‹ A travers le DanemarkChapitre 54 sur 59 · ONI · texte numérisé non relu

ONI

plet de l'ceuvre de Thorvaldsen. Nous citerons seu-

lament: 1° dans l'ordre religieux, le Christ et les

douze Apdires et leSermentde saint Jean-Baptiste ;

2° parmi les bas-reliefs, Eeliodore chasse du tem-

ple, Jfom sur le chemin du Calvaire, la Fuite en

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Egypte, la Charite chretienne ; 3° parmi les monu-

ments funebres, ceux de Pie VII, A'Eugene de

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Beauharnais, de Christian IV, de Raphael, de

Goethe, du comte Potocki; 4° parmi les monuments

publics et commemoratifs, le Monument d la me-

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moire des Suisses, la Statue equestre du prince Poniatowski, les Monuments de Frederic VI, de

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lord Byron, de Schiller, de Gutenberg, de Copernic; 5° parmi les sujets mythologrques et heroi-

CO —

ques, Mars et V Amour, Apollon, Bacchus, Adonis,

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Jason, Pollux, Vulcain,Hercule, Minerve, V Amour et Psyche, Y Amour vainqueur, Psyche, Ganymede

et I'Aigle, les Trois Graces, Sybille, Danse des

Muses sur I Helicon, Vulcain forge les /leches de

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I 'Amour, la Nuit, VAurore, X Amour chez Ana-

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creon, les Quatre elements, V Amour pique par une abeille, les Graces, Jeune Bacchante avec tin

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oiseau, le Mythe de I' Amour et Psyche (seize bas-

reliefs), Figures de la fable antique (vingt-deux

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bas-reliefs), Achille et Thetis, Priam demande a

Cn =

Achille le corps d'Hector, VEntree d' Alexandre a Baby lone ; 6° parmi les compositions allegoriques,

les Quatre saisons et les quatre ages de la vie, les

Genies de la Peinture, de la Sculpture, de Y Archi-

tecture, de la Poesie , le Damenark , ,1a Justice;

CO

7° parmi les portraits, les statues de la princesse

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Caroline-Amelie, de Thorvaldsen, de Luther, et

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les bustes de Maximilien de Baviere, de Holberg,

dc Pie VII, du cardinal Consalvi , de Horace

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Vernet, etc. etc.

Pour apprecier en connaissance de cause l'ceuvre

de Thorvaldsen, il faut commencer par recheroher

le milieu dans lequel la personnali'e du celebre

sculpteur s'est manifestee. Lorsqu'il vint en Italic,

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les travaux de Winckelmann sur l'antique avaicnt,

en quelque sorte, ramene le gout a l'etude des

beautes de l'art grec. Persuade que les maitres hel-

lenes, si heureusement doues, si aptes a com-

— CO

prendre le beau et a le sentir, devaient leur supe-

= CM

riority a l'idealisation de la nature, a l'expression

decente et gracieuse des gestes et des attitudes, a

l'liarmonieux equilibre du corps, en un mot a l'e-

tude du nu, Winckelmann « deerivit la voie suivie

par les maitres grecs et laisea jaillir de cet ensei-

= — CTi

gnement des preceptes d'une haute portee. » Thor-

valdsen, deja enthousiaste par le grand style de la

= — CO

statuaire antique et encourage par le savant ar-

cheologue Zoega, s'abandonna sans reserve a son

penchant. 11 s'efforga d'abord de se penetrer du

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198 EN DA.NEMARK.

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style des artistes grecs, mais il ne le copia jamais

servilement. Ses statues temoignent presque tou-

jours d'une etude anatomique tres scrupuleuse faite sur le modele vivant, et tout en ideabsant la na-

CO —

ture, il mela toujours un peu de reel dans l'ideal,

KD — =

corame on peut le voir par son Mercure. La collection de ses bas-reliefs compose une ceuvre des plus

variees. « Passer tour a tour de"s compositions ho-

meriques aux ouvrages d'inspiration plus legere

parait n'etre qu'un jeu pour l'esprit du seulpteur.

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Les caracteres differents de tant de productions attestent une intelligence largement ouverte a tout

co —

ce qui est beau, un talent admirablement fertile en

creations. 11 a ete donne a bien peu d'artistes de

reunir au meme degre la grace et la fore-e, et de

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savoir mettre ces qualites au service d'une imagi-

nation aussi feconde. » Si nous passons a la partie

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religieuse de l'oeuvre, nous constatons que la en-

core Thorvaldsen conserve son culte pour labeaute, telle que la definit l'esthetique de la Grece, ses

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figures expriment plutot le sentimentphilosophique

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que le sentiment Chretien.

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On a souvent mis en parallele le talent duDanois

et celui de Canova. Sans doute, les deux maitres

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semblent s'inspirer des memes traditions ; mais si

les figures de celui-ci sont habiles, excessivement

gracieuses, ellespechent souvent par la maniere et

l'affectatlon ; elles ne sont grecques que par la sur-

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face. Au contraire, le style de Thorvaldsen est plus

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ample, plus severe, plus vrai, plus simple, plus

grand; comme le disait Th6ophile Gautier, le Sjal-

landais a vu la nature avec les yeux d'un eleve de

— CO

Phidias, et il l'a degagee de tout detail inutile.

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« Thorvaldsen, dit M. Eugene Plon, appartient a

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la race scandinave, dont il a le caractere et le genie.

Cette race de l'extreme Nord, un peu rude, fiere et

simple, hospitaliere et bonne, s'est plu de tout

temps aux clioses nobles. Lapoesie de ses premiers

bardes a ete guerriere et chaste. Elle a toujours cru

= — CTi

a l'immortalite de l'ame, a un monde ou la vie au-

rait quelque chose de plus large, de plus grand que

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la vie terrestre, oil les guerriers aimeraient et se

battraient a lafacon des dieux. Pour nous.leslongs

jours de la belle saison sont accueillis comme un

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droit; pour les Scandinavcs, ces raemes jours, comptes avec tant de parcimonie, sont un bienfait de la nature ; et quand l'herbe est verte, la prairie emaillee de fleurs, lorsque le soleil dore la cime des liauts sapins et que la brise glisse doucement a la surface des grands lacs, c'est fete par tout le Nord, et le peuple enlier cliante la joie de la nature par des hymnes tendres et sauvages, avec des accents pleins de force et de fraicbeur. C'est bien la se\e de cette race scandinave, na'ive et vigoureuse, que l'artiste danois avait gardee en lui. II s'est, en outre, approprie les hautes qualites de Tart grec, en s'efforcant toujours d'atteiadre au rameau le plus dur et le plus severe de cet arbre de science. S'il a vouln idealiser ses figures par les procedes des Grecs et suivant les principes d'esthetique developpes par Winckelmann, il a en meme temps demande ses modeles a la nature, et c'est aux sources les plus pures qu'il a puise directement. Son oeuvre gardera dans l'estime des hommes un rang eleve, non seulement parce qu'il est la plus complete et l'uile des plus hautes expressions des

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tendances artistiques de son temps, mais aussi

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parce qu'il derive d'une inspiration originale, d'un

genie sincere et personnel- »

Thorvaldsen exerga une grande influence sur les

sculpteurs qui vinrent a Rome de son temps. L'ar-

tiste allemand Rauch fonda, pour y enscigner les

principes de 1'art antique, une ecole d'ou sont sortis

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