Pascal, Pensées, édit. Havet, p
parement universel se pose et apparaît bien comme la seule maîtresse d'ordre, j'allais dire de propreté intellectuelle et morale. Quand donc sans parti pris écoutera-t-il les leçons de ces faits, quand donc renoncera-t-ilà se raidir contre sa raison si naturellement droite et avide de clarté, quand donc laissera-t-il la lumière céleste tout éclatante et toute pure briller à son esprit, et Tamour divin qui le sollicite envahir son cœur?
M. P. Bourget, dans une conférence sur Sully- Prud'homme, racontait cette poignante anecdote : « Quand H. Taine fut à son lit de mort, il reçut la visite de Mgr d'Hulst. Je tiens de AT. Ollé-Laprune que le prélat dit au philosophe dans le cours de cette conversation : « Mais enfin, monsieur Taine, n'apercevez-vous pas dans l'Univers, à côté de la loi de nécessité, la possibilité d'une loi d'amour? » Et Taine lui répondit : « Non. Je me représente la nalurecommeune femme admirable, vêtue d^étofTes somptueuses etqui marche indifférente pendant que la traîne de sarobe écrase des fourmis qu'elle ne voit pas. Je suis une de ces fourmis. Je vais être écrasé^... » M. Maurras, emprisonné par la même philosophie désespérante et sans issue, ferait-il donc siennes ces sinistresparoles ?etplus libre par son éducation, plus accessible au vrai par son tempérament, ne se dégagera-t-ilpas de cette servitude ? Broyé peut-être par la douleur, mais contraint de reconnaître dans la vie du monde et dans la sienne propre les marques indéniables d'une Providence pleine de solli-
1. P. Boui'get, Pages de critique et de doctrine^ t. II, pp. 198-
384 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS
citude et d'amour, il ne pourra pas ne pas comprendre qu'il n'a été éprouvé que pour mieux vivre, que, fragile mais active et laborieuse créature dans le champ delà politique humaine, il ne livre pas des combats sans espoirs éternels: qu'il y a en lui une semence d'immortalité.
Hiblîographie
La littérature du sujet est considérable. Sans parler des ouvrages et brochures qu'a suscités le mouvement d'Action française, on peut dire que tous les grands journaux et la plupart des grands périodiques en ont parlé et continuent d'en parler à toute occasion. Nous n'avons donc nullement 1 intention de donner ici des indications bibliographiques complètes, dont au reste le lecteur ne tirerait aucun profit. Il nous suffira d'indiquer : 1° les sources auxquelles il convient de puiser directement, et auxquelles nous avons puisé, pour juger d'une manière vraiment objective l'œuvre de M. INJaurras et de l'Action française ; 2° les principaux travaux soit contre soit pour M. Maurras qu'il peut être utile de consulter et que nous avons consultés nous-même.