‹ áA mes prãetres (volume 3)Chapitre 44 sur 114 · DES LIEUX OU L'ON PEUT CELEBRER · texte numérisé non relu

DES LIEUX OU L'ON PEUT CELEBRER

On peut célébrer clans toutes les églises, dans les oratoires publics ou semi-publics qui ont été consacrés ou bénis par l'évêque ou ses délégués.

Par décret du 22 mars 1915, tous les évêques du monde catholique sont autorisés à accorder à leurs prêtres, quand ils au-

ront (1rs motifs justes et raisonnables, le pouvoir de célébrer per modum adus transeuntis, la sainte messe dans un domicile privé, quel que soit le jour, non pas toutefois dans une chambre à coucher, niais dans un local convenable, en observant d'ailleurs ce qui est prescrit par le droit.

Dans le cas de nécessité, il est permis de dresser un autel en plein air, pourvu que l'emplacement soit décent et convenable.

On ne peut célébrer la messa dans un temple d'hérétique ou de schismatique.

Il n'est pas permis de dire la messe dans une église ou une chapelle qui a perdu sa consécration ou sa bénédiction.

Une église perd sa consécration quand elle est exécrée, ce qui arrive quand elle tombe en ruines en son entier ou dans sa plus grande partie ; quand on l'agrandit en largeur, hauteur ou grandeur, et que l'agrandissement est plus considérable ou aussi considérable que ce qui existait précédemment.

Une église cesse d'être propre à la célébration des saints mystères quand elle est polluée, ce qui arrive par l'homicide volontaire, criminel et commis dans l'intérieur de l'église, par l'effusion du sang humain provenant d'un acte mortellement coupable, par l'incontinence volontaire provenant sive ex copula camali sive non, provenant même ex actu conjugali.

Un prêtre étranger doit être autorisé à dire la messe dans l'église d'une paroisse, pourvu qu'il ait des lettres de recommandation de son Ordinaire, ou de son supérieur s'il est religieux.

Il peut aussi recevoir cette autorisation sans ces lettres, s'il est bien connu du curé ; sinon, il pourra être autorisé à célébrer une ou deux fois, pourvu qu'il donne par écrit son nom, son office, son diocèse et qu'il n'y ait rien qui puisse faire soupçonner qu'il est indigne de cette faveur.

Le prêtre veillera à la parfaite propreté, à l'hygiène et à l'ordre dans son église, si pauvre soit-elle ; il veillera tout

spécialement à tout ce qui sert d'une manière plus directe au culte : autel, vases sacrés, ornements, etc.

Pour les offices, il choisira l'heure la plus convenable à la généralité de ses paroissiens et il sera toujours d'une rigide exactitude à les commencer à l'heure fixée, sans les avancer ni les retarder en considération de qui ou de quoi que ce soit.

Il faut pour célébrer, un autel fixe ou un autel portatif.

L'autel mobile ou portatif est tout petit ; c'est ce que nous appelons généralement la pierre d'autel ; c'est cette pierre que le missionnaire emporte pour célébrer hors des églises dans ses courses apostoliques. La table qui la supporte et dans laquelle elle est encastrée, peut être alors de n'importe quelle matière ; ce n'est pas l'autel, bien que nous lui donnions improprement ce nom.

L'autel mobile se compose donc, pour parler comme tout le monde, de deux parties : la pierre sacrée proprement dite qui s'enlève à volonté, et le corps de l'autel, la table, le meuble, qui peut être parfaitement rivé au sol ou à la muraille de l'église. Le qualificatif tombe sur la pierre sacrée et non pas sur ce meuble. La plupart des autels sont des autels mobiles.

L'autel fixe, au contraire, est tout d'une pièce, en pierre nécessairement ; il n'y a pas une table d'autel et puis une pierre sacrée ; c'est la table même tout d'un bloc qui est la pierre sacrée. Elle est assise sur un massif de même matière avec lequel elle forme un même tout consacré et fixe.

Les autels fixes sont consacrés sur place évidemment par l'évêque et ordinairement en même temps que l'église, mais par une cérémonie particulière.

Quant aux autels mobiles, aux pierres d'autel, l'évêque les consacre n'importe où, en grand nombre, et ils trouvent leur emploi à mesure que le besoin des églises se fait sentir.

Tout autel doit être muni de reliques de saints martyrs qui sont incrustées dans la pierre, laquelle est scellée du sceau de l'évêque. Ces reliques sont déposées dans une petite cavité qui s'appelle le tombeau, creusée dans la pierre et scellée, de sorte que l'on peut dire que l'autel est toujours une tombe de martyrs. Quand le prêtre célèbre la messe sur ces ossements, de l'autel partent deux voix : Jésus-Christ, voix du ciel, dit à la terre jusqu'où peut aller l'amour d'un Dieu, et les martyrs, voix de la terre, disent au ciel jusqu'où peut aller l'amour de l'homme.

Il n'est jamais permis de célébrer sur un autel portatif ou fixe non consacré et dépourvu de reliques authentiques.

Il est interdit de faire du dessous de l'autel une armoire, ou d'y pratiquer une ouverture pour y loger quoi que ce soit.

La table de l'autel portatif doit être d'une seule pierre avec cinq croix tracées au ciseau, l'une au milieu et les autres à chacun des angles.

L'autel fixe perd sa consécration ; a) quand la table a été séparée du corps de l'autel ; b) quand les reliques ont été enlevées ; c) quand la table ou la partie consacrée a subi une f racture notable ; d) quand le sépulcre des reliques est brisé. Il ne perd pas sa consécration quand on le déplace et qu'on le transporte tout d'une pièce.

L'autel portatif doit être de pierre, mais la table dans laquelle la pierre sacrée est insérée peut être en bois, en métal, ou en argent, etc.

L'autel portatif perd sa consécration : a) par une fracture considérable, par exemple, si la partie restante ne pouvait plus contenir le calice et l'hostie, ou si une des cinq croix avait été

enlevée ; b) par la rupture de la pierre qui ferme le tombeau. Si le sceau de l'évêque seul a été brisé, il n'y a qu'à le faire remplacer.

L'autel privilégié est celui auquel tout prêtre peut gagner une indulgence plénière applicable à l'âme du défunt pour lequel il célèbre ; ou bien s'il célèbre pour plusieurs, à l'âme de celui qu'il veut déterminer en particulier. Pour gagner cette indulgence, le prêtre doit célébrer la messe des morts les jours où les messes Requiem sont permises, à moins que les rubriques n'empêchent d'agir ainsi, comme, par exemple, un jour d'adoration.

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