‹ A travers le Turkestan russe (volume 2)Chapitre 65 sur 104 · UN SARTE OCCUPE A ECRIRE · texte numérisé non relu

UN SARTE OCCUPE A ECRIRE

forme de la niche d'un mihrab de mosquée, et abrite quelque coffret de clinquant, ou des livres imprimés en caractères arabes : recueils de légendes héroïques, de poésies, de fables populaires.

Sur le sol en terre battue, au-dessus de nattes et de grands morceaux de feutre, le Sarte étale des tapis; et tout autour de la pièce, contre le bas des lambris, il place par-dessus ces tapis de longs coussins plats, recouverts de soie chatoyante.

Ces appartements sont dépourvus d'objets mobiliers, car les tables et les chaises, que les visiteurs européens y rencontrent éventuellement, n'y ont été mises que dans le but de leur plaire et de leur servir. Le Sarte n'en aurait que faire pour lui-même.

Assis sur ses talons, il s'accroupit à terre ; il mange et boit sur des pla-

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HABITATIONS ET MOEURS

teaux posés à côté de lui; il écrit sur ses genoux, en se servant d'un encrier à étui, qu'il peut accrocher à sa ceinture et porter avec lui; il fait sa sieste ou passe la nuit en camp volant, sur des matelas de soie qu'il étend, à son gré, en n'importe quel endroit de son habitation.

Cependant les Sartes se servent aussi de lits formés par des cadres de bois, peints de couleurs vives et laqués. Montés sur quatre supports et terminés, à un bout, par un appui de tête incliné, ces cadres maintiennent un réseau de lanières nattées, souples et résistantes à la fois. C'est en été que ces lits sont utilisés de préférence ; on les installe alors en plein air sur les terrasses, ou dans les pavillons des jardins.

L'unique meuble que l'on puisse voir en hiver dans l'appartement sarte est la tablette du sandali, espèce de calorifère très rudimentaire, mais assez singulièrement organisé. Il comprend une partie fixe et une partie mobile. La première consiste en une excavation carrée d'un mètre de côté environ, au fond de laquelle se place la braise. La deuxième est formée parla tablette susdite, montée sur un socle de menuiserie de bois blanc, dont les pieds sont reliés par des traverses, et qui, une fois encastré dans le renfoncement, dépasse le sol d'à peu près cinquante centimètres. Au-dessus on étale une grande couverture carrée, très lourdement ouatée, et les personnes qui veulent se chauffer s'accroupissent tout autour, en entrant leurs genoux sous la couverture et sous la tablette.

Ce moyen de chauffage, quoique primitif, suffit aux Sartes, très endurcis d ailleurs par le fait qu'ils passent presque toute la journée en plein air.

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