DU SERVANT DE MESSE
A moins d'une dispense ou d'un cas où il y a nécessité de célébrer, il y a une faute grave à dire la messe seul. Une moindre nécessité est requise pour célébrer avec un servant ne sachant pas répondre. A défaut d'un servant, on peut permettre à une femme, surtout à une religieuse, de répondre de sa place en dehors du sanctuaire et le prêtre remplit alors toutes les autres fonctions du servant.
Si la messe commencée, et surtout après l'offertoire, le servant s'en va et qu'on ne puisse en avoir un autre, on peut continuer la messe sans servant.
Lorsque le servant répond mal, le célébrant n'est pas obligé de répéter ce qui aurait dû être dit par le servant, si cela doit troubler le prêtre ou l'assistance. Il vaut mieux dans tous les cas célébrer avec quelqu'un qui ne sait pas répondre que de célébrer sans servant.
Le prêtre doit faire comprendre au servant de messe comme elle est digne et relevée cette foncttion qu'il fait en coopérant avec le prêtre à l'oblation de ce grand et admirable sacrifice.
Si c'est un office des plus admirables dans le palais des princes que de servir, à leur table, combien c'est une grande chose de servir à la Table céleste et au saint autel du Roi des rois, et combien on doit s'étudier à n'omettre aucune des dispositions et cérémonies qu'il faut y observer.
Le servant, durant la messe, est au milieu d'une grande troupe d'anges qui environnent l'autel de tous côtés et qui s'estiment trop heureux de regarder avec un profond respect et adorer avec tremblement les mystères redoutables auxquels le servant participe d'une façon toute particulière.
Si Notre-Seigneur était sur le calvaire, s'y offrant en sacrifice comme il l'a fait autrefois et que le servant de messe eût le bonheur de se trouver au pied de sa croix avec sa sainte Mère et saint Jean, avec quel respect et quelle dévotion il assisterait à cet événement ! Or, le même Jésus qui était autrefois sur la croix est sur l'autel où la messe se célébra, offrant à son Père le même sacrifice qu'il lui a offert sur le calvaire. Avec quelle ferveur et quelle sainteté doit-il donc assister et servir à un mystère si admirable !
Le prêtre choisira ses enfants de chœur afin d'en tirer bon parti pour la beauté et l'intérêt des solennités liturgiques dont ils sont souvent à peu près l'unique ressource. Il exigera qu'ils soient proprement vêtus quand ils servent au saint autel ; il aura la patience de les exercer à une certaine dextérité dans l'exécution des cérémonies.
Il donnera aussi au chant religieux toute l'importance qu'il mérite et le regardera comme l'auxiliaire obligé du culte public, l'âme et la vie des solennités catholiques.