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LE PALAIS DU .MAHARAJA

L'observatoire, une des grandes curiosités dé Jeypour, est un assemblage de bâtisses en maçonnerie, œuvre deJey, qui passait dans l'Inde pour le plus grand astronome de son temps. On nous fit voir aussi le parc d'artillerie. Les pièces sont attelées de bœufs qui ont les cornes enveloppées de drap vert et sont couverts de schabraques de drap rouge. L'effet est des plus bizarres.

Le jardin s'étend derrière le palais. Des deux côtés, des arbres magnifiques encadrent la façade, qui est d'un dessin fantastique et compliqué. Nous marchons sur des digues flanquées de petits étangs. Les tuyaux et robinets qu'on y voit sont destinés à arroser les promeneurs. Cette vieille plaisanterie, inventée par les jardiniers des khalifes, a fait les délices des rois de Gastille et de Léon et, plus tard, des princes et grands seigneurs de France et d'Italie. Heureusement l'eau manque dans les réservoirs. Dans une partie reculée du parc, un joli petit temple, ombragé par des manguiers séculaires, nous sourit coquettement à travers le feuillage. Mais gare aux téméraires qui oseraient s'approcher du dieu ou de la déesse de la localité ! Une voix stridente nous ordonne d'un ton péremptoire de nous arrêter. En même temps parait le brahme du sanctuaire, tout en colère et prêt à nous barrer le chemin. A ce moment le canon com-

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mence à gronder. Il annonce à la ville l'événement du jour : le maharaja a quitté son palais pour aller pleurer avec sept nobles familles. Des nuées de pigeons s'élèvent des toitures et des pignons du palais et s'envolent tout effarés. Singulier et poétique contraste! Dans l'air, les fuyards ailés; dans le jardin, solitude et silence. A quelques pas de nous, le brahme qui fixe toujours sur les intrus des regards haineux. Au dehors, le bruit des grosses pièces et les voix confuses de la multitude.

Le dernier maharaja, enflammé du désir de civiliser son peuple, l'a doté d'un théâtre bâti d'après un modèle européen, d'un lawn-tennis et d'un beau et vaste jardin public. Depuis long- •temps le théâtre est fermé, faute de spectateurs. Mais dans le parc on voit des indigènes qui se promènent, qui s'assoient sur des banquettes et non sur leurs talons, et qui viennent certains jours de la semaine assister à des concerts. Des jeunes gens se livrent au plaisir du lawn-tennis. Le prince réformateur a aussi fondé une école des arts et métiers. Nous l'avons visitée et nous avons lu au-dessus de la porte l'inscription anglaise School of arts. On y voit de petits ta-

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