chapitre bîj:*nEufaiÈnîE
La vallée tout entière se compose d'une foule de petits champs, séparés les uns des autres par des clôtures basses et épaisses, formées avec de grosses pierres. Le défrichement de ce terrain rocailleux a sans doute coûté beaucoup de fatigues et une grande patience. Les pierres énormes qui couvrent le littoral du Bo-Tchou ont dû être péniblement arrachées au sol, les unes après les autres, et roulées avec effort sur les limites des champs. .
Au moment de notre passage, la campagne présentait en général un aspect morne et mélancolique. Cependant le tableau était quelquefois animé par quelques caravanes de lamas, qui se rendaient en chantant et en folâtrant à la solennité du Lha-Ssa-Morou. Des cris de joie et des éclats de rire s'échap-
Les pierres énormes qui couvrent le littoral du Bo-Tchou... (P. 471.)
paient par intervalles des métairies qui bordaient la route, et nous annonçaient que les réjouissances du nouvel an n'étaient pas encore terminées.
Notre première étape ne fut pas longue. Nous nous arrêtâmes bien avant le coucher du soleil, à Detsin-Dzoûg, gros village éloigné de Lha-Ssa de six lieues (soixante lis). Une grande maison avait été préparée à l'avance pour le repos de la caravane. Aussitôt que nous eûmes mis pied à terre, nous fûmes introduits, par le chef du village, dans une chambre au milieu de laquelle flambait un magnifique feu d'argols, dans un grand bassin eh terre cuite. On nous invita à nous asseoir sur d'épais coussins de pou-lou veit, et on nous servit immédiatement du thé beurré. Nous fûmes entourés de tant de soins et de prévenances que nos cœurs finirent bientôt par s'épanouir. Cette manière de voyager nous parut merveilleuse. Quel contraste en effet avec la vie dure et
;i>DuliEnfrïj bc liopage.
nous enti'âmes dans l'embarcation; mais nous faillîmes la crever du premier pas que nous l'îmes. On avait oublié de nous avertir qu'on devait seulement appuver les ])ieds sur les tringles de bambou. Quand nous fûmes tous emb.avqués. le batelier se mit à pousser avec une longue perche, et en un clin (i'œil H'Uis fûmes de l'autre côté de la rivière; nous sautâmes à terre, et le patron prenant la barque sur soii dos se sauva à travers champs.
Ces bîirques en cuir ont l'inconvénient de ne pouvoir rester longtemps dans l'eau sans se ])ourrir. Aussitôt qu'on s'en est servi, on a soin de les renverser sur 1;! plage, pour les faire sécher : peut-être qu'en les enduisant d'un bon verjiis. i>]\ pourrait les préserver de l'a.etion de l'eau, et les rendre propres à su}:)poiter une ])lus longue navigation.
(^uand nous fûmes à cheval, nous jetâmes un dernier regard sur la ville de Liia-8sa qu'on apercevait encore dans le lointain: nous dîmes au fond du cieur : <) mou Dieu, que votre volonté soit faite!... Et nous suivîmes en silence les ]ias de la caravane. C'était le 15 mars 1840.
^^.'■^Jé -.«^ :^^:^ft:^fi -S!^ ..»«^ :^^ 'X^^^' -«^ -î»** -««^ -«^^ ..»-^ '.^^ ..»«^
".^v- -<:•.•• -»s •.•.^^«•.••>^v- -.^sv. r^.^v. -«^v. f <^-.- -««V. yy^V' -^v- -nïsv. -i^v- '^v- --#?•.•• -.'?{
uns })ier de f:
(luH et rc
mon
que
la