‹ áA mes prãetres (volume 3)Chapitre 1 sur 114 · áA mes prãetres · texte numérisé non relu

áA mes prãetres

Gratia Domini nostri Jesu Christi et caritas Dei, et communicatio Sancti Spiritus sit cum omnibus vobis.

(II Cor., xin, 13).

Bien chers collaborateurs,

C'est à vous, mes prêtres, que je me permets d'offrir ces pages, c'est pour vous que je les ai écrites. Vous voudrez bien les agréer au moins comme un témoignage de mon affectueux attachement à vos personnes et de ma profonde vénération pour votre ministère sacré.

Que ce modeste volume aille dans ces presbytères où j'ai toujours été reçu avec une si cordiale hospitalité et d'où j'ai remporté une réelle admiration pour tant de mérites cachés.

N'y eût-il dans ces pages qu'un mot qui fît naître une bonne pensée, qu'une ligne qui excitât un bon sentiment chez l'un d'entre vous, je serais payé au centuple pour les heures que j'ai passées à réunir ces conseils que je voulais d'abord m'appliquer à moi-même et que je croyais pouvoir vous être utiles.

Ce livre, je le sais, vous allez le lire ; car il vient de votre archevêque que vous enveloppez de votre respect et que vous réjouissez par votre vie vraiment sacerdotale. Il vous apprendra peut-être quelques vérités que vous ne saviez pas ; il vous en rappellera d'autres que vous aviez oubliées ; il attirera votre attention sur un grand nombre qui doivent être souvent l'objet de vos méditations ; il mettra sous vos yeux quelques-uns de vos principaux devoirs et, grâce à Dieu, vous êtes de ces prê-

très qui trouvent dans leur âme assez de générosité pour les aimer et assez de force pour les accomplir.

De bons prêtres, tous vous voulez l'être ; tous, vous Têtes, je le sais, et c'est pour cela que, voulant vous être agréable, en vous aidant à plaire de plus en plus à Dieu, je vous envoyais, l'an dernier, ces pages dans lesquelles je vous rappelais toutes les qualités que vous devez travailler à acquérir, si vous voulez avoir sur les fidèles confiés à vos soins l'influence que vous devez exercer sur eux. C'est pour cela que, cette année, je veux vous rappeler ces règles pratiques faites par l'Église pour la bonne administration des sacrements.

Le prêtre donne la vie chrétienne par le Baptême et il rend ses semblables membres de Jésus-Christ par la sainte communion ; il dispense le pardon en leur faveur par le sacrement de Pénitence ; il sanctifie l'union, source de la famille, par le Mariage ; il soulage les malades par les onctions sacramentelles. Les grands événements de la vie humaine, le prêtre les prépare ou les bénit.

C'est pour vous aider à mieux remplir ces devoirs sublimes que j'ai écrit ces pages que je me permets de vous offrir. Inspirez-vous des pensées qu'elles renferment et vous travaillerez encore avec plus d'ardeur à ce que Notre-Seigneur soit connu, aimé, servi comme il le mérite, dans vos paroisses, à ce que l'Église, qui est l'épouse de Jésus-Christ qui l'a engendrée dans ses douleurs et dans son sang, soit entourée de tout le respect qu'elle mérite dans notre archidiocèse, à ce qu'elle ouvre tous les jours son sein plus large à de nouveaux enfants.

Lisez souvent les pages dans lesquelles il s'agit de la sainte Eucharistie et vous aurez encore plus à cœur de prendre tous les moyens possibles pour que le Très-Saint-Sacrement soit de plus en plus aimé des fidèles, pour que ceux-ci lui fassent tous les jours dans leurs cœurs une place plus enviable, pour que la tiédeur des âmes disparaisse devant cet amour toujours brûlant, comme la terre, glacée en hiver, se réchauffe sous les ardeurs du soleil d'été ; pour que les communions fréquentes se multiplient, pour que de nombreux fidèles se pressent souvent autour

de la sainte Table et réjouissent ainsi Jésus par leur amour et par leur générosité.

Prenez tous les moyens possibles pour garder bons, pieux, les fidèles confiée à vos soins afin que, les ayant préservés icibas de toute corruption, vous puissiez les présenter un jour au souverain Juge et lui redire avec assurance les paroles adressées par lui à son Père, au terme de sa vie mortelle : Quos dedisti mihi, custodivi et nemo ex eis periit.

Prenez tous les moyens possibles pour être de vrais saints prêtres. Dans un siècle comme le nôtre, dans un diocèse comme le nôtre, où les catholiques sont peu nombreux et toujours en contact avec des gens qui ne partagent pas leurs croyances, qui n'ont d'autre idéal que les biens de ce monde, il ne suffit pas d'avoir des prêtres qui ne donnent aucun scandale et s'acquittent de leurs fonctions avec exactitude et dignité ; il faut de toute nécessité des prêtres d'une vertu émrnente, des hommes apostoliques dans toute la force du mot, des prêtres ayant au cœur la flamme du zèle avec la volonté énergique de se dépenser généreusement pour le salut des âmes.

En retour du bien que je vous veux, plus que jamais priefe pour moi ; surtout chaque matin, au saint Sacrifice de la messe, demandez à Dieu de faire son œuvre par moi, puisqu'il le veut, mais de la faire pour moi et réalisez à mon profit ce vœu qu'exprime dans un de ses derniers chapitres l'humble auteur de l'Imitation : Quicumque rêver enter et dévote altissimum hoc sacramentum célébrant, met pauperis recordari dignentur et pro me peccatore suppliciter exorent. (Imit., iv, 17).

t Olivier-Elzéar,

Archevêque de Regina.

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