L'ORPHELINAT RUSSE DE SAMARKAND
ment graduel et avant la poussée rapide des beaux arbres dont elles ont été remplies.
Dans les avenues vides du Nouveau-Boukhara il n'y a encore que de maigres baliveaux, et à les voir aussi chétifs, on ne s'imagine guère qu'ils soient destinés à prospérer sur le sol sablonneux de ce terrain uniformément plat.
Au Turkcstan même, les années ont consacré l'œuvre des conquérants, œuvre favorisée d'ailleurs par l'abondance des eaux et souvent relevée par le charme du paysage environnant. Partout des arbres magnifiques s'alignent en doubles rangées, de chaque côté des avenues régulières, le long des arik, c'est-à-dire des canaux d'irrigation qui les fertilisent. Complétées par
NOUVELLES VILLES RUSSES
L'X tROISKMKST D AVKXUKS A SAMARKAND.
la végétation de vastes squares et d'esplanades, ces plantations ressemblent plutôt a de hautes futaies forestières, dans lesquelles on aurait tracé des voies de communication , bâti des habitations, dessiné des parcs et des jardins. Et cependant, c'est le contraire qui a eu lieu.
Comme dans la mère patrie, nulle part l'espace n'a été ménagé. En bordure des larges allées rectilignes se succèdent les maisons basses, simplement construites en briques et blanchies à la chaux. Composées d'un rez-de-chaussée seulement, elles sont souvent couvertes de toits plats en terrasses, dont un grand nombre se garnissent au printemps de jolies floraisons sauvages. Sous les branches vigoureuses des arbres qui les ombragent, leurs façades se détachent claires et gaies, assez écartées entre elles dans les quartiers des habitations particulières, plus rapprochées dans les quelques rues commerçantes de chaque ville.
Ici se trouvent les magasins et débits de toutes sortes, tenus par des Russes, des Juifs, des Tatars, des Arméniens, ou des indigènes. Ici on