‹ A travers les États-UnisChapitre 34 sur 38 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

Le lendemain matin, il faut que je parte et sans rémission. Nous sommes au 19, et, si je veux m'embarquer le 30, après m'être arrêté un jour à Saint- Louis en revenant, je n'ai pas de temps à perdre, d'autant plus que le retour sera pour moi plus long que l'aller. Au lieu de reprendre la voie par laquelle je suis venu, j'ai fait choix d'une nouvelle route, celle, du Southern- Pacific, qui n'est ouverte que depuis quelques mois, du moins comme through Une, c'est-à-dire comme ligne de grand parcours. Ce chemin de fer dessert tout le sud de la Californie jusqu'à la frontière .du Mexique qu'il suit jusqu'à Deming. De ce point partent deux hgnes il'unequi, par le Texas, ira prochainement rejoindre le port de

Galveston sur le golfe du Mexique (peut-être est-elle ouverte aujourd'hui) et fera une rude concurrence à l'ancien chemin du Pacifique en conduisant plus rapidement à la mer les produits de la Californie ; l'autre, qu'on appelle VAtchison Topeka and Santa- Fe Railroad, rejoint, à Kansas-Gity, une ligne déjà ancienne, au moins relativement, qui, par Saint- Louis se raccorde elle-même avec les grandes lignes du nord de l'Amérique. Il n'y a pas plus de quelques mois que la soudure est faite entre le Southern- Pacific et VAtchison Topeka and Santa- Fe Railroad; je crois donc être un des premiers Européens qui y aient passé. Je ne sais si c'est à cause de cela, mais j'ai trouvé le voyage par cette ligne beaucoup plus intéressant que celui par Y Union et le Central- Pacific.

Je dois avouer que, tant qu'on est en Californie, c'est-à-dire pendant les vingt-quatre premières heures, la route est assez monotone, sauf un assez beau passage de montagne que j'ai fait malheureusement la nuit. Mais, à partir de Los Angeles, le pays change d'aspect. La ville de Los Angeles, qui est le point le plus méridional de la Californie, est ellemême très pittoresque. C'est le centre de la culture des oranges, et tout alentour s'étendent de vastes jardins qui m'ont rappelé les environs de Palerme. Pour deux batz, vingt-quatre sous (c'est-à-dire probablement le double de sa valeur), j'en achète un gros sac qui me fournit pour ma route une ample

Page 1