DIVAN-I-AM
taine mesure, disparaitre la disproportion entre la hauteur et la largeur de la salle. Mais ce qui vous fascine, ce sont les perspectives changeant à chaque pas que vous faites, et l'effet pittoresque, le contraste de la blancheur éblouissante des arcades ouvertes sur les cours, également resplendissantes de lumière et de marbre, avec le clair-obseur des ombres diaphanes qui règnent dans l'intérieur.
Une petite porte de la salle vous mène à un
kiosque suspendu au-dessus de la rivière et
regardant au nord. Vous voyez à vos pieds les eaux bourbeuses du Jumna. Au delà, devant vous Ja plaine de Delhi : du sable, quelques arbres, des rochers à fleur de terre; au-dessus de vous, l'immense voûte du ciel, Sans la moindre transition vous avez passé de la grande ville et des splendeurs des plus grands potentats de l'Asie à la solitude et au silence du steppe.
Divan-i-Am, salle des réceptions publiques, toute en grès rouge, montre le même style que Divan-i-Kas. Les ornements de stue doré ont disparu, mais les belles mosaïques d'Antoine de Bordeaux sont restées, Divan-i-Am a changé de destination : il est devenu la buvette des soldats qui forment la garnison du fort!
Nous dirigeons nos pas vers la petite mos- Il — 10
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quée des Perles, Moti-Mesjid', située au fond d’une petite cour entourée de hautes murailles. Elle a trois coupoles: celle du milieu s'élève audessus de ses deux compagnes. Les trois portes qui percent la façade sont d’une grande beauté. Trois escaliers mènent de la cour à la plate-forme qui supporte la mosquée. L'intérieur est une salle divisée en nefs par deux rangées de piliers. Tout l'édifice, la porte de la cour, les escaliers, la plate-forme, les coupoles, est recouvert de marbre blane. Je ne me rappelle pas avoir vu une construction d'aussi petites dimensions produire un aussi grand effet. Le secret en est dans la parfaite harmonie des proportions et du coloris. I n’y à que trois couleurs : au-dehors, la blancheur brillante de la neige fraichement tombée et légèrement gelée; dans l’intérieur, le
noir, opaque au fond, transparent sous les area-
des; au-dessus, le baldaquin azuré du ciel.
Nous quittons la citadelle par la porte de
Cachemir, et nous approchons de la grande
mosquée, Jama-Mesjid. Elle repose sur un socle colossal construit avee ce beau grès rouge foncé qui abonde dans le pays. Trois grands escaliers, que les indigènes ont transformés en bazars,
mènent aux trois magnifiques portails de len-