‹ A travers les beaux-arts [microforme]Chapitre 37 sur 58 · MICHEL-ANGE ET L'ART · texte numérisé non relu

MICHEL-ANGE ET L'ART

“ Michel-Ange, disent les annotateurs de Vasari, fut très original, sans être absolument le créateur du dessin et de la sculpture. Il avait étudié Shiberti et Donatello, Masaccio et Orgagna, Brunelleschi et Verocchio, même Léonard et Raphaël. Il saluait de sa reconnaissance ses deux initiateurs, Dante et Giotto...son pinceau n’eut pas la suavité lombarde de Corrège, la grâce romaine de Raphaël, la magie vénitienne de Giorgion ou de Tintoret, la richesse et la solidité espagnole de Murrillo ou de Ribera, la splendeur et l'harmonie flamandes de Rubens et de Rembrandt, la tranquillité et la réflextion française de Lesueur ou de Poussin. ..C’était une nature forte, intrépide, obstinée... il eut le génie et la méthode : le génie par la nature, la méthode par sa patrie, Florence... ‘“ Ma science, avait-il dit, enfantera des maîtres ignorants ”. En effet, la servile imitation de Michel-Ange, l'excès de ses défauts, l'absence de ses qualités, ont jeté l’art dans de folles exagérations. Michel-Ange termina le cycle de l’art florentin, commencé par Giotto. Après lui, il ne resta que Rome, bien déchue, Venise, qui tombait aussi, et Bologne, qui ne pouvait remplacer Florence, Rome et Venise... Michel-Ange est le seizième siècle tout entier, avec ses mélancoliques regrets, ses audacieuses espérances, son long tourment, son gigantesque résultat... Michel-Ange est la vraie statue de cette époque, sa plus ressemblante et complète image... seul, il a régné d’un long règne, reconnu de tous, légitime, omnipotent... Quand Michel-Ange mourait (1564), Galilée naissait, et la science allait succéder à l’art ”.

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