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AFRASIAB, VU DU HAUT DE LA TENTE OFFICIELLE

velours pourpre, crible de broderies en arabesques d'or et d'argent. Sur sa tête un turban de soie écrue, tissée d'or, s'enroulait en plis serrés ; sa ceinture de soie verte, garnie de grosses plaques de vermeil, retenait son cimeterre de métal ciselé. Sous son khalat apparaissait l'extrémité du pantalon de cuir jaune, orné de broderies de couleur, et qui est le complément de son costume de cérémonie.

Les volostnïc (c'est-à-dire les chefs des communes environnantes) étaient presque aussi parés que lui et la plupart portaient des décorations et des médailles russes. A un moment donné, le Starchii-Aksakal et plusieurs volostnié quittèrent la tente pour monter à cheval et se rendre à la rencontre du Gouverneur, aux limites de la ville sartc.

De loin on vit approcher, dans des nuages de poussière, le cortège

GRANDES FÊTES MUSULMANES

L'ARRIVÉE DU GOUVERKEl'R MILITAIRE A AFRASIAB.

officiel. Le Gouverneur et sa lamille furent reçus aux sons de l'hymne russe et aussitôt la grande course commença.

Ce fut du bord même de la tente et sur une pente presque à pic qu'on jeta à tour de rôle les cadavres des boucs égorgés, et ce fut à mi-hauteur de cette pente que le tourbillon des champions à cheval se précipita à l'assaut, pour se disputer la première prise, ou venir rapporter le trophée, en échange des présents offerts par le Gouverneur, sous forme de beaux khalat de soie.

Je renonce à vouloir donner une idée de la splendeur du spectacle général. 11 faut avoir été à Afrâsiâb le jour de cette grande féerie, favorisée par une lumière ardente et par une chaleur d'été, pour sentir l'orientalisme intense d'une mise en scène qui, dans un site admirable, se déroule comme une évocation des « Mille et une nuits »...

Le Kourban-Namaz eut lieu vers la fin d'avril, le dixième jour du dernier mois de l'année lunaire musulmane.

Cette « fête des sacri-

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