‹ Á travers l'Empire britanniqueChapitre 119 sur 145 · HONOLOULOU · texte numérisé non relu

HONOLOULOU

côlé, l'Anglais qui, en Afrique, parle le cafre, dans l'Inde, l'hindoustani ou le tamoul, se sent incapable d'apprendre la langue des Célestiaux. Il y a ici un très bon hôtel, mais, comme les garçons appartiennent tous à la race jaune, les voyageurs, pour donner des ordres, se voient réduits au langage des yeux et des gestes. On n'a qu'à regarder les Chinois qu'on rencontre dans les rues de Honoloulou pour comprendre qu'ils se sentent déjà les maîtres.

Les passagers des grands steamers du Pacifique profitent ordinairement des quelques heures de relâche à Honoloulou pour faire leur cour au roi et aux princesses. Il n'y a pas de princes dans la dynastie, condamnée comme le peuple hawaïen à une prochaine extinction. Le sabbat m'a privé de cet honneur. Je n'ai pas pu voir Kalakaua Ier et sa reine, ni la reine douairière Emma, ni Leurs Altesses Royales, la princesse Lilinokalani, héritière présomptive, mariée, comme on a vu, à l'honorable John Owen Dominicis, le futur prince consort du royaume hawaïen, ni laprincesse Likelike, épouse de l'honorable Archibald Scott Cleghorn, ni leur fille la princesse Victoria Kawekiu Kaiulani Lunahilou Kalanimuahilapalapa.

SAN-FRANCISCO Du 14 au 28 juillet.

La nation californienne. — Progrès et changements. — Constructions en fer. — Cliff-house. — Le Presidio. — Les Chinois. — Les immigrants. — Les trois lignes transcontinentales.

Il y a je ne sais quoi d'étrange dans les arrivées après de longues traversées. En s'embarquant, on savait que pendant un certain espace de temps on serait séparé du reste du monde. On y était préparé et l'on supporte cette privation sans trop souffrir. Par moments on en jouit même. On se sent comme délivré des soucis et des soins de la vie quotidienne et garanti contre les mauvaises nouvelles. Cette existence de camaldule qui ne connaît ni lettres ni journaux n'est pas dépourvue de charmes. Mais, au moment où le voyageur met le pied sur la terre ferme, une impatience fiévreuse mêlée de noirs pressentiments s'empare de lui. J'étais à peine installé

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