LE PALAIS DE L EMIR, VU DE LA RUELLE DES BOUCHERS, A BOUKHARA
ques places publiques. Autour de cette agglomération centrale s'étendent les quartiers des habitations particulières, quartiers assez calmes le jour et plus calmes encore quand, le soir venu, les Musulmans ont réintégré leurs domiciles individuels. Dans les quartiers suburbains, les maisons se complètent par des jardins et de grands vergers qui se fondent insensible-
VIEILLES VILLES INDIGENES
ment avec les cultures de la campagne. La plupart des villes indigènes occupent donc de très vastes superficies (8).
Si la physionomie de leurs quartiers excentriques ne s'est guère modifiée, celle de certains bazars a subi de profondes transformations. Là, le dédale des artères irrégulières et couvertes a été entièrement bouleversé par les tracés récents de grandes voies droites et symétriques, de chaque côté desquelles ont été construits à nouveau des magasins et des boutiques. Il s'agissait d'assainir ainsi les centres indigènes, où la population se masse en grande quantité, et de satisfaire à des raisons stratégiques qui
ont prévalu à la suite de l'occupation militaire.
La facilité des communications et l'état sanitaire général ont tout gagné à cette métamorphose, mais l'aspect pittoresque des bazars y a beaucoup perdu. Aussi faut-il, si l'on veut se faire une idée exacte de ce qu'étaient tous les grands marchés du Turkestan, il y a trente ans, prendre comme types les bazars de Boukhara, qui sont restés intacts jusqu'à l'heure actuelle.
Ici, dans un labyrinthe extraordinaire de ruelles sinueuses, au sol inégal et raboteux, c'est encore la vision de l'Orient le plus pur et le plus complet ; c'est l'Orient d'Asie tel qu'il était il y a plusieurs siècles, au temps de Marco Polo ou de Tamerlan lui-même.
Au milieu d'un mouvement inimaginable de piétons, de cavaliers, de lourdes charrettes, de chameaux chargés, au milieu de l'enchevêtrement déroutant des ruelles qui bifurquent et tournent à tout instant, l'étranger