du grand canal, effet de nuit,
l'horizon est encore lumineux; Venise se silhouette imprécise; à gauche, un trois-mâts. — Le cuivre à peine égratigné ; superbe.
The Doorway l (154). - Au pied des dernières marches d'un admirable portique baignées par la mer, une jeune fille se penche en avant dans l'attitude d'une personne qui va se laver les pieds ou puiser de l'eau. En haut, sous le portique, un magasin où l'on aperçoit des personnages.
The Beggars5 (159). — A l'entrée d'une sorte de passage voûté, au premier plan à droite, deux mendiantes, une vieille femme et sa fille debout de trois quarts à gauche. Au fond, on distingue trois autres personnages, deux femmes portant de l'eau et un homme vu de dos qui s'éloigne.
1 Le Manchon.
s Le Pont il Battersea.
1 Le Grand Etang.
» La Porte < ochére.
s Les Mendiants,
Cette pièce et la précédente peuvent prendre rang parmi les plus belles eaux-fortes existant au monde. Ce sont les deux plus brillants joyaux de l'œuvre du Maître et nous comprenons facilement la réponse de Sir Seymour Hadcn qui, il y a quelques années, interrogé sur ce qu'il ferait s'il était obligé de se séparer de ses Rembrandt ou de ses Wliistler, répondit sans hésiter : Mes Rembrandt partiraient les premiers.
M. Wedmore signale en la possession de Wliistler une épreuve d'essai sans les ligures, mais simplement avec un vieillard à barbe blanche à la place qui devait être occupée plus tard par la vieille femme.
Fruit Stall ' (166). — Sur le bord du canal, où deux barques sont amarrées, une boutique de marchande de fruits abritée sous une tente ; à gauche, une femme est debout, tenant un enfant dans ses bras.
Dans les dernières épreuves, l'ombre de la lente sur le mur est considérablement atténuée; dans les épreuves d'essai, elle est, au contraire, vigoureusement accusée, et les figures que l'on voit à la porte cochère ne sont pas les mêmes que celles qui existent dans l'état terminé.
Long Venice = (182). — La mer et les premiers plans vides de travaux ; au fond, la silhouette de la ville avec quelques bateaux et poteaux indiquant l'entrée du canal. Le palais ducal est à gauche.
L'artiste s'est aussi adonné ces dernières années à la lithographie; nous avons eu occasion d'en voir quelques-unes exposées au Champ de Mars en 1894 ; signalons entre autres : La Danseuse — La Fille couchée — La Songeuse — Vitré — Les Perrons au Luxembourg, qui n'ont point été mentionnées dans Wedmore5, pas plus, du reste, que les autres lithographies du Maître.
Wliistler est une des personnalités les plus considérables du monde de la gravure; nul n'a su, comme lui, dans un métier d'une distinction et d'une aristocratie suprêmes, donner aux choses leur aspect, leur esprit et leur âme, et dans ses Venise, où il s'est montré d'une abréviation si superbe, il a su trouver le dernier mot de l'art.
Nous gardons de l'homme que nous avons eu l'honneur d'approcher un ineffaçable souvenir, et nous ne pouvons nous rappeler sans émotion et sans charme l'après-midi délicieuse passée chez lui rue du Bac, en mai 1893,
' Une Boutique de Fruits en plein vent.
* Le long de Venise.
' Un catalogue spécial a été consacré par M. Way aux lithographies du Maître; il en mentionne, croyons-nous, environ 130. Ces pièces nous sont malheureusement pour la plupart inconnues.
en compagnie de Georges Rodenbacb et de Stéphane Mallarmé, liélas! morts tous deux '.
Bien que n'ayant point à nous occuper de l'artiste comme peintre, nous ne résistons pas au désir de citer quelques-uns des portraits les plus sensationnels qu'il ait signés et mentionnerons particulièrement ceux de Théodore Duret, La Princesse du pays de la Porcelaine, Miss Alexander, Thomas Carlyle, et surtout celui de sa mère — an pur chef-d'œuvre -— actuellement à notre Musée National du Luxembourg, à Paris. Coiffée d'un simple petit bonnet de linge dont les brides retombent de chaque côté, la vieille et respectable femme est assise complètement de profil à gauche, l'air un peu triste; sa pure silhouette s'enlève fine, distinguée et précise sur le fond de la toile, les mains, ramenées sur les genoux, tiennent un mouchoir, et les pieds reposent sur un tabouret.
Les plus belles collections de l'artiste se trouvent actuellement à la Bibliothèque publique de New-York, 266 pièces, chez MM. Mortimer, Menpes, H. S. Théobald, Iî. B. Macgeorge, J. Cox-Cox, M. et M'"' Curtis, de New-York; A. Harrion, A. Beurdeley, et Ch. Le l-'recr, de Détroit.
Les eaux-fortes de Whistler sont en général très rares, les pièces de premier plan et les suites complètes sont devenues absolument introuvables ; il y a très peu d'états; le monogramme du Maître est un papillon, en anglais Buterflg. Voilà les noms des marchands chez qui on peut le plus facilement se procurer les eaux-fortes de l'artiste: Dumont, à Paris; Keppel et Wunderlich, à New-York; H. Gutekunst et Colnaghi, à Londres.
Le premier catalogue lut établi en 1871 par Ralph Thomas; le second par Wedmore en 1886, et le troisième par le même auteur en 1899. Voir aussi II. Béraldi, tome XII, Paris 1892. Les articles publiés sur Whistler sont tellement nombreux que nous préférons nous abstenir que d'essayer de les mentionner, notons cependant celui que lui consacra M. Joseph Pennel en lévrier 189") dans The Daily Chroniclc.
Une exposition très complète de son œuvre — eaux-fortes et lithographies — eut lieu à New-York, chez. Ilermann Wunderlich & ('.", en 1890 cl en 1898. L'artiste est Grand-Prix de ['Exposition de 1900. A l'heure où nous écrivons, MM. II. Wunderlich cY (>, de New-York, viennent de publier un supplément — tiré à 135 exemplaires, prix 2 dollars et demi — au catalogue de Wedmore
i Nous ne nous doutions guère, quand nous écrivions ces lignes, que nous aurions a enregistrer, quelques mois plus tard, la morl du célèbre artiste, décédé subitement, d'une maladie de cœur, m aelsea, le vendredi 17 juillet 1903; c'esl une perte immense pour 1rs arts dont il était une des plus hautes et (les plus glorieuses personnifications.
Whistler naqull vis is:ti a Lowell, dans les Etats de Massachussets ; sou père, le major
i . orge Washington Whistler, était ingénieur, et sa mère appartenait a la famille Winans, de
Baltimore. Il vécut longtemps à Londres, niais adorait Paris où il lit de lon^s ,t Fréquents
us; aussi les Anglais I'- eonsiil.ivnl ils rumine n French-Amertcan. Il lut lies lie avec
il" .'-ni et eut. en is7s, un retentissant pi oeê qu'il gagna du reste avec le célèbre critique Ruskin et pour lequi I on loi alloua le farthing «le dommages et intérêts qu'il demandait
Bien qu'il eut la réputation d'être d'un caractère difficile et d'un commerce peu agréable, Il avait su si créei des amitiés très chaudes et 1res fidèles. Quant a nous qui ne le vimes qu'en
passant, il est vrai, nous confessons avoir rarement rencontré un homme de dlstlnc i
plus parfaite et d'abord plus séduisant; c'était un charmeur qui avait les allures du grand seigneur dans le s. -us le plus aristocratique <n\ moi.
Voici, dans son format et dans son texte intégral, la lettre de faln part qui Ait adret sce ■< ses amis par la Société Internationale da Sculpteurs, Peintres et Graveun dont U était le Président :
The International Society of Sculptors, Painters and Gravers
TELEGBAPHIC ADDRESS :
" PÏLORUS, LONDON
I^, BUCKINGHAM Si REET,
Strand. London, W. C.
July 21 st, iyo)
The Council regret to inform you of the deaih of our Président,
James Me Neill Whistler,
Officer of the Légion of Honottr,
Commander of the Order of Crown of Italy,
Chevalier of the Order of St Miehael,
Hon. Mendier of the Royal Académies of
St. Luke, Rome, Munich and Drcsden
L L. D University of Glasgow,
etc.. etc..
on Friday, July 17 th., 1903, at 74, Cbeyne Walk, Chelsea.
The Funeral will take place at the Old Church, Chelsea, on Wednesday, the 22 nd, at 11 a. ni. and the interment at Chiswick.
JOSEPH PENNELL.
Hon. Sec (pro. tem)
par un Amateur ' ; il y a là 104 pièces de plus que dans la dernière édition de Wedmore, et quelques états additionnels à ceux précédemment décrits. Dans quelques courtes lignes de préface, le nouveau catalogueur reconnaît qu'il existe encore un certain nombre de planches à retrouver et à décrire, et ajoute qu'il serait heureux de recevoir toutes communications qui pourraient lui être faites à cet égard. Parmi les plus grandes raretés de l'œuvre, il cite :
Nora Quinn (307). - - L'esquisse d'une jeune femme en pied, assise sur un banc, tournée à gauche et regardant de face. Elle est coiffée d'un chapeau et a les mains croisées sur ses genoux. Le papillon est placé à gauche de l'estampe, aux deux tiers de la hauteur de la planche.
Un Aigle (3(59). — Il est perché sur une branche d'arbre et regarde à droite. Le papillon est placé à gauche au milieu de la planche.
Ces deux estampes — dont les numéros sont ceux du catalogue de l'Amateur — se trouvent chez le grand et célèbre new-yorkais, M. Howard Manslield, qui possède une des plus riches collections d'eaux- fortes modernes qui soient au monde.
Mentionnons à notre tour, et pour en terminer, les quelques pièces suivantes qui ont échappé aux recherches de M. Wedmore et de V Amateur, et qu'il est presque impossible de se procurer aujourd'hui : Scaffolding — Dieppe — The Fish Market, Ostende — Nash's fruit Slwp — Au Sixième The Square House, Amsterdam — Doorwaij Montresor (fj — Dry Dock, Soutlutmpton — Little Rag Shop (fj — Landing Sta</e. Cowes — Barber Shop, Chelsea — lu the Pari:, London — Little Green-Grocer Shop — Salvalion Armg — Maunder's fish Shop — The Japanese Dress — Fishing Quag, Ostend.
WILLETTE (Adolphe)
Les Funérailles. — Dans la brume, l'Empereur à cheval trislenit'iil penché sur sa monture, chevauche dans la neige, entouré de ses soldais, ils se dirigent vers la gauche. La Mort, dont le tambour est endeuillé, les précède e1 bat le rappel.
Grande et superbe lithographie qu'il faut avoir avec la balafre, c'est-à-dire avant le report.
» Le trop modeste écrivain qui Bigne On Amateur n'est autre <|u<- l'érudit M. Kennedy, associé <(<' la grande maison m. Wunderllch & C", de Ne^ York, qui vient d*acquérir tout dernièrement en Angleterre un des plus beaux œuvres existant du Mattre; il en a été dressé im précieux petil catalogue qu'il est tndl pen table de p di ! I ■ estampes ont i té exposées dans leurs galeries de la Cinq me Ai venue.
DIX-NEUVIÈME ET VINGTIÈME SIÈCLES f>7.'5
L'Enfant Prodigue. — Pierrot est assis devant une table, sa lampe près de lui, quand soudain une glace pendue au mur au-dessus de cette table, lui révèle l'entrée de son fils qui arrive par derrière lui, tombant à genoux les mains tendues et suppliantes.
Pièce admirable qu'il faut tâcher d'avoir sur chine avant le nom de l'imprimeur, on possédera alors un pur chef-d'œuvre, nous soulignons ce qualificatif car il est loin d'être exagéré.
Parmi les nombreuses lithographies ayant servi à illustrer les chansons de Delmet ou autres, il faut recueillir :
Intimité — Soir d'Amour — Pierrot pendu — Tout simplement — La Blanchisseuse du Paradis — Matin — Aubade — Tourne mon Moulin - Vilannelle — Joli Mai — Les petits Pavés — Petit Chagrin — Le vieux Mendiant — Le Passé qui file — Vœu — Pourquoi — L'Epingle d'or... — Le Biuser... — Ah! les Affaires sont les Affaires' — Dis-moi, mon Pierrot, quand lu seras failli m'aimeras-tu encore? — La belle Etoile — La Sérénade triste, etc., etc. et, pour finir, une charmante estampe que nous appellerons Le iVu 00, le nom nous échappant, et qui représente : Une adorable petite femme rentrant le soir chez elle une chandelle allumée (i la main ; elle est accompagnée d'un horrible marlou, et introduit la clef dans la serrure d'une porte sur laquelle est inscrit en gros caractère 90.
Il y a dans les pièces que nous venons de mentionner des perles de l'orient le plus rare, ce sont des joyaux de portefeuille d'un artiste qui est une de nos plus marquantes célébrités contemporaines.
WITSEN (W.)
Artiste hollandais dont nous avons remarqué a l'Exposition de 1900 quelques fort belles eaux -fortes parmi lesquelles nous avons particulièrement noté : Le Niemomarlh à Amsterdam — Tour à Amsterdam — Vieilles Maisons; nous croyons même que certaines ont été publiées par Wisseling & O, d'Amsterdam.
Le peintre-graveur a, paraît-il, signé quelques vues de Londres par le brouillard ou par la neige qui sont du plus puissant effet, nous avons eu le regret de ne pouvoir nous les procurer. — L'artiste a obtenu la médaille d'or à l'Exposition de 1900.