GENRE ORATOIRE OÙ ELOQUENCE
« T’éloquence est le don d’être ému et l’art de communiquer son émotion. C’est, en résumé, le don de persuader”. (2)
C’est une puissance qui s'empare à la fois de l'esprit, du cœur et de la volonté.
(1) L'auteur des Paillettes d'or.
(2) 1bid.
“ Elle élève aux premiers honneurs ceux qui l’ont pratiquée avec succès, et remplit de leurs noms les lettres et l’histoire. Qui ne connaît, qui n’admire, qui ne regarde comme des êtres supérieurs Demosthènes, Cicéron, saint Jean- Chrysostôme, saint Bernard, Bossuet, O’Connell ” ? (1)
Rien de si grand, de si admirable, de si royal, de si magnifique que de pouvoir, par la parole, captiver une multitude, pousser ou ramener à son gré toutes les volontés. (Cicéron).
L’Eloquence est la souveraine des âmes (Euripide).
L’éloquence n’est point un art frivole; c’est un art sérieux, destiné à instruire, à réprimer les passions, à corriger les mœurs, à rendre les hommes bons et heureux (Fénelon).
La grandeur de l’éloquence se voit et se sent surtout ‘‘ dans les discours de Démosthènes soulevant la Grèce contre Philippe: dans le langage de Priam demandant à Achille le corps de son fils ; dans les récits d’Enée encore tout ému des désastres de sa patrie ; dans les fureurs d'Achille qui jure d’arracher Iphigénie des mains de ceux qui veulent l’immoler; dans les contemplations sublimes de Platon et dans les controverses entraînantes de Bossuet ; dans les pensées sublimes de Pascal et dans les pages brûlantes de Lamennais ?”. (2)
La source de l’éloquence est le cœur, et l'aliment de l’éloquence sont jes passions, c’est-à-dire, ces impressions sensibles par lesquelles l’Âme se sent entraînée avec ardeur vers ce qu’elle prend pour un bien ou repoussée loin de ce qui lui paraît mal ”. Caton définit l’orateur: % un homme qui veut le bien et qui sait le persuader ”.
Eloquence «le la chaire
Orateurs des premiers siècles.— Les Pères de l'Eglise grecque : S. Athanase, S. Chrysostome, S. Basile, $. Grégoire de Naziance.
Les Pères de l'Eglise latine: S. Ambroise, S. Augustin, S. Jérôme, S Grégoire le Grand, S. Bernard. On peut aussi signaler Tertulien, qui fut un des plus grands défenseurs de l Eglise.
Orateurs qui ont illustré lu chaire française : S. François de Sales et le P. Lejeune, au 16° siècle; Bossuet, Bourdaloue, Fléchier, Fénelon, Massillon, au 17° siècle ; Bridaine, Mac-Carthy, Frayssinous, au 18° siècle; Lacordaire, De Ravignan, le P,. Félix, le P. Monsabré, Mgr Dupanloup, Mgr Pie, Mgr Gerbet, au 19° siècle.
(1) L'auteur des Paillettes d'or.
(2) Zbid.
Eloquence de la tribune
L’éloquence de la tribune ou l’éloquence politique est celle qui discute les intérêts publics dans les assemblées représentant une nation.
Chez les Grecs : Démosthènes, Isocrate,
Chez les latins : Cicéron. ,
Ch les modernes : EN FRANCE.—Mirabean, l'abbé Maury, Cazalès, Chateaubriand, Montalembert, de Mun, ete. —
EN ANGLETERRE.— Lord Chatam, Pitt, Sheridan, Burke-Fox, Gladstone, et le grand O’Connell, qui personnifie l'Irlande, sa patrie.
Eloquence du Barreau
L’éloquence du barreau est celle qui a pour but devant la justice humaine qui doit prononcer avec sentence, d'établir ou d’infirmer la certitude d’un droit, de prouver ou combattre un fait.
Voici les différents genres de discours qu’embrasse l’éloquence du barreau : les Requisitoires, les Plaidoyers, les Mercuriales, les Rapports, les Conclusions, les Mémoires.
Chez les anciens : Démosthènes, Eschyne, Cicéron.
Chez les modernes : Lemaître, Patru, Pélisson, d’Aguesseau, Lally- Tolendal, Beaumarchais, De Sèze, Berryer, Guizot, Thiers.
Eloquence académique
L’éloquence académique comprend tous les discours prononcés devant une réunion littéraire et spécialement devant l’Académie française. Voici quelques orateurs qui se sont distingués dans l’éloquence académique : Patru, Racine, Fénelon, Voltaire, Buffon, Fontenelle, Thomas, Champtort, La Harpe, Maury, Villemain.