MUNICH
En arrivant à Munich, la pluie continue mais moins forte. Nous nous installons à l’hôtel et nous attendons une amélioration du temps pour faire connaissance avec la ville. 11 fait très frais.
Munich, sur l’isar, capitale de la Bavière (500.000 habitants), est située sur le bord d’une plaine stérile, à 519 mètres d’altitude.
Après dîner, nous visitons la fameuse brasserie de Lœwenbraükeller (brasserie du Lion), place Stigimayer, qui, dit-on, peut contenir 8.000 consommateurs. Nous visitons ensuite l’Augustiner, autre brasserie très vaste, mais beaucoup moins que la précédente.
Dans toutes les brasseries, comme dans les cafés, le service est fait par des jeunes femmes habillées de noir invariablement et en tablier blanc à bavette.
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Samedi 3 septembre
Aujourd’hui la pluie a cessé, il ne tombe plus qu’une légère brume qui ne laisse pas que d’êlre désagréable, mais ne nous empêche pas de circuler dans les rues. Nous en profitons pour faire rapidement quelques courses.
Nous visitons d’abord la nouvelle Pinacothèque, musée de tableaux modernes construit de 1846 à 1856.
Nous voyons ensuite le Maximilianeum ou se trouvent des galeries de tableaux.
Nous nous rendons ensuite à la Résidence (fîésidenzj, ou Palais Royal, sur la place Max Joseph au milieu de laquelle se trouve le monument du roi de ce nom.
Le Palais Royal se compose de.trois parties: La vieille résidence au centre; le Feslsaalbau du côté de llofgarten et le Kœnigsbau qui donne sur la place Max Joseph.
L’intérieur du Palais Roval est d’une richesse inouïe et nous admirons successivement toutes les merveilles qu’il renferme. Les appariements royaux, les salles de rLmpereur ou Salies Riches, habitées en 1809 par Napoléon R**, le cabinet des Glaces, le cabinet aux .Miniatures, les salles du Pape, habitées en 1782 par Pie VI, la salle du Trône, les salles des Fêtes, etc., sont magnifiques. La chambre où coucha Napoléon est tout bonnement merveilleuse et le lit qu’elle renferme a coûté, dit-on, des sommes énormes. Le guide qui nous accompagne nous raconte que l’achat de l’or qui a servi à tisser le dessus de lit et les rideaux ainsi que le ciel-de-lit, a coûté, à lui seul, 4 millions de marks (5.000.000 de francs).
Dans le Kœnigsbau, nous admirons les fresques de Scbnorr, (19 grandes compositions et beaucoup de petites) représentant les scènes des Niebelungen (mythologie allemande).
Après déjeuner, nous visitons le café-restaurant Luilpold, rue de Brienne, 8, qui est peut-être le plus bel établissement de ce genre en Europe.
Nous allons ensuite au Musée National Bavarois qui renferme dans ses 83 salles, que nous parcourons à la course, des trésors artistiques de toute nature.
Enfin, nous allons voir la célébré brasserie Royale (Holbreuhaus) au Platzl . Nous la trouvons pleine de consommateurs de tout âge et de toute condition, mangeant et buvant, buvant surtout dans des bocks formidables. En retournant à l’hôtel, nous voyons une très curieuse maison datant du xiF siècle, le Palais de Glaces et le Palais de Justice, dont le vestibule est somptueusement décoré.
Nous partons de Munich, M. Buffet et moi par l’express de 10 h. 10 du soir, nous rendant directement à Buda-Pesth où nous arriverons demain ai h.30dusoir. Nos compagnons de voyage partiront demain par l’Orienl-Express.
Dimanche 4 septembre
A Salzbourg, où le train arrive à minuit 20, nous sommes à la Irontière autrichienne. La douane nous réveille et nous présentons nos bagages à son examen . 11 continue à pleuvoir. Quelle guigne ! Quand l’aube se lève, nous pouvons contempler un paysage superbe. Les vallées que nous parcourons sont parsemées de villages coquets, de fermes et de villas d’un aspect très agréable. Nous arrivons a Vienne à 7 h. 30, par Westbanhof et nous nous hâtons de prendre une voilure pour gagner la gare de l’Etat (Slaatsbanhof) d’où part le train qui doit nous conduire à Buda-Peslh.
Le cocher que nous avions pris et auquel nous remettons 3 couronnes (3 fr.l5 1, pour la course, s’oITre la distraction d’accueillii' notre argent par une bordée d’injures. Ignorant les usages du pays et alors que nous pensions avoir payé largement la course, nous ne lui avions remis qu’une somme insuffisante, car il nous réclamait en jurant et en sacrant 3 fr. 75 : c’est ce que nous explique en français
un Viennois obligeant qui assistait à la scène. Nous payons et enroule
pour Buda- Pesth.
I.e Irain est bondé de voyageurs dont une bonne partie, n’ayant pu trouver place dans les compartiments, encombre les couloirs des voilures.
Entre Vienne et Buda-Pesth, s’étend, presque sans interruption, une plaine uniforme, parsemée de temps à autre de quelques collines. Des champs de maïs la couvrent, s étendant jusqu’à l’horizon. Les récoltes paraissent avoir souffert énormément (le la sécheresse.
Nous arrivons a Buda-Peslh à 1 h. 45, nous nous installons à Pliôtel et nous occupons notre après-midi à rechercher la salle de réunion et le bureau d’organisation du congrès où nous trouvons lobligeanle Miss llalford, la secrétaire du Comité central de I Alliance, qui nous remet nos cartes de délégtiés en échange de nos délégations, ainsi que les documents qui nous sont destinés et, entre autres, le volume des rapports qui contient 510 pages.
En quittant le bureau, nous rencontrons successivement dans Vamhàz Kôrut les voitures de deux noces dont toutes les invitées sont tête nue, ce qui nous amuse beaucoup par sa nouveauté.
Le temps s’est éclairci.
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Lundi 5 septembre
Buda*Pesth, capitale du royaume de Hongrie (800.000 habitants), est une superbe ville possédant de très beaux monuments et pourvue d’un réseau de rues et de boulevards don* quelques-uns, comme les ruesKiraly, Kerepesi, Andrassy et les boulevards Karoly, du Musée, Lipot-Terez, sont magnifiques. Buda-Peslh est le marché le plus considérable de la Hongrie, surtout pour les grains et elle est le centre intellectuel du royaume.
Au cours de notre séjour à Buda-Pesth, nous avons profité des rares moments de loisir que nous laissait le programme si chargé des travaux du Congrès pour visiter quelques monuments tels que l’Opéra, l’Eglise Saint-Etienne (encore en construction), le nouveau palais du Parlement (sous la conduite d’un guide très autorisé, M. le comte Zichy Aladar, député au Parlement de Hongrie, qui nous a raconté, au cours de notre visite, les incidents de la campagne obstructionniste entreprise, il y a quelque temps, par les députés de l’opposition).
J’ai visité également le Club des agents des chemins de fer et de la navigation, en compagnie de M. le docteur Gronowzsky, employé à la direction des chemins de fer Hongrois.
Nous avons utilisé le métropolitain, une miniature à côté de celui de Paris ; nous avons admiré le parc charmant, créé à File Marguerite par l’archiduc Joseph qui en est le propriétaire, et nous avons lait une courte mais très agréable excursion à Zugligel aux environs de Buda-Pesth.
Enfin, chaque jour, en nous rendant au Congrès, nous traversions la place Foyàm, en face du pont François-Joseph, sur laquelle se lient chaque matin un marché important et très animé. Quotidiennement, nous voyions des tas considérables de pastèques, de melons, de raisins, de tomates, de prunes de Bosnie, de pommes, de poires, amenés par de longues théories de chars conduits par des fermiers des bords du Danube. Et c’est ainsi que nous avons pu voir de près le costume des femmes de la campagne ; corsage serré à la taille et jupe courte de couleur éclatante et s’arrêtant aux genoux, les jambes dans des bottes couvrant entièrement le mollet.