‹ A travers l'Espagne [microforme]Chapitre 23 sur 85 · GR SE IE PR TI SP ES IE EE · texte numérisé non relu

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dans leur style orient, il ne reste plus que quelques

débris, à peine dignes d'attention. Quelques pans de murs qui croulent, quelques colonnes brisées, et quelques blocs de pierre jonchant le sol, voilà tout ce qui est resté de ces splendides demeures où vécurent le puissant Almanzor, et le grand Abd-el-Rhaman III.

Ce dernier fut l’un des plus illustres califes de Cordoue, et pendant la paix il favorisait le culte des arts. À quelques milles de Cordoue, sur les bords du Guadalquivir, il fit même bâtir toute une ville de palais qui fut nommée Medina-al-Zarah, ville de la fleur, et dont les splendeurs étaient telles que l’on croit rêver en en lisant la description.

Voici les détails que je recueille dans un historien de l'Espagne :

“ Le palais que Abd-el-Rhaman III y fit élever était assez grand pour loger toute sa cour avec une garde de 12,000 cavaliers. Il était couvert de toits dorés, et soutenu par quatre mille trois cents colonnes des marbres les plus précieux. Le pavé, les murs étaient de jaspe, ou de ce stuc de couleur éclatante dont quelques monuments arabes conservent encore des restes admirables, mais dont le secret semble perdu. Le bois de cèdre était le seul qui eut été employé dans la construction. Les plafonds étaient peints d’or et d'azur, ornés d'arabesques en relief et de ciselures du travail le plus délicat Un jardin délicieux, où croissaient toutes les plantes du monde connu, entourait cette magnifique demeure. Parmi les pavillons de marbre et d’albâtre dont il était embelli, on distinguent le pavillon où Abdel-Rhaman venait se reposer des fatigues de la chasse.

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“ Il était formé par une galerie circulaire de colonnes de marbre blanc, saurmontées de chapiteaux dorés. Les portes étaient d'ébène et d'olivier. Du milieu d’une conque de porphyre s’élançait un jet de vif argent, qui en retombant, reflétait les rayons du soleil, et jetait des éclairs dont l'œil avait peine à soutenir l'éclat.

“ Dans presque toutes les salles il y avait des fontaines et des bassins de marbre ou de jaspe. On voyait dans la salle qu’on appelait du califat, une conque du plus beau jaspe remplie d’eau, au milieu de laquelle était un cygne d’or d’un travail admirable...”

Un tel palais devait être féerique, et s’il n'était pas décrit dans presque tous les historiens, on serait tenté de le regarder comme une invention due à la brillante imagination des orientaux.

Abd-el-Rhaman III mourut à l’âge de soixante douze ans, et laissa sur le trône son fils El-Hakem, alors agé de quarante sept ans.

Ce calife fut moins belliqueux que son père. Il favorisa l’agriculture et les lettres, et mourut après quinze années d’un règne pacifique et glorieux.

Son fils, agé de dix ans, fut proclamé émir ; mais il n'eut toujours que le titre de souverain et n’en exerça

jamais la puissance. Mohammed-ben-Abi-Ahmer fut nommé hadjeb, ou vice-roi, et ce fut lui qui gouverna réellement avec un éclat et une puissance, dont on retrouve les souvenirs dans le romancero espagnol.

Il y est toujours désigné sous le nom d’Almanzor, ou

El-Mansour, le Victorieux Car il fui surtout un grand

homme de guerre, et son règne fut terrible pour les chrétiens.

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