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LA CHASSE AU STEMMATOI'E MITRE OU PHOQUE A CAPUCHON

Une fois dans les environs de la région où les phoques sont cantonnés, le baleinier pousse encore plus avant au milieu de la glace pour parvenir au milieu d'eux. Alors le capitaine commande : Les embarcations à la mer! cl tous les hommes se précipitenl dans leurs canots respectifs. Le tireur' de chaque bateau reçoit ses instructions, le capitaine lui indique la direction qu'il doit suivre, et les embarcations du navire prennent la mer. Chaque canot a un équipage de cini[ ou

six hommes, un tireur qui . ... J

se place à l'avant, un

barreur et trois ou quatre rameurs.

Dès que les bateaux sont arrivés près des phoques, commence une fusillade nourrie, comme dans une bataille.

Lorsque le soleil brille au-dessus de la banquise et que les phoques sont nombreux, le spectacle est émouvant: jamais il ne s'effacera de votre mémoire si vous en avez été témoin.

Chaque tireur, voulant être le premier à revenir à bord avec son

canot plein de gibier, s'efforce de communiquer son ardeur à ses hommes. Pour approcher des phoques on ne doit pas se dissimuler derrière les glaçons, de manière que les animaux perdent de vue le canot après l'avoir aperçu nue première fois. On se dirige, au contraire, droit sur eux, pour qu'ils puissent découvrir l'embarcation de loin. Dès que les phoques ont aperçu le bateau, ils lèvent

1. Dans chaque embarcation il n'y a qu'un seul tireur, et c'est à lui qu'appartient le commandement.

COMBAT D'UN OURS BLANC ET D UN PHOQUE. (lIESSIN d'e. NIELSE».)

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la tête, mais, le voyant encore à une bonne distance, ils s'étendent

de nouveau sur la glace. Pendant ce temps le canot ramé vigoureusement avance, les animaux lèvent de nouveau la tête, mais cette fois avec un air d'inquiétude: ils regardent tantôt l'embarcation, tantôt la mer, puis s'approchent du bord du glaçon, allongent le cou et font mine de vouloir se jeter à l'eau. Alors tout l'équipage, sur l'ordre du tireur, pousse un hurlement frénétique : étonné de ce bruit, le phoque s'arrête un instant, puis recommence à glisser vers le bord du glaçon. Un nouveau hurlement plus retentissant que le premier se fait entendre : l'animal s'arrête une seconde fois, regarde le canot qui arrive à toute vitesse, puis continue sa marche : il va plonger et l'on n'est pas encore à bonne portée. Le tireur envoie alors une balle sur le glaçon juste au-dessous de l'animal; éclaboussé, le phoque recule aussitôt. Le canot avance toujours rapidement el arrive bientôt à portée; les avirons s'arrêtent, le chasseur lire, et la halle va frapper en plein la tête du phoque.

Si des stemmalopes mitres se trouvent réunis en troupe sur un même point, on peut en très peu de temps en abattre un grand nombre. Pour arriver à ce résultat, le premier animal doit être tué raide. En 188*2, j'ai ainsi tiré sur le même point une grande quantité de phoques, j'aurais pu en abattre davantage si je n'avais dû rentrera bord pour vider mon canot. On peut tuer un grand nombre de ces animaux, sans que le reste de la troupe prenne la fuite. Voyant les morts immobiles, les survivants les croient encore en vie. Si le chasseur a la mauvaise chance de blesser le premier animal qu'il tire, immédiatement il saute hors du glaçon et plonge, entraînant à sa suite tous ses compagnons. 11 est donc très important d'avoir pour cette chasse de bons tireurs.

Dès que le phoque est abattu, on le dépèce le plus rapidement possible, pour continuer de suite la chasse el ne pas se laisser devancer par les autres canots. En quelques minutes cette besogne peut être faite; après avoir ouvert l'animal, on donne ensuite quelques coups de couteau autour de la tète et de la queue, puis sur les flancs; on sépare la graisse de la chair, et la peau se trouve ainsi détachée. On prend seulement la peau et le lard qui y

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