À travers l'Apulie et la Lucanie;
Les notes qu'on va lire sont celles d'un voyage que j'ai fait tout récemment en compagnie de M. Felice Barnabei, directeur des musées et des fouilles d'antiquités du royaume d'Italie, le savant adjoint de M. Fiorelli, et de M. Michèle La Gava, président du Conseil provincial de la Basilicate, inspecteur des antiquités de cette province. La contrée que nous avons visitée est si peu parcourue des touristes qu'en plus d'un endroit nous n'y avions été précédés par aucun de ceux qui, depuis plusieurs siècles, se sont occupés d'histoire et d'antiquités. C'est ainsi que nous avons pu y faire de véritables décou-
vi PRÉFACE
vertes, comme on ne croirait pas que Ton dût encore en faire dans la péninsule italienne.
En eflfet, à côté de l'Italie où tout le monde va, il y a, quand on prolonge le voyage plus loin dans le sud, -une véritable Italie inconnue qui n'est pas moins intéressante que l'autre et qui ne lui cède en rien pour la beauté des paysages et la grandeur des souvenirs historiques. Elle n'a pas, il est vrai, les splendeurs incomparables de la Renaissance ; mais, en revanche, à côté des ruines des cités grecques de l'antiquité, le moyen âge en a couvert le sol de magnifiques monuments. Pour nous autres. Français, plus que pour aucun autre peuple de l'Europe, celte extrémité méridionale de l'Italie devrait éveiller une vive curiosité, car son histoire est intimement Hée à la nôtre, et, à chaque pas, on y retrouve vivants les souvenirs des Normands et des Angevins, comme ceux des armées de Charles VIII et de Louis XII, ou enfin, plus près de nous, de l'expédition de Championnet et du gouvernement de Murât.
Jusqu'ici, la difficulté extrême des communi-