LES VIEUX ARBRES
Mamra, près duquel, dit-on, les anges apparurent à Abraham. Telle est celle du rosier qui fleurit dans la crypte de la cathédrale de Hildesheim. On dit qu'il fut planté en l'an 1081.
Mais il y a des vieillesses d'arbres bien constatées. Le camphrier de Sorrogi au Japon date, selon M. de Siebold, du viii^ siècle.
Les cyprès de TAmérique deviennent très vieux. 11 en est où l'on a compté plus de mille anneaux. Dans la province d'Oaxaca, au Mexique, il y a un tronc de deux cents pieds de circonférence qui, selon le calcul de M. Lyell, le célèbre géologue, doit avoir trois mille cinq cent douze ans. Le cyprès de Soma, en Lombardie, a été, selon la tradition, planté à la naissance du Christ.
Les orangers, les sapins, les ifs, les tilleuls vivent plusieurs centaines d'années. Le tilleul que l'on voit sur la place publique de Fribourg, en Suisse, date de la bataille de Morat (1476).
En Angleterre, dans le comté de Kent, il y a un if qui remonte au delà de la conquête des Normands, au delà du règne de Canut, au delà des premières légendes britanniques.
Ces vieux arbres n'apparaîtront que comme des adolescents, si l'on songe aux antiques monuments de la végétation :
Dans le cimetière de Santa Maria de Tecla, au Mexique, le cyprès auquel M. deCandolle attribue l'âge de six mille ans : l'âge du monde ;
i02 A TRAVERS LES TROPIQUES.
Dans la Tasmanie. au pied du mont Wellington, le colossal eucalyptus qui a, dit-on, le même âge ;
Dans un jardin de l'île de Ténériffe, les restes d'un dragonnier qui, selon M. de Humboldt, aurait vécu dix mille ans.
L'un des arbres les plus étonnants par leur vétusté et par leur développement est le baobab, auquel on a donné le nom (ÏAdansoniaj en mémoire d'Adanson, l'illustre naturaliste qui le premier l'a décrit.
C'est au Sénégal que le baobab apparaît dans toute sa beauté. Il ne s'élève pas très haut, mais sa tige est prodigieuse. Sur les bords de la Gambie, M. de Golberg en a vu plusieurs qui n'avaient pas moins de trente à trente-quatre pieds de diamètre. De ce tronc colossal sortent quatre ou cinq énormes branches qui s'étendent horizontalement sur une telle longueur que, dans leur ensemble, elles forment une voûte de plus de trois cents pieds de circonférence.
Pour arriver à de telles dimensions, le baobab doit vivre des milliers d'années. Les nègres le vénèrent et le bénissent. Pour eux c'est un arbre providentiel. Ils se nourrissent de ses fruits, et en vendent une grande partie; ses feuilles, séchées et réduites en poudre, atténuent la transpiration et calment la fièvre ; son écorce leur sert de savon. Son tronc spongieux se creuse aisément, et se remplit d'eau dans la saison des pluies. C'est un