‹ À travers les registres;Chapitre 20 sur 37 · ESCLAVES · texte numérisé non relu

ESCLAVES

Le 13. — Dans les registres de la Longue-Pointe on trouve le certificat d'inhumation du corps de Louise, négresse âgée de vingt-sept jours, appartenant à M. Deschambault. Rco. de la Loiioiic-P ointe.

NOVE.MBRE (1756). ^

Le 4. — Marie- Judith, pai^is, âgée de treize ans, a été f-r-xA. baptisée. Elle appartient au Sieur Preville.

Reo. de la Lonoîce-Poùile.

JANVIER (1757). fC?

Le 22. — Un esclave panis appartenant à M. de Saint- c'o.i^'^^^^^ Blain, officier d'infanterie, a été condamné par le Lieutenant-Général Guiton de Monrepos, à la peine du carcan en la place publique, un jour de marché, puis à être banni à perpétuité de la jurisdiction de Montréal. Il se nommait Constant. Greffe de Montréal.

Il est impossible de nier que l'esclavage ait existé en Canada avant et après la cession de la colonie. Il a existé, non seulement ç.x\ fait comme le prouve la liste que nous donnons plus loin ; mais encore en droit, ou mieux d'après la loi, comme l'a démontré le commandeur Jacques Viger, dans un Mémoire publié par la Société Historique de Montréal,

Trois documents prouvent que l'esclavage fut introduit au Canada, en 16S8 ou peu après.

Ces documents sont :

1° L'Ordonnance de Raudot du 13 avril 1709 qui, sous " le bon plaisir du roi, ordonne que tous les Panis et *" nègres qui ont été achetés ou qui le seront par la suite, " appartiendront en pleine propriété à ceux qui en ont fait " ou en feront l'acquisition, en qualité d'esclaves."

2° L'Ordonnance de Hocquart, du premier septembre 1736, qui déclare nul et de nul ettet tout affranchissement d'esclaves non fait par acte devant notaires, dont est gardé minute, et en outre enregistré au greffe de la jurisdiction royale.

30 L'arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 23 juillet 1745, qui déclare que "les nègres qui se sauvent des colonies " ennemies aux colonies françaises, et leurs effets appar- ** tiendront à Sa jNIajesté le Roy Très-Chrétien."

Ces trois documents constatent trois phases de l'Esclavage en Canada. Le premier légalise ce qui n'était encore qu'un abus, le deuxième constate un ordre de choses établi, contre lequel on ne peut aller qu'en se servant des formes les plus solennelles, et le troisième est le complément qui conduit le système aux extrêmes.

On le prouve encore par l'Article XLVII de la capitulation de Québec ''" : —

" Les nègres et panis des deux sexes resteront en leur qualité d'esclaves en la possession des Français et Canadiens, à qui ils appartiennent ; il leur sera libre de les garder à leur service dans la colonie ou de les vendre ; et ils pourront aussi continuer à les faire élever dans la religion Romaine, excepté ceux qui auront été faits prisonniers."

Dans la Gazette de Québec du 18 mars 1784, on lit l'avertissement qui suit :

" A Vendre, — Une négresse qui est présentement en " ville. L'on pourra s'adresser à Madame Perrault pour " le prix."

Et dans celle du 25 mars, même année :

" A Vendre. — Un nègre âgé d'environ 25 ans, qui a eu " la petite vérole. Pour plus amples informations, il faut " s'adresser à l'imprimeur."

(I) La capitulation, comme on le s:.it, fut signée par le Général Amherst, commandant-en-chef les troupes et forces de Sa Majesté Britannique en l'Amérique Septentrionale, et le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur et Lieutenant-Général pour le Roi en Canada.

Le 9 juin 1783, Elias Smith vendait à James Finlay, Juge de Paix, une négresse que Ton désignait sous le nom de Peg, et le 14 mai 1788, le dit Finlay la revendait à Patrick Langan. Dans les deux ventes l'esclave avait été évaluée à ^50.

En 1793, dans le Parlement du Bas-Canada, on proposa un bill pour l'abolition de l'esclavage dans cette province. Cette proposition n'eut pas de suite.

Elle fut reprise par le Parlement en 1799, et en 1S03 cette question fut de nouveau discutée sans recevoir une solution définitive, et ce n'est que par l'Acte de 1S33 que l'esclavage fut définitivement aboli.

Nous avons cru que le tableau suivant dressé d'après les différents registres intéresserait nos lecteurs : —

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