PHYSIONOMIE DU PAYS
dirai presque cruellement, héroïque. Malgré sa proximité on ne voit rien de la ville. Elle se dérobe derrière un rideau d'arbres. Les coupoles de la grande mosquée seules et une partie des bastions, des tourelles et des kiosques de la citadelle vous disent que vous vous trouvez sous les murs de Delhi, Ici encore s'impose l'analogie avec Rome, qui, contemplée de quelque point élevé de la via Appia, n'offre à vos regards que les murs de Bélisaire et la coupole de Saint- Pierre,
Les grandes villes sont comme Îles grands hommes, qui ne laissent pas tous lire sur leurs physionomies la part qu'ils ont prise aux événements de leur temps. En vous promenant dans les rues de Paris et de Londres, les deux centres les plus populeux et les plus riches de l'univers, vous sentez, sous les enveloppes du luxe et de la misère, palpiter les entrailles de deux puissantes nations. Vous reconnaissez dans la capitale de la France la capitale du goût et du culte de la gloire militaire ; à Londres, le peuple qui domine les mers et dont le commerce embrasse le globe. Mais ces deux agglomérations colossales vous disent peu de l'influence immense qu'elles ont exercée et qu'elles exercent sur le monde entier, Berlin, métropole essentiellement moderne, appi au présent plus qu'au passé.
154 LE PENJARB.
n'en est pas ainsi de Rome et de Constantihople, de Vienne et de Moscou, de Pékin et de Delhi. |
Rome et Byzance, jadis les maitresses du monde, représentent aujourd'hui, Rome, une idée qui remue et rassure des millions de consciences, Byzance, une convoitise qui trouble le sommeil des puissants, Qui ne lirait leurs missions providentielles dans les monuments et les rues de la ville éternelle et de Constantinople?
Vienne n'a pas complètement perdu lempreinte de son passé. Les hommes de mon àge ont encore vu les murs contre lesqueis vinrent se briser à jamais les efforts de l'ennemi de la civilisation: et ils ont aussi vu mourir dans ces murs le dernier empereur romain. Un reflet, pale mais glorieux, du Saint-Empire-éclaire les nobles traits de cette antique capitale.
L'histoire et le génie du peuple russe se peignent sur le visage de Moscou, Le Kremlin parle plus haut que les annalistes de l'empire moscovite.
Le grand camp retranché au milieu du step appelé Pékin, avec sa cité chinoise et su mongole, est l'image à deux faces de la doimination des Fils du Ciel sur les deux races qui peuplent la moitié d'un continent. |
Et toi, Delhi, que du haut d'un minaret j'em-
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