‹ À travers l'Apulie et la Lucanie; (volume 3)Chapitre 2 sur 10 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

cations, le manque de routes, la crainte des brigands et, plus que tout peut-être, l'horreur des gîtes où Ton est obligé de descendre, ont écarté les voyageurs de cette belle contrée, où les mœurs gardent encore une physionomie si pittoresque. Elle commence à s'ouvrir aujourd'hui dans des conditions plus favorables. Le brigandage est éteint et la sécurité complète ; plusieurs lignes de chemins de fer traversent le pays et y donnent sur beaucoup de points un accès facile; où ils n'existent pas encore, on ouvre de bonnes routes carrossables. Ce qui n'a malheureusement fait jusqu'à cette heure aucun progrès, ce sont les gîtes. Ceux qui s'ouvrent au public pour son argent sont exécrables, infestés de vermine, n'offrant, en outre, qu'une nourriture insuffisante et souvent malsaine. Mais que les voyageurs se multiplient, et l'on verra bientôt forcément s'installer des auberges convenables.

Dans l'état actuel des choses, je ne conseillerais d'entreprendre une tournée dans l'intérieur de la Fouille et dans la Basilicate qu'à

vin PRÉFACE

ceux qui ont déjà fail en Orient l'apprentissage du métier de voyageur. Grâce à l'obligeance de M. La Cava, qui nous avait préparé les logements, c'est dans des conditions exceptionnelles que j'ai pu faire cette tournée. Partout l'hospitalité la plus aimable et la plus large nous attendait. Ce que j'ai rencontré dans chaque ville, de la part des habitants les plus distingués et des autorités , d'accueil cordial et sympathique , d'empressement à faciliter mes recherches, de libéralité dans les communication sscientifiques, m'a pénétré de reconnaissance et restera profondément gravé dans mes plus chers souvenirs. Mais je me suis plus d'une fois demandé comment aurait pu se tirer d'aflfaire un touriste qui serait arrivé inconnu et sans recommandations, contraint de demander le vivre et le couvert à d'infectes locande de paysans.

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