LE PUPITRE DE MARBRE DE B1BY-KHAN1M
tuaire, et l'effondrement de l'autre moitié, déjà très ébranlée, est à craindre, puisqu'il est trop tard maintenant pour sauver quoi que ce soit.
Le sanctuaire, dont les dimensions représentent un carré d'environ dix-sept mètres de côté, est barré ; aussi semblet-il plus sage de ne pas s'y aventurer.
L'ogive hardie de l'arche qui le précède, si légère malgré son énorme hauteur, est dune majesté inexprimable. Un minaret octogone la flanque à chaque extrémité ; et à travers la large brèche du pan de mur, auquel elle s'appuie, apparaissent les superbes inscriptions en faïences émaillées qui, ici encore, comme au tombeau de Tamerlan, contournent la base du dôme au-dessous de la calotte béante de la coupole. Il faut renoncer à décrire en détail la fantaisie infinie des dessins et de la disposition des faïences qui ornent l'arche et le portail tout entier. La plume la plus éloquente serait impuissante à le faire.
A l'extérieur, les parois de droite du sanctuaire sont relativement bien conservées. On y retrouve ces mêmes bandes brillantes dont l'émail bleu se détache avec tant d'éclat sur les murailles rosées. Plus loin encore, un minaret isolé et des murailles d'enceinte indiquent les limites extrêmes du vaste emplacement assigné au médressé par son fondateur.
Certains auteurs prétendent que Biby-Khanim, en cela moins heureux que le Taj-Mahal d'Agra, ne fut jamais complètement achevé. Mais, rien que d'après les ruines du monument, on peut dire sans hésitation que l'œuvre maîtresse du règne de Tamerlan a été le joyau de l'Islam, dépassant