‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 89 sur 175 · CR · texte numérisé non relu

CR

jai pu comparer les populations directement

soumises au sceptre de limpératrice avec Îles sujets des princes feudataires. Vous passez, par exemple, la frontière de Hyderab4, Le ciel, Le Sol, la race sont les mêmes, mais la différence entre les deux États est frappante et toute à l'avantage de la présidence de Madras où de celle de Bombay que vous venez de quitter.

Les relations des officiers civils et militaires avec le peuple ne laissent rien à désirer, S'il fallait

une preuve pour constater combien le prestige

EF

moral de l'Anglais est profondément enraciné dans les populations, je citerais le fait que, dans toute la péninsule, lindigène, en matière de procès civils et plus encore en matière criminelle, cherche à être jugé par un magistrat anglais. I serait impossible, 11 me semble, de rendre au régime britannique un témoignage plus flatteur.

Hans ce qui précède j'ai résumé fidèlement et conseiencieusement les informations que j'ai pu puiser sur les lieux aux sources les plus directes et les plus dignes de foi. Je n'ai caché aucun côté faible de immense administration indoanglaise qui m'ait frappé, je n'ai passé sous silence aucune des accusations dirigées, à tort ou à raison, contre le gouvernement de lnde par des personnes respectables qui connaissent le pays. Mais, en se placant mème au point de vue des pessimistes, qui n'est pas le mien, en faisant une large part aux infirmités et faiblesses inhérentes à la nature humaine, on ne nourri contester que l'Inde britannique de nos jours n'offre un spectacle unique et sans paralièle dans l'histoire du monde. Que vovons-nous? A la place de guerres périodiques sinon permanentes, une paix profonde solidement établie sur toute l'étendue de l'empire; à la place des exac-

lions de chefs toujours avides d'argent et ne

reculant devant aucun acte de cruauté pour en extorquer, des impôts modiques bien inférieurs à ceux que perçoivent les princes feudataires : l'arbitraire remplacé par la justice, qui est la mème pour tout le monde; des tribunaux d'une vénalité proverbiale, par des juges intègres dont l’exemple commence déjà à agir sur le moral et les notions de droit des indigènes ; plus de pindarris, plus de bandes armées de voleurs ; sécurité entière dans les villes autant que dans les campagnes et sur les chemins grands et petits, ies mœurs, naguère sanguinaires, adoucles, et, en dehors de certaines restrictions exigces dans l'intérêt de la morale publique, les cultes religieux, les us et coutumes traditionnels strictement respectés ; matériellement, je lai dit, un élan sans exemple; même les effets désastreux des famines périodiques, qui affligent eerlaines parties de la péninsule, de plus en plus réduits par l'extension des chemins de fer qui facilitent Le ravitaillement.

EE qui a opéré tous ces miracles? La sagesse et l'intrépidité de quelques hommes d'État dirigeants, la bravoure et la discipline d'une armée composée d'un petit nombre d'Anglais et d'un grand nombre € indigènes, conduite par des héros; enfin, et je dirai presque principalement,

le dévouement, l'intelligence, le courage, la

seu

ee

RE

persévérance, l’habileté jointe à une intégrité à

toute épreuve d’une poignée de fonctionnaires et de magistrats qui gouvernent et administrent l'empire de l'Inde.

Page 1