LA PRIÈRE DU VENDREDI : LES FIDÈLES ACCROUPIS
des galeries latérales coupées de piliers ; et leurs assemblées, qui se déployent ainsi dans toute leur ampleur, deviennent par ce fait encore plus imposantes et plus impressionnantes.
Le médressc de Chir-Dar, — devant lequel s'élève, au milieu des boutiques, la tombe blanche d'un saint musulman («•), — a été construit également au commencement du xvn' siècle, et par Yalang-Tach-Bogadour. C'est le plus vaste, le plus décoré des trois médressés du Réghistan, et celui qui, par ses dimensions, par l'éclat de ses faïences et par le bon état relatif de sa conservation, laisse au spectateur un souvenir dans lequel se condense pour ainsi dire le résumé de toutes les visions architecturales de Samarkand.
Dans la partie supérieure de son large fronton, à droite et à gauche du point extrême de l'ogive ourlée d'une magnifique torsade de pierre à
GRANDS MONUMENTS DE SAMARKAND
MUSUU4ASS PRIANT SOUS LE PORTAIL DE TlLLA-KARI.
cannelures, se distinguent vaguement les deux lions en mosaïque qui ont donné leur nom au médrcssc.
Sous la grande ogive, de chaque côté du palier auquel conduisent quelques marches, de superbes faïences claires étalent leurs dessins harmonieux, comme des tentures posées sur les parois.
La grande cour carrée reste, par contre, toujours calme et majestueuse. Sur chacun de ses côtés régnent en pourtour des arcades superposées, en retrait desquelles ouvrent les petites portes des cellules de moullah et d'étudiants. Çà et là se détachent quelque khalat brillant, quelque turban blanc, ou quelque tapis posé sur le rebord de l appui, et dont les arabesques ajoutent leurs riches tonalités à celles des vieilles murailles de faïences émaillées.
Des escaliers tortueux, à marches abruptes et cassées, conduisent aux arcades du premier étage et jusqu'à la terrasse qui les domine. Us montent ensuite jusqu'au point culminant du médresse, l'étroite plateforme qui couronne le grand portail. L'ascension complète vaut la courbature qu'elle pro-
LE PALIES DU MÊDRESsâ DE CHIR-DAR.