DÉPART DES PURITAINS
sauvages et res de ie du Nord. Ce fut au mois d'août 1620, que l'avant-garde s’embarqua dans le port voisin de Delft. Voici en. quels termes touchants l'historien de la Nouvelle-Angleterre, Nathanaël Morton, décrit ce départ : |
On C-tamsi quis quitterent cette ville, qui avait été pour: eux un lieu de repos. Cependant ils étaient calmes; ïls savaient qu'ils étaient pèlerins et étrangers ici-bas. Ils ne s’attachaient pas aux choses de la terre, mais levaient les yeux vers le ciel, leur chère patrie, où Dieu avait préparé pour eux sa cité sainte. Ils arrivèrent enfin au port où le vaisseau les attendait. Un grand nombre d'amis, qui ne pouvaient partir avec eux, avaient du moins voulu les suivre jusque-là. La nuit s’écoula sans sommeil : elle se passa en épanchements d’amitiés, en pieux discours, en expressions pleines d'une véritable tendresse chrétienne. Le lendemain, ils se rendirent à bord: leurs amis voulurent encore les y ‘accompagner. Ce fut alors qu'on ouit de profonds soupirs, qu'on vit des pleurs couler de tous les yeux, qu’on entendit de longs embrassements et d’ardentes prières. Le signal du départ étant donné, ils tombèrent à genoux; et leur pasteur, levant au ciel des yeux pleins de larmes, les recommanda à la miséricorde du Seigneur. Ils prirent enfin congé les uns des autres, et prononcèrent cet adieu, qui, pour beaucoup d'entre eux, devait être le dernier.” ”
Les paroles d’exhortation que Robinson adressa aux membres de son troupeau qui A DONC CONSCIVECS Shure aprontés pans LA CTIEUR-DE-MAL
par l’un d'eux.
“ I] nous dit que nous allions nous séparer,” écrit Winslow, “et que
Dieu seul savait s’il reverrait jamais nos visages. ‘Mais quoi que le Seigneur ait arrêté à cet égard, ajouta-t-il, ‘je vous somme devant Dieu et devant ses saints anges, de n'être mes imitateurs qu'autant que je l’ai moi-même été de Christ. Et s’il est dans les desseins de Dieu de vous instruire par le moyen d'un autre de ses serviteurs, ne manquez pas de recevoir de lui la Parole de Vérité, avec le même empressement que vous l'avez reçue de ma bouche.” Mais, d’un autre côté, il nous exhorta à prendre garde à la doctrine qui nous serait présentée, à l'examiner, à la peser avec soin, à la comparer avec la Sainte-Ecriture, avant de l’accepter; ‘car il n'est pas possible (dit-il) que le monde chrétien, si récemment sorti des épaisses ténèbres de l'Anti-Christianisme, puisse arriver tout d'un coup à la pleine lumière de la
Mérite
AT
1 New England's Memorial, page 22. Traduction de M, de Tocqueville, 12 147
LA NOUVELLE- ANGLETERRE
Mais le navire qui portait les pèlerins (ainsi qu'ils s’appelaient eux-mêmes) ne put tenir la mer et dut regagner les côtes. Plusieurs des émigrants furent effrayés et découragés par ce contre-temps ; toutefois une centaine persévérèrent dans leur résolution et firent voile de Plymouth le 6 septembre 1620, sur La-fleur-de-Mai, navire de 180 tonneaux seulement. Leur dessein avait toujours été de fonder une colonie à l'embouchure de l’Hudson ; mais, soit ignorance, soit trahison de la part du capitaine, après avoir longtemps erré dans l’océan, ils durent aborder les côtes arides du Nord. Enfin, le 21 novembre, ils débarquèrent sur un rocher auquel ils donnèrent le nom de
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