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LCR TECTRE
C'était en 860, et la persécution dura trois ans. Elle commença par saint Parfait, et finit par saint Euloge. Des vieillards, des jeunes gens, des vierges lassèrent la cruauté des persécuteurs.
Aujourd’hui, rien n’est plus calme et solitaire que ce coin de Cordoue, et le fleuve que les Romains appelaient le Bœtis, et que les Arabes nommèrent Ouad-al-Quebir, y fait toujours entendre ses plaintes monotones.
Mais les rivages sont toujours souriants, et parmi les orangers, les citronniers et les grenadiers chargés de fruits, jaillissent toujours les fontaines et gazouillent les jets d’eau.
On assure que Cordoue comptait jadis deux cent mille maisons, quatre-vingt mille palais, neuf cents bains, et avait douze mille villages pour faubourgs. Les Arabes y avaient construit sept cents mosquées, une foule de marchés, de bazars et d'hôtelleries.
Il y a sans doute de l’exagération dans ces chiffres ; mais il est certain que la Cordoue actuelle ne peut plus donner aucune idée de son ancienne splendeur. Ce qu’elle a conservé, c’est le caractère oriental de ses constructions, sa merveilleuse mosquée convertie en cathédraie, et quelques pans de murailles percées de portes monumentales, et flanquées de tours sarrasines, chrétiennes, et arabes, qui faisaient partie de ses anciennes fortifications. Un vieux pont de pierre remonte même jusqu'à l'époque romaine, et mérite l'attention de l’antiquaire. L'on y arrive par une grande porte à colonnes, et il se termine par une forteresse crénelée, nommée la Carrahola.
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Les rues de la ville sont étroites et tortueuses, et dans les vieux quartiers l’on ne pourrait pas circuler en voiture. Aussi n’y rencontrons-nous que des piétons et de petits ânes. Quand ces derniers sont bâtés de paniers, il faut se ranger le long des murs pour leur donner l’espace suffisant. Ces excellentes bêtes de somme font ici tous les transports, et je crois qu’e'ies font partie de la famille ; car j'en ai vu qui entraient sans cérémonie dans les maisons.
De chaque coté de la rue se dressent de hautes murailles, badigeonnées de jaune ou de blanc, percées de très rares fenêtres grillées, et je crus d’abord que nous errions dans un quartier inhabité. Rien ne semblait devoir jamais troubler la solitude et le silence dans ces ruelles profondes, qui ressemblent aux corridors d’une catacombe.
Mais bientôt la vie intérieure de cette ruche humaine se révéla. C'était le matin ; les portes s'ouvrirent, et à travers de jolies grilles peintes, nous aperçumes les patios, qui font l'effet d'anparitions lumineuses. I! semble
que l’on se promène dans un purgatoire, et que l’on a, de distance er distance, des échappées de vue sur un coin du ciel.
Il y a une grande variété de patios, mais la plupart sont des cours intérieures, pavées en marbre ou en mosaique, entourées d’un promenoir à arcades et à
colonnes comme les cloîtres, ornées de fleurs, de pein-
tures, ou de statues, et rafraîchies par un jet d’eau qui murmure dans une vasque de marbre. Les promenoirs sont souvent à double étage, avec des colonnades de
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marbre vraiment artistiques, et parfois même il y a deux ou trois patios, ouvrant les uns sur les autres et présentant la plus admirable perspective. La lumière y descend à flots. L'hiver, un toit de verre les protège contre la pluie et le froid, et l'été une tenture de toile les abrite contre le soleil.
C'est après une course intéressante dans ce coin d’orient que nous arrivons à la fameuse mosquée.
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