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LES LOGOGRIPHES

Les énigmes, chez les Grecs et les Latins, s'appelaient griphes. En ajoutant logos, discours, on a formé logogriphes, espèces d'énigmes qui portent spécialement sur le discours, la parole, le mot. Les moyens de deviner, empruntés dans l'énigme à la chose même, à ses qualités, à son rôle, ne sont tirés, dans le logogriphe, que du nom qui la désigne; dans les griphes, on décompose l'idée; dans les logogriphes, on décompose le mot.

Pour rendre sensible la différence des procédés, je prendrai une énigme et un logogriphe sur le même sujet.

On ne veut me faire à personne, On le soutient, on le croit, et pourtant

Si Ton discute ou qu'on raisonne, À son prochain Ton me donne à l'instant.

106 A TRAVERS LBS MOTS.

Avec mes quatre pieds je ne connais personne

Qui veuille se charger de moi ; Chacun sans hésiter à son prochain me donne

Et me rejette loin de soi.

Mais si vous me coupez et la queue et la tète

Qui chez moi ne diffèrent pas, Chacun me fait alors l'accueil le plus honnête,

fcar je deviens rempli d'appas.

Dans rénigme, je me suis attaché à mettre en relief les deux idées de faire tort et donner tort. Dans le Jogogriphe, le mot s'indique par ses quatre lettres ? la première et la dernière sont semblables, et il reste, en les ôtant, le petit mot par lequel on désigne le précieux métal.

Pour pouvoir parler haut de lui-même et donner avec complaisance le détail exact des éléments qui le composent, le logogriphe se personnifie ; il s'attribue des membres, des organes ; sa première lettre est sa tête ou son chef, il désigne celle qui vient après en disant mon cou, et la lettre du milieu il l'appelle son cœur.

D'un Dieu cruel, par moi seul triomphant, Je suis avec mon chef l'instrument et l'organe ;

Sans ma tête, je suis l'enfant Qui menace le plus de devenir un âne *.

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