‹ A travers le Turkestan russe (volume 2)Chapitre 51 sur 104 · UN KARA-GATCH (ORME NOIR DU TURKESTAN · texte numérisé non relu

UN KARA-GATCH (ORME NOIR DU TURKESTAN

déLachent d'autant plus brillamment. Fastueux ou simples, de soie flamboyante ou de cotonnade criblée d'arabesques et de fleurs, ceux-ci prennent une valeur étonnante dans le cadre adouci qui les entoure, et qui les fait mieux ressortir que tout autre.

Le Ferghana est la région du Turkestan où les habitations, concentrées

CAMPAGNE ET PAYSAGES

ou éparpillées, les cultures gaiement animées de travailleurs, forment les agglomérations les plus denses. Les cent et quelques kilomètres qui représentent la distance comprise entre Marghélan et Kokan sont une succession presque ininterrompue de champs fertiles, de belles futaies et de villages

populeux. C'est dans cette campagne abondamment arrosée, et qui mérite bien le nom de « grenier du Turkestan » (46^ que le cotonnier est cultivé sur une très vaste étendue, que les mûriers croissent en plus grand nombre et que la sériciculture est particulièrement développée. Les soieries du district de Kokan comptent parmi les plus renommées de tout le pays, et comprennent des tissus de soie légère et glacée qui sont une spécialité du Ferghana. C'est donc aussi dans cette région que s'importent le plus grand nombre de graines de vers à soie provenant de l'étranger, et qui, par la supériorité de leur qualité, ont remplacé les graines indigènes (47).

Le pays du Ferghana étant le plus cultivé et le plus prospère du Turkestan, sa population, fort à l'aise, est tout naturellement très encline au plaisir et à la vie contemplative. De tous les Sartes, les gens de Kokan passent pour être les plus amateurs de distraction et d'amusement. Aussi, aux yeux des Musulmans des autres villes, Kokan passe- t-elle pour être un

UNE ROUTE OMBRAGEE.

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LA RIVIÈRE A AKHEKLIK.

petit paradis terrestre, dont la puissance attractive augmentera en raison de la facilité des communications nouvelles apportée par rétablissement du chemin de fer. Les trains qui circulent sur la ligne sont à tel point bondés d'indigènes que le mouvement des routes a dû forcément en pâtir.

Aux eaux des sources, des torrents, à celles des affluents du Syr-Daria et des canaux d'irrigation qui en dérivent, est due la richesse du Ferghana.

Ici, comme dans le district du Zerafchan, ce sont même les petites rivières et les ruisseaux qui, captés dès leur sortie des montagnes et divisés en une infinité d'arik, tracés en éventail, favorisent plus spécialement les cultures. Les courants des grands fleuves deviennent moins utilisables dans les plaines, au fur et à mesure que leur inclinaison diminue.

CAMPAGNE ET PAYSAGES

Partout, d'ailleurs, où l'eau exerce son action fécondante, la végétation est de toute beauté.

On pourrait donc prétendre que le charme du paysage commence dans les villes mêmes, dès que les éclaircies des bazars permettent à quelquesuns de ces grands arbres d'étendre leurs larges ramifications à l'appui d'une boutique ou d'un minaret.

Ce charme s'amplifie dans les quartiers excentriques des cités indigènes, là où les feuillages deviennent plus touffus, où les carrefours peuplés de petits débits de thé sont entourés d'épais ombrages, où des mosquées secondaires dissimulent leurs façades derrière des rideaux de hautes tiges, dont le pied baigne dans des bassins ou des étangs.

11 prend, enfin, un aspect tout à fait rustique, là où les habitations sont

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