LA CHAUSSÉE DU GÉANT
é ne sais pas de plus belle route à parcourir que celle qui conduit de Portrush à la Chaussée du Géant (Giant's Causeway).
Portrush est une jolie petite ville, sur une grève de basalte rouge, mirant ses hôtels coquets dans les flots verts de l’Atlantique, regardant au couchant les monts Donegal et vers le levant les hautes falaises en-
trecoupées qui s'étendent jusqu'à la Chaussée du Géant.
Comme nous étions allègres et joyeux! Comme le ciel était beau et somme la mer était limpide, pendant que nous longions, perchés sur un Jaunting car, ces célèbres côtes du Nord de l’Irlande !
Que d'histoires, que e légendès traversaient nos pensées, quand nous laïssions sur notre gauche les ruines imposantes de Duniuce Castle, qui fut longtemps la résidence de la famille quasi-royale des McQuillans, dont les descendants sont devenus scieurs de bois !
Bientôt ñous descendons sur la chaussée géante.
Au premier coup d'œil il semble impossible que ce. phéno-
mène soit l’œuvre de la nature, tant il y a de régularité, d'art et de combinaisons savantes dans cet entassement de colonnes basaltiques si bien taillées, si polies, et s’adaptant si bien ensemble. ,
Je sais bien qu'il y a dans toute la nature une harmonie éton. nante ; je reconnais qu’elle nous montre à Chaque pas des mer. veilles que l'art ne saurait accomplir. Mais j'ai toujours cru jusqu’à présént que l'homme seul pouvait construire un édifice, tailler des milliers de colonnes de pierre pentagones, hexagones
et eplagones, parfaitement régulières, les rapprocher les unes
des autres, et les ranger dans l’ordre qui convient pour que
leurs angles concordent parfaitement,
Or e’est là le ‘spectacle que j'ai sous les yeux, et je ne puis admettre tout d'abord que ce beau travail, supérieur à la grande muraille de la Chine, plus artistique que les grandes voies romaines, ne soit pas dû à la main de l’homme,
Cependant nous avançons lentement sur ces têtes de colonnes perpendiculairement enfoncées dans le sable du rivage et dans la mer, Nous admirons cette architecture d’un nouvean genre, nous calculons l’espace qu’elle embrasse, et nous Conslatons que ses pièces sont innombrables.
Qui donc a pu accomplir ce gigantesque ouvrage ? Combien de milliers de bras a-t-il fallu pour tailler ces pierres et les transporter sur ce rivage désert? Quelles mains puissantes les ont ratigées dans cette symétrie admirable ?
Voici comment la légende répond à cette question :
Dans les âges reculés, vivait en cet endroit le géant Fin McCoul, qui était le Champion de la vieille Hibernie, Un jour il apprit que Scot, le géant de la vieille Calédonie, de l’autre côté de la mer d'Irlande, défiait tous ceux qui osaient se pré. senter devant lui, et les abattait sous ses coups. .
Il disait même, paraît-il, à qui voulait l'entendre, que s’il ne Craignait pas l'humidité, il traverserait la mer à la nage pour aller frotter les côtes du grand Fin McCoul.
Le grand Fin fut piqué de ces vantardises, et pour permettre à Scot de venir le rencontrer sans se mouiller, il construisit une
jetée colossale pour relier la terre d'Ecosse aux rivages d'Erin.
Scot traversa alors, se battit ave: Fin et fut vaincu. Mais le vainqueur fut &énéreux, et ne tua Pas son ennemi. Bien plus il lui permit de se marier et de se fixer en Irlande,
Le pont Cyclopéen devenu inutile fut détruit par le temps et par la mer. Ses deux extrémités seules sont encore visibles, la première formant ce lit de Colonnes juxtaposées que nous visitons, et la seconde montrant encore ses én
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légende; et quand on a parcouru tou quand on a Contemplé l'Orque du géan colonnes de hauteurs diffé:
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d’un orgue; quand on a fait le tour de cet hémicycle, entouré d’une double colonnade Superposée, où la mer vient battre, et que l’on appelle Pamphithéâtre, on reste confondu devant tant de merveilles naturelles. Non seulement l'explication en paraît impossible; mais la plume se sent impuissante à les décrire: Leur architecture semble exiger l'intelligence humaine; mais leur étendue, et leurs masses énormes défient vainement la force de l'homme.
. Un romancier célèbre, M. Thackeray, a visité la Chaussée du géant et il en a fait une description humoristique et fantaisiste que je reproduis sans la traduire, parce que la traduction lui
mmon world. The savage rock -“sides are painted of a hundred colours.…...yonder is a kelp- “ burner: a lurid smoke from his burning kelp rises up into “the leaden sky, and he looks as naked and fierce as Cain, “ Bubbling up out of the rocks at the very brim of the sea ‘ rises a little crystal spring. How comes it there ? And there ‘is an old gray hag beside, who has been there for hundreds “ and hundreds of years and there sits and sells whiskey at ‘* the extremnity of creation! How do you dare to sell whiskey ‘there, old woman ? Did you serve old Saturn with a glass “ when he lay along the Causeway here? In reply she says
“she has no change for a shilling : she never has; but her
‘ whiskey is good.” ‘
La vieille sorcière, plusieurs fois centenaire, dont parle Thackeray est toujours là, perdue dans l’immensité de la mer. veilleuse colonnade, et j'ai goûté son whiskey. Il se ressent du voisinage de la source limpide qui coule à côté. L’archi-vieille cantinière le baptise beaucoup. Peut-être est.ce Par esprit de foi. ‘
Kobl a fait aussi de ces lieux une description pompeuse, et il déclare que l’'Amphithéätre du géant est le plus beau du monde, sans excepter le Colisée. En terminant il ajoute : “ que le tou’
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“ riste ne doit pas craindre d’exagérer en décrivant cette scène, “ parce que tout ce qu'il pourra dire restera toujours en deçà de “ la vérité.”
Ce que je puis affirmer, c'est que l'Amérique avec sa grande et riche nature, la Suisse avec ses paysages renommés, la Mé- | diterrannée avec ses côtes charmantes et pittoresques, ne m'ont rien offert d'aussi grand et d'aussi. merveilleux que la Chaussée du géant.
Quand j'en revins le soir aux flammes mourantes du soleil couchant qui rougissaient l'Atlantique, j'en avais l'esprit tout obsédé,
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gés pa par cel de l’un à l’état Dans résiden allé po jours q J'ai Armag] La p par sait au lier grande d'un a ronnés
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