UN PRINCE AFGHAN
chargé de l'administration de la ville. En 1880 il se déclara ouvertement prétendant. Lorsque le gouvernement anglais se prononça en faveur d'Àbdoul-Raman, il se retira à Peshawar, où il vit comme pensionnaire de l'Angleterre. J'avoue que cette biographie me donnait à penser. J'ai demandé si tous les princes afghans étaient comme Sirdar Vali, et l'on m'a répondu qu'en effet ils avaient tous un certain air de famille. S'il en est ainsi, il doit être permis de se méfier d'une politique qui a pour base l'alliance avec tel ou tel émir d'Afghanistan.
Sirdar Vali Mohammed Khan habite, hors des murs de la ville, le Saraï, un ancien caravansérail bâti par l'empereur Akbar le Grand1 entre une vaste cour et un grand verger entourés de murs. Je m'y rendis avec le colonel Waterfield. A l'entrée de la cour nous fûmes reçus par les grands dignitaires du prince, un peu plus loin par ses fils, et sur l'escalier par lui-même. C'est un bel homme, de haute taille, d'environ cinquante-six ans. Ses nobles traits, ses yeux brillants chargés de paupières teintes en noir, selon l'usage afghan, cachent mal, sous l'apparence de la franchise, un caractère versatile et un esprit fin. Il portait au-dessus d'une tunique bleu de