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A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses

Il a été tiré de cet ouvrage “ deux cent cinquante exemplaires ” tous numérotés à la presse et revêtus de la griffe de l’auteur. Deux cents seulement ont été mis dans le commerce.

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ECOLE FRANÇAISE

EISEN (Charles, d’après)

Le Jour (par Patas). — Dans un luxueux intérieur, une vieille femme est assise, vue presque de dos de trois quarts à droite, elle regarde sa fille sans doute, qui debout au milieu de la composition, donne sa main à baiser à son fiancé; derrière eux, trois autres personnages. A droite, sur le tout premier plan, un chien est couché. Au bas, deux vers : Egards, tendresses. . .

La Nuit (par Patas). — Un lit au fond à gauche, et assis au milieu de la composition, les nouveaux époux. Une femme de chambre est en train de deshabiller la mariée. A droite, une table de toilette près de laquelle une seconde soubrette ramasse une robe. En bas, deux vers : La Nuit du mariage. . .

Ventes : Behague, avant toutes lettres, 505 — Muhlbaeher, même état, 415 — Aubin, même état, t. m., 1600 — Decloux, t. m., 345 — Destailleur, Le Jour, avant toutes lettres, 270 — La Nuit, avant la lettre, 300; les deux avec la lettre, 140.

Les Désirs satisfaits — La Vertu sous la garde de la fidélité (par Patas).

Pendants assez recherchés, mais seulement en avant lettre, valent alors 250 à 300 francs.

Comtesse de Mareilles de Létancourt (par de Longueil, 1765 — Panhard, 40). — Une femme habillée à l’antique — Vénus sans doute — est assise sur une balustrade au pied d’un socle sur lequel est un brûle-parfum, elle tient entre ses mains, un médaillon qu’elle enguirlande de roses et dans lequel est le portrait de la jeune comtesse. Au dernier plan, un temple grec, et au-dessous du portrait, deux Amours — dont l’un tient une torche renversée — supportant des écussons accolés de Mareilles et de Létancourt recouverts en partie d’un voile funèbre et timbrés d’une couronne ducale. Sous le trait carré à gauche: Ch. Eisen del 1764, et à droite: De Longueil sculp 1765. En bas, huit vers sur deux colonnes : L’art ne peut exprimer. . .

Nous ne connaissons d’état de cette remarquable et fort rare estampe que celui décrit ci-dessus. Une épreuve passa à la vente de Goncourt et y fut adjugée 200 francs.

FICQUET1 (Etienne)

Artiste d’une habileté énorme et d’une préciosité qui n’a de comparable que celle de Grateloup. Son œuvre est considérable, il a été admirablement analysé par Portalis et Béraldi. Dans son catalogue, Faucheux mentionne 176 portraits, plus deux douteux ou apocryphes. Parmi les chefs-d’œuvre du graveur, citons tout spécialement les suivants, au hasard de la pensée, et sans nous préoccuper d’un ordre chronologique quelconque, et profitons-en pour relater aussi quelques portraits dont certaines particularités ont échappé à Faucheux, particularités relevées dans la collection Guyot de Villeneuve, réunion superbe de 87 pièces en deux volumes, adjugée à sa vente 14000 francs :

Madame de Maintenon, 1759 (93) 2 ; deuxième planche, chef-d’œuvre de l’artiste, les épreuves recherchées sont sur papier double — Eisen (51), le bel état à la perruque et à la main blanche, ainsi que celui non décrit avec la signature au bas à droite : E. Ficquet 1761, au lieu de E. Ficquet sculpsit. — Boileau (18) — Van der Meulen (96) — Louis V (89), avant le nom du dessinateur Boisot, inconnu à Faucheux — Molière (101), les noms des artistes sont en gros caractères, épreuve dite à la grande lettre, état inconnu à Faucheux — La Mothe Le Vayer (84) — La Fontaine (61), le bel état au ruisseau blanc — Louis AV (91), rarissime — Chenevière (31), 1er état, à l’eauforte, dans un ovale avant l’encadrement, état inconnu à Faucheux — Bossuet (20), il y 4 états au lieu des 2 mentionnés par Faucheux, les épreuves avec la lettre sont les plus rares, le nom de Bossuet est sur la tablette, mais sans le nom des artistes — Madame de Miramon (100), avec la lablettc blanche, état inconnu à Faucheux — Crébillon (37) — Jean-Jacques- Rousseau (132) — Jean-Baptiste-Rousseau (131) — Pierre Corneille (34) — Descartes (39), etc., etc.

Mettons en garde les amateurs contre les portraits suivants, dont les cuivres existant à Paris, il est fait des tirages au fur et à mesure des besoins de la vente, planches éreintées ou revirginisées : de Chennevières, Cicéron, Corneille, Crébillon, Descartes, La Fontaine, Mme de Maintenon, Molière, Montaigne, Regnard, J.-B. Rousseau, J. -J. Rousseau, Vadé et Voltaire.

1 Son catalogue a été fait par Faucheux, Paris, 18G4, il y avait joint la description des œuvres de Savart et Grateloup. Cette monographie originale est devenue très rare, heureusement que publiée dans la Revue Universelle des Arts, on en a fait des tirages spéciaux paginés comme la Revue elle-même.

- Numéro du catalogue Faucheux. — Le classement des états est souvent fort difficile, l'artiste en abusait un peu, certaines pièces en avaient jusqu'à huit.

ÉCOLE FRANÇAISE

FRAGONARD 1 (Honoré, d’après) 1759-1806

L’Armoire (eau-forte du Maître). — Deux amoureux cachés dans une armoire, y sont surpris par leurs parents courroucés; la fille pleure, et le gars tout penaud baisse les yeux, ramenant contre lui son large chapeau à la hauteur de la ceinture.

Elle existe en contre-partie gravée par Robert de Launay, et en manière de lavis par Campion 2 3. Cette pièce qui par le nom de son auteur et son sujet, semblerait devoir être très recherchée, laisse le collectionneur assez froid ; il faut l’avoir tout au moins avant l’adresse de Naudet ; suivant état elle vaut de 30 à 200 francs. — Le dessin original provenant du cabinet Varanchon est actuellement chez le baron Edmond de Rothschild.

Les Hasards heureux de l’Escarpolette 3 (par N. Delaunay). — Une jeune femme dans une escarpolette, installée dans un arbre aux puissantes ramures, est balancée par son vieux mari qui est derrière elle et ne voit pas, tapis dans le feuillage par terre, un amoureux qui profile de l’envolée des jupes pour jeter un coup d’œil indiscret ;.une mule s’est échappée du pied droit de la femme.

Les états à rechercher sont suivant nous : le 2e avant toutes lettres et avant les armes ; le 3e, avant la dédicace ; le 4e, avec la dédicace et la faute au mot escarpolette, écrit escarpolettes comme du reste à l’état précédent. Tous ces états sont avec la planche carrée.

Ventes : Behague, 3e état, 700 — Roth, avec la faute sans autre désignation, 600 ; 5e état, 326 ; avec la planche ovale, marge vierge, 230 — Walferdin, 615 — Muhlbacher, eau-forte pure, avant toutes lettres et avant le fleuron où sont les initiales de Fragonard, 1000; 3e état, 700 — Decloux, avec la faute et avant VH avant Fragonard dans le bas à gauche, 700 — Gentien, 3e état, 900 — Goncourt, eau-forte pure, avant toutes lettres, 240 — Lacroix, avant la lettre et bien avant le fleuron, 685; avec la planche carrée, 540; une autre du même état, 390 — Patellier, 3e état, avant la dédicace, 800 ; la même, avec la faute, 4e état, doublée, 355 — Leroy, t. m., 980 — Roux, m., 665.

1 Consulter le remarquable ouvrage du baron Roger Portalis. Honoré Fragonard, Paris, J. Rothschild, 1889.

* Il va un état rarissime, avant toutes lettres où le chapeau indispensable cependant n’existe pas.

3 M. Henry Lemoine, 17, rue Pigalle, l'a fait regraver avec infiniment de perfection.

324 ÉCOLE FRANÇAISE

La Fontaine d’Âmoup — Le Songe d'Âmour (par Régnault).

Estampe se faisant pendants ; la première est charmante, quant à la seconde, c’est d’un style pompier de première classe, aussi est-elle absolument délaissée. A la vente Lacroix, les deux pièces furent adjugées 480 francs. Le Songe était avant la lettre ; deux autres exemplaires avec la lettre grise atteignirent 245 francs.

L’Amour — La Folie (par Janinet).

Petites fadaises qui se payent encore assez cher, malgré qu’elles soient dénuées de toute valeur artistique.

Ventes : Muhlbacher, avant toutes lettres, les noms des artistes à la pointe seulement, 565 — Destailleur, avec la lettre, 420 — Bayard, 441 — Gentien, g. m., 700 — C. J. et G. K., très g. m., fraîcheur immaculée , 1910 — Lelong, 1950.

La Chemise enlevée 1 (par Guersant). — Une jeune femme demi-nue sur son lit, auquel un Amour cherche à arracher sa chemise, son dernier voile ; la femme est couchée sur le flanc gauche. Au pied du lit, une torche renversée.

Nous n’avons jamais rencontré cette estampe qu'avec la lettre.

Ventes: Behague, g. m., 550 — Muhlbacher, g. m., 430 — Decloux, 155 — Pavie, g. m., 280 — Goncourt, 60 — Lacroix, remargée, 42.

Ma Chemise brûle (par Legrand).

Cette estampe existe aussi coloriée, elle vaut suivant état de 60 à 180 francs. En 1898, à la vente du marquis de Chennevières le dessin original à la sépia fut adjugé 16600 francs.

La Gimblette (par Bertony). — Couchée demi-nue sur un lit en désordre, une petite femme à l’air émoustillée tient sur ses jambes en l’air et demi-ployées, un carlin.

Ventes : Muhlbacher, avant toutes lettres, avant les armes et avant la draperie qui cachent les parties de la femme, 121; avant toutes lettres, mais avec la draperie, 100 — Kinnen, avant la draperie, 107 — L. Galichon, avant la draperie, 127 — Pichon, une pièce en couleurs la rappelant, signée à la plume Albane Dagoty, 2100, rarissime ; celle de Bertony, 50 — Goncourt, avant les armes et avant la dédicace, 35.

1 Quand celte estampe parut en juin 1787, son prix de publication était de 3 livres.

ECOLE FRANÇAISE

A noter encore comme pièces gracieuses et très connues du Maitre, mais atteignant des prix relativement modestes: La bonne Mère, par N. de Launay; Le Verrou 1 — Le Contrat (par Blot) — Le Verre d’eau — Le Pot au lait (par Ponce) — Les Pétards — Les Jets d’eau (par Auvray). Il y a aussi une suite » tout à fait charmante de cinq pièces ovales équarris en travers intitulées •' Les Beignets — Le petit Prédicateur — L’Education fait tout — Dites donc s’il vous plait — L'Heureuse fécondité, toutes gravées par Nicolas de Launay; il faut tâcher de les avoir avant la dédicace, le cuivre est alors dans sa fleur et les épreuves en sont souvent éblouissantes. Il existe en agrandissement des épreuves en couleurs de Dites donc s’il vous plait, par Gautier Dagoty, elles sont d’une rareté extraordinaire. Un exemplaire passa à la vente Delacroix, où il fut adjugé 480 francs. A la vente de Goncourt le dessin original en bistre de cette gravure fut payé 12000 francs parM. Gaston Menier, croyonsnous. A noter encore deux pièces : La Curiosité et La Nature gravées toutes deux par Gérard et qui sont introuvables.

FREUDEBERG- (Sigismond, d’après)

Dessinateur de la première série du célèbre Monument du Costume (1774) dont voici les douze titres 3 avec les noms de leurs graveurs :

Le Lever (Romanet) — Le Bain (Romanet) — La Toilette (Voyez Major) — L’Occupation (Lingée) — La Visite inattendue (Voyez Major) — La Promenade du Matin (Lingée) — Le Boudoir (Malœuvre) — Les Confidences (Lingée) — La Promenade du Soir (Ingouf) — Soirée d’Hyver (Ingouf Junior) — L’Evénement au Bal (Duclos et Ingouf Junior) — Le Coucher (Duclos et Bosse).

Cette première suite est inférieure au point de vue artistique aux deux autres de Moreau le jeune qui la complètent. La pièce détachée est toujours intéressante, mais au point de vue du collectionneur c’est l’acquisition en bloc de la série qui s’impose; si on est patient on pourra néanmoins attendre l’occasion pour la former, mais c’est quelquefois long, songez donc, trente-six pièces à acheter une à une...

* Le dessin original provenant de la collection Varanchon est actuellement chez le baron Edmond de Rothschild.

2 On peut y joindre encore du même graveur et du même format : La Gaieté conjugale — La Félicité villageoise d’après Freudeberg — L’Enfant chéri — Le Bonheur du Ménage d’après Le Prince — Le Poète Anacréon d’après Baudouin — La Gaieté de Silène d'après Bertin — L’Abus de la Crédulité d’après Aubry — Les Regrets mérités d’après M,u Gérard — C’est Papa d’après Van Gorp. Ces 14 estampes figuraient au catalogue Morgand, n° 40, en mars 1897, dans une demireliure oblongue du xvnr siècle, elles y étaient cotées 500 francs.

3 Quelqufois on joint au Monument du Costume de Moreau le jeune, édition de Neuwied-surle-Rhin, L'Heureuse Union (Bosse) et Les Moeurs du Temps (Ingouf aîné), cette dernière estampe quand le privilège et la bordure ont disparu prend le titre de La Surprise.

ECOLE FRANÇAISE

Mentionnons à titre de curiosité — car c’est en dehors de notre programme — les prix de quelques-uns des dessins originaux passés dans les ventes de ces dernières années : Le Bain, à la sépia, vente Josse 5400 francs ; L'Occupation, une première pensée à l’encre de chine, vente Decloux 1050 ; La Visite inattendue, sépia rehaussée de blanc, vente Josse 2100 francs!! il l’avait payée à celle de Mailand 4550; Le Boudoir, bistre sur traits de plume, vente Goncourt 6000; Soirée d'Hyver, sépia rehaussée de blanc, vente Josse 2150, il l’avait achetée à Mailand 2220; L’Evénement au Bal, sépia, adjugée vente Josse 1250, à celle de Behague il l’avait payée 1550; Le Coucher, bistre sur traits de plume, adjugé, à la vente de Goncourt, à M. Muhlbacher 7100 et revendu à la vente de ce dernier 8200; Les Mœurs du temps, gouache, adjugée vente Josse 1250, elle avait été payée 400Q à la vente Behague >. — Voici les prix obtenus pour les trois suites (Freudeberg et Moreau le jeune) dans les ventes importantes de ces dernières années :

Behague, la première suite avec quinze feuilles de texte, titre compris, avant les numéros, texte et estampes, marges vierges, 2100 ; la deuxième suite avec le privilège, marge vierge, 1700. A la vente de la bibliothèque de ce même amateur, la première suite, texte et gravure avec la tablette blanche, t. m., 6520; la deuxième et la troisième suite, texte1 2 et planche avant la lettre, 17100 — Roth, première suite, avant les numéros, t. m., 7000; la deuxième suite, avec le privilège, t. m., 2810; la troisième suite, avec la lettre, 505 — Muhlbacher, première suite, avec quinze feuilles de texte... c’est-à-dire état Behague, 4000; la deuxième suite,'' avec le privilège, marge vierge, 2450; la troisième suite, avec le privilège, marge vierge, 3200 ; vingt-six pièces — deuxième et troisième suites — de l’édition de Neuwied^sur-le-Rhin, 700 — Aubin, première série, avant les numéros, 1100 — Marquis 3 les trois suites, épreuves reliées de toute fraîcher, 14800 — Destailleur, les trois suites en un volume avec le texte, les Moreau sont avec le privilège, on y a joint Les Mœurs du temps et l’Heureuse Union, 12000; la deuxième suite réduite, avec le titre, 1015 — Muller, les trois suites, exemplaire non rogné, les Moreau avec le privilège, les Freudeberg avant les numéros, 10200 — Le Barbier de Tinan, la deuxième suite en réduction, avec le privilège, et le quatrain, 1205 — De la Béraudière, la même, exemplaire broché, non rogné et le litre gravé qui est rarissime, 1000 — Bardin, deuxième et troisième suites, avec le privilège, non ébarbées, 4750 — Guyot de Villeneuve, les trois suites dans un seul volume maroquin rouge avec dentelles, dos orné reliure de Cuzin, non rogné, avec le titre si rare de la troisième suite, les Freudeberg avant les numéros, les Moreau avec le privilège, 21000 * ; même vente, la deuxième suite en réduction, 905.

Le Petit Jour (par N. de Launay). — Dans un élégant intérieur, une jolie jeune femme, la gorge demi-nue, est debout le dos tourné à

1 A la vente de la bibliothèque en 1880 (celle des estampes eut lieu en 1877).

5 On ne connaît que 4 exemplaires contenant le texte si rare de la 3’ suite.

* Vente faite en 1800.

* Cet exemplaire d’une fraîcheur et d’une conservation exceptionnelles resté dans les couvertures originales fut trouve chez un marchand Hollandais.

ECOLE FRANÇAISE

la cheminée, en train de se faire habiller par sa camériste, pendant qu’un jeune seigneur assis devant elle les jambes croisées dans un fauteuil, lui tient des propos galants.

Ventes : Behague, eau-forte avant toutes lettres et avant les armes, les panneaux du fond décorés d’ornements supprimés dans la suite, 700; avant la lettre, avec la tablette blanche, les noms des artistes à la pointe, 480 — Wasset, avec la lettre, 200 — Muhlbacher, eau-forte état Behague, 710; avant la dédicace, 481 — Hocquart, avec la lettre, g. m., 210 — Decloux, 200 — Kinnen, 195 — Bayard, 200 — Gentien, 480; une autre épreuve, 255 — Patellier, 305.

La Leçon de Clavecin — La Leçon de Guitare (?)

Pièces au trait et coloriées, extrêmement rares. — Le dessin original à l’encre de chine de La Leçon de Clavecin fut adjugé, à la vente Uecloux, 1100 francs ; il était encadré.

Ventes : Muhlbacher, 400 — Decloux, 310 — Destailleur, 160 — Baudet, 327 — De G., 135 — Josse, 340 — Pavie, 315 — C J. et G. K., 300 — Leroy, 220.

GÂRNERAY (F.-J., d’après)

Le Roman (par Mixelle). — Près d’un feu qui flambe et protégée par un paravent qui est derrière elle, une jeune femme accoudée sur une table, lit un roman ; entre ses jambes, que la jupe relevée laisse voir, un chat la queue en l’air gratte de sa patte le pied droit de sa maîtresse.

Le Matin (par Mixelle). — A cheval sur un bidet et coiffée d’un bonnet, de profil à gauche, une femme se livre à des soins de toilette intime.

Pièces en couleur, rarissimes, surtout à rencontrer réunies, la première parut en septembre 1789.

Ventes : Muhlbacher, Le Roman est avant le jupon rallongé, 210 — Aubin, état Muhlbacher, 200 — Decloux, Le Roman en noir, 85 — Baudet, épreuves encadrées, 600 — Josse, état Muhlbacher, 710 — Ligaud, Le Roman seul avant le jupon rallongé, 310 — Pavie, état Muhlbacher, 1000 — Pavie, même condition, 860 — Leroy, 720.

ÉCOLE FRANÇAISE

GAUCHER' (Charles-Etienne)

Couronnement de Voltaire sur le théâtre français, le 30 mars

1778 (P et B 18).

Le bel état est celui avec les armes, la dédicace à Mme de Villette et l’adresse chez l’auteur rue Saint-Jacques, etc..., à rejeter celui portant adresse de Naudet. Cette estampe est un bijou ainsi que: Chai’les Le Normant du Coudrai] (98) — Fortunée Briquet (29) — Madame du Barri] 2 — Baronne de Nogelles (125) — Comtesse de Carcado (34) — Marie-Antoinette (110), adorable vignette, d’après Moreau le jeune, pour les Annales du règne de Marie-Thérèse, par Fromageot, 1775 — Madame Roland (141). — Toutes ces pièces se recommandent d’une façon très particulière à l’attention de l’amateur, étant donnée la valeur exceptionnelle du Maître qui les a gravées et dont la spécialité était le portrait, mais surtout la vignette.

GRATELOUP3 (Jean-Baptiste de)

Les portraits de Grateloup sont d’absolues merveilles de finesse, aucun artiste non seulement ne l’a égalé, mais aucun ne l’a même approché; ses estampes — si l’accouplement de ces mots ne semblait pas hurler — ont pour l’œil l’aspect d’adorables miniatures en manière noire b Grateloup cessa de graver en 1771, comme l’atteste sa correspondance en mars 1809 avec M. Joly, conservateur des Estampes à Paris; il tirait lui-même ses cuivres, trouvant que les imprimeurs ne le faisaient pas à sa satisfaction. On peut dire que son procédé est resté inconnu, il gravait sur acier, croit-on, et la dimension de ses planches ne dépassait pas celle d’une grande carte de visite.

L’œuvre ne se compose que de neuf portraits que voici, avec le numérotage du catalogueur Faucheux :

Bossuet, en pied

d’après

H. Rigaud.

Bossuet, en buste

H. Rigaud.

Dcscarles

F. Hais.

Consulter :

Charles-Etienne Gaucher par

le baron

R. Portalis et

Morgand et Falout, 1879.

î M. Henri Béraldi possède l’une des deux épreuves connues de l’eau-forte; l'éminent écrivain d’art a du resteau point de vue de la qualité, très probablement la plus riche collection existante en portraits des xvir et xvnr siècle, dont il a su réunir près de 15000 pièces !

Voir le catalogue dressé do son œuvre par Faucheux, Paris, 1864.

* Il faut prendre une loupe pour distinguer les tailles, à l’œil nu elles sont tellement invisibles qu’on se croirait en présence d’un véritable lavis.

ECOLE FRANÇAISE

John Dryden

d’après

G. Kneller.

Fénelon

J. Vivien.

Adrienne Lecouvreur

Ch. Coypel.

Montesquieu

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