QUELQUES RÈGLES PRATIQUES
Voici quelques règles qu'il faut retenir et mettre en pratique :
Comme l'indique la prière que le prêtre récite en le prenant, l'amict doit, avant d'être mis sur les épaules, être posé sur la tête ; on le croise en mettant le côté droit par-dessus et sans trop serrer les cordons, ce qui l'empêcherait de demeurer croisé. On doit le baiser au milieu, parce que la croix doit s'y trouver, et non aux extrémités.
En se vêtant de l'aube, il ne faut pas mettre les deux manches à la fois, mais d'abord la manche droite. Puis, si l'aube est trop longue, il faut l'adapter d'une manière convenable et ne pas la laisser traîner.
En croisant l'étole, on doit mettre le côté gauche par-dessous et il ne faut pas qu'on la laisse pendre plus bas d'un côté que de l'autre. Elle ne doit pas être re jetée en arrière sur les épaules mais placée sur le cou.
Il faut avoir soin de soutenir la chasuble un peu fortement
en l'attachant avec 1rs cordons ; autrement elle retombera par derrière d'une manière disgracieuse, et par devant, ne couvrira
pas les extrémités de l'étole.
A la sacristie, en revêtant les insignes de sa glorieuse mais effrayante dignité, le prêtre ne parlera jamais inutilement ni prêtera l'oreille à des conversations déplacées. Il sera trop préoccupé de la divine action qu'il est sur le point de commencer.
Étant habillé, il saluera la croix, l'image du Rédempteur mourant, dont il apportera le souvenir à l'autel. Puisse-t-il l'avoir constamment présent à l'esprit, pendant qu'il célébrera la mémoire d'un mystère dans lequel le Fils de Dieu nous montre un si prodigieux amour.
En se rendant à l'autel, il doit se souvenir qu'en ce moment solennel, tout son extérieur doit exprimer les sentiments de religion profonde dont il est pénétré et éviter par conséquent tout ce qui pourrait dénoter la légèreté ou la curiosité : Oculis dcmissis, incessu gravi, erecto corpore, disent les rubriques.
Quand la sacristie est située derrière l'autel, le prêtre entre à l'église du côté de l'évangile et revient à la sacristie par le côté de l'épître.
Avant la messe basse, le prêtre ne doit jamais porter ou faire porter son calice sur l'autel. Avant la messe chantée, il peut l'y porter.
S'il passe entre l'élévation et la communion devant un autel où l'on dit la messe, il doit faire la génuflexion d'un seul genou sans se découvrir. Si, en arrivant à l'autel, il s'aperçoit qu'on s'est trompé sur la couleur des ornements, il faut retourner à la sacristie.
Le prêtre doit mettre la bourse sui l'autel et non pas laisser tomber le corporal sur l'autel, en tenant la bourse dans ses mains ; le corporal doit être étendu tout entier tout de suite.
Avant de descendre au bas des degrés, il ne faut pas s'arrêter au milieu de l'autel comme pour y faire une méditation.
Quand on donne la sainte communion en ornements noirs immédiatement avant ou après une messe Requiem, on omet la bénédiction finale.
En disant le psaume Judica me, le prêtre doit laisser au servant le temps de répondre avant de commencer un autre verset.
Il doit baiser l'autel au milieu de sa longueur sans se tourner obliquement.
Il doit avoir soin de ne pas quitter le côté de l'épître sans avoir achevé V Introït; de ne pas commencer le Kyrie eleison avant d'être arrivé au milieu de l'autel et de laisser au servant le temps d'y répondre convenablement.
A la fin des oraisons, le prêtre joint les mains en disant r Per Dominum, et incline la tête vers la croix en disant : Jesum Christum.
En lisant l'épître, les mains du prêtre doivent toucher le livre et non l'autel. Si, dans l'épître, se rencontre le nom de Jésus, le prêtre fait une inclination vers la croix ; aux noms de la sainte Vierge ou des saints, on s'incline vers le livre, excepté si leur statue est au-dessus de l'autel.
Au Munda cor meum, il ne faut pas appuyer les mains sur l'autel mais les tenir en dehors.
En faisant le signe de croix sur l'évangile, il faut poser la main gauche sur le livre ; en se signant le front, la bouche et la poitrine, la main gauche doit se tenir sur la chasuble.
L'évangile se récite toujours les mains jointes et toutes les inclinations se font vers le livre. Après la lecture de l'évangile, le prêtre soulève le livre et baise la croix qui se trouve dans le missel avant Sequentia ou Initium.
Lorsque le prêtre omet quelque chose des rubriques de la première partie de la messe, comme de dire le Gloria in excelsis, le Credo, ou la commémoration d'un saint, dont on fait mémoire à l'offic3 et qu'il s'en souvient pendant la messe, il doit continuer
sans rien répéter ; quant à la commémoration oubliée, il en dira la secrète et la post-communion.
A l'offertoire, il faut éviter d'élever le calice et la patène trop haut el de placer l'hostie trop près du calice.
Il n'est pas permis de réciter à haute voix toutes la formule de Y Or aie fratrvs. Seuls les deux premiers mots sont dits à voix médiocre ou moyenne.
Après le Sanctus, le prêtre doit s'incliner profondément, appuyer les mains sur l'autel et alors seulement commencer à dire : Te igitur.
La mesure des signes de croix dépend de la grandeur de l'objet qu'on bénit. Ainsi pour bénir le calice et l'hostie ensemble, il faut conduire la ligne droite du milieu de la pale au milieu de l'hostie, ramener ensuite la main jusqu'à la pale et tirer la ligne transversale le long du bord de celle-ci. Pour bénir le calice seul, la croix doit se faire tout entière sur la pale et ne pas dépasser la grandeur de celle-ci. Pour bénir l'hostie seule, on abaisse la main jusqu'à la hauteur du nœud du calice et on fait sur l'hostie un signe de croix de la grandeur de la pale.
Il faut éviter de prononcer les paroles de la consécration avec effort et avec affectation, et ne jamais tenir la bouche au-dessus de la coupe, en consacrant le vin.
A YAgnus Dei, c'est à nobis et non à Agnus, que l'on doit se frapper la poitrine.
A Domine non sum dignus, il faut faire attention que ces quatre mots seulement se prononcent à voix médiocre.
Le célébrant lui-même doit consommer les saintes Espèces. Il ne peut donner la communion avec une parcelle de l'hostie, excepté dans les deux cas suivants : pour administrer un mourant ou pour communier un prêtre qui n'a pu achever sa messe,
Si, pendant le canon un prêtre rapporte le ciboire à l' autel , le célébrant n'interrompt pas la messe et ne s'agenouille pas. Il se retire un peu du côté de l'évangile. Si c'est en dehors du
canon, le célébrant s'agenouille à deux genoux, à l'endroit où il se trouve. S'il se trouvait au milieu de l'autel, il se retirerait du côté de l'épître.
Il ne faut pas s'essuyer les lèvres avec le purificatoire après avoir pris le précieux Sang.
Il faut éviter avec soin de mélanger les hosties nouvellement consacrées avec celles qui ont été consacrées antérieurement et le ciboire doit être purifié chaque fois que l'on renouvelle les saintes Espèces.
Evidemment on doit purifier avec soin le calice mais il ne faut pas le frotter trop fortement. On attendra aussi qu'il soit recouvert de son voile, avant de le replacer au milieu de l'autel.
Quand on plie le corporal, après la communion, on doit plier d'abord la partie antérieure, celle où la sainte Hostie a été déposée après la consécration, et ensuite on met par-dessus la partie postérieure. De cette manière les parcelles qui seraient restées sur le corporal, ne sont pas exposées à être perdues.
Il n'est évidemment pas permis de supprimer habituellement l'action de grâces pour confesser tous les matins immédiatement après la messe. Dans un cas exceptionnel on ferait une courte action de grâces qui serait reprise après les confessions entendues.
Le prêtre doit tenir à faire cette action de grâces ; la foi doit lui montrer alors le trésor qu'il possède, son crédit sur un Sauveur qui s'est donné à lui sans réserve ; il mettra donc à profit des moments qui valent toute une vie et son ardente reconnaissance attirera sur lui, sur son peuple, sur tous les fidèles, abondante bénédiction.
Par un décret de la Sacrée Congrégation du Saint-Office, du 29 août 1912, N. S. Père le Pape Pie X, accorde la rémission des imperfections et des fautes commises par fragilité durant le saint Sacrifice aux prêtres qui, après la célébration des saints mystères, récitent avec dévotion et, à moins d'empêchements, à genoux, la prière : Obsecro te, dulcissime Domine, etc.
Moïse descendait du Sinaï la face étincelante ; que le prêtre descende du Sinaï eucharistique le cœur brûlant ; que les fidèles voient sur sa figure le recueillement profond, cette joie paisible qui doivent accompagner et suivre un si grand acte.
Un grand évêque disait un jour à ses prêtres : " Nous ne craignons pas d'affirmer que le prêtre qui s'efforce d'offrir le saint Sacrifice de la messe chaque jour saintement et avec perfection, ne t'ait défaut en rien, accomplit parfaitement toutes ses obligations, pourvoit très efficacement au salut des âmes qui lui sont confiées et promptement s'élèvera à une entière sainteté. Si, de par la faiblesse humaine, il est nécessaire que notre attention se concentre sur un seul objet parce que, en se divisant, sur plusieurs, elle se diminue à l'égard de chacun d'eux, nous n'hésitons pas à affirmer que le prêtre attentif au seul point de célébrer, portera à tous ses devoirs et à chacun d'eux un plus grand soin, une grâce plus grande. Nous ne demandons que cela à nos prêtres. Cela nous suffit. " (Mgr Waffelaert, évêque de Bruges).
Que l'esprit de vraie piété vous accompagne donc encore quand vous n'êtes plus à l'autel ; que votre tenue à l'église en soit toujours empreinte ; qu'on le retrouve dans votre signe de croix tracé dignement quand vous entrez chez le bon Dieu, dans votre génuflexion faite posément, non pas à la hâte et de travers comme pour vous débarrasser d'une formalité, dans votre pose toujours ferme et respectueuse, que vous soyez à genoux ou assis, jamais abandonnée et nonchalante. Vous verrez alors une bonne partie de la paroisse reproduire peu à peu l'exemplaire vivant qu'elle a sous les yeux.
DÉFAUTS QUI SE RENCONTRENT LE PLUS SOUVENT DANS LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE
S'il est une action dont il faille s'acquitter avec soin, c'est pans contredit le saint Sacrifice de la messe. Il faut donc que
le prêtre connaisse le cérémonial et revoie de temps en temps les règles qu'il sera porté à mettre de côté, sans s'en apercevoir.
Il est incroyable combien il est facile de contracter de tristes habitudes à ce sujet. L'on voit de saints prêtres qui disent la messe avec une vraie piété et qui ne sont pas sans reproche sous ce rapport. Il est donc utile de signaler quelques-uns des défauts pour les éviter :
1. — C'est un défaut de monter à l'autel sans aucune préparation.
2. — C'est un défaut, avant la messe, de ne pas se laver les mains, en récitant la prière prescrite, à la fontaine ou à l'aiguière qui doit se trouver dans la sacristie.
3. — C'est un défaut de parler en s'habillant au lieu de réciter pieusement les prières commandées.
4. — C'est un défaut de placer sur le calice, en se rendant à l'autel ou en en revenant, la clef du tabernacle, la custode ou tout autre objet.
5. — C'est un défaut de tenir le calice seulement de la main gauche pour balancer négligemment la main droite qui doit être posée sur le calice afin de prévenir tout accident.
6. — C'est un défaut de baisser tellement le calice en marchant qu'il repose à niveau et même au-dessous de la ceinture du prêtre.