‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 91 sur 175 · A BORD DU NELSON · texte numérisé non relu

A BORD DU NELSON

assez peu formidable, au reste, de passer quel-

ques mois de plus en fort bonne compagnie. Tout

le monde me met en garde contre les sauvages dont je dois faire la connaissance, HS sont hosiles et traitres, S'embusquent dans les broussailles, attaquent, tuent, mangent les équipages des bateaux envoyés à terre, Le commodore Goodenough, un des prédécesseurs du commodore Erskine, n'a-t-1l pas été tué ainsi il v a quelques années seulement? L'endroit où ses restes sont enterrés est devenu la partie la plus recherchée du cimetière de Sydney. On désire reposer près d'un héros. De son côté, le capitaine Bridge me dit à l'oreille : « Nous n'irons pas aux Nouvelles-Hébrides ni aux îles Salomon, les terres classiques du cannibalisme:; nous visiterons des îles où l’on a renoncé à la mauvaise habitude de manger son semblable », Je n'ai oarde de désabuser mes amis. [Fest si doux de devenir un personnage intéressant! Et n'est-il pas intéressant d'aller dans un pays où l’on ne se demande pas : Que mangerai-je? mais : Par qui seral-je mangé?

Le capitaine vient me chercher, Quelques coups de rames et nous voilà à bord de son bàliment, mouillé à quelques brasses du Velson. Le bâtiment se met aussitôt en mouvement, rase le vaisseau amiral, d'où les hôres du commodore,

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