EXPOSITION DU SAINT-SACREMENT
Il y a l'exposition simple qui consiste à avancer sur le bord du tabernacle le ciboire couvert de son pavillon. Il ne faut pas sortir le ciboire du tabernacle pour le placer voilé sur l'autel, mais il faut ouvrir le tabernacle et laisser voir au peuple le saint ciboire fermé et recouvert du voile blanc. Pour cette exposition qui est autorisée pour un simple motif privé, il n'est pas nécessaire d'obtenir la permission de l'Ordinaire. On doit toutefois, même pour cette exposition, allumer six cierges pendant que Ton fait les prières liturgiques ; et le prêtre assistant, revêtu du surplis et de l'étole, peut bénir le peuple avec le ciboire qu'on recouvre des extrémités de l'écharpe.
Il n'est jamais permis d'exposer le ciboire à la place de l'ostensoir sur le trône du tabernacle.
Il est toujours licite, avec une cause raisonnable, de faire une exposition privée en faveur d'un certain nombre d'adorateurs, mais le prêtre n'a pas le droit d'ouvrir le tabernacle pour lui seul.
Pour l'exposition simple, l'encensement n'est pas requis ; il est même plus conforme à la pratique de l'église de s'en abstenir.
Au contraire, lorsque le Saint-Sacrement est exposé dans l'ostensoir, il faut toujours deux encensements, l'un immédiatement après l'exposition et l'autre à Genitori ; ce sont les seuls alors que le Saint-Sacrement resterait exposé toute la journée. On ne bénit pas l'encens.
Lorsque la bénédiction avec le ciboire est donnée après la messe, le célébrant conserve la chasuble, à moins qu'elle ne soit noire. Il n'est pas défendu de prendre la chape qui est toujours requise pour la bénédiction donnée avec l'ostensoir.
Il y a l'Exposition solennelle qui consiste à extraire du taber-
nacle le Saint-Sacrement pour l'exposer à découvert à la vénération du public. Pour cette exposition, à part les six cierges sur l'autel, il faut qu'il y ait sans interruption un certain nombre d'adorateurs. L'exposition solennelle ne peut se faire sans permission préalable de l'évêque et ceci regarde toutes les églises, tant celles des réguliers que celles des séculiers.
L'absence exceptionnelle d'un servant n'est pas un motif suffisant pour omettre une bénédiction du Saint-Sacrement ; il suffit que le prêtre ait à sa portée l'encens, l'encensoir et le voile humerai.
Si on oublie de consacrer une grande hostie, on peut en placer une petite dans la custode, mais il ne faudrait pas pour dissimuler l'oubli ajouter une grande hostie non consacrée.
On ne doit pas exposer le Saint-Sacrement en présence d'un catafalque.
Pendant l'exposition, il n'est pas défendu d'avoir des reliques exposés sur un autre autel, mais on doit s'abstenir de les faire vénérer aux fidèles et de donner la bénédiction avec elles.
Dans une procession, on ne doit porter ni reliques, ni statues, quelque soit la coutume contraire.
Le voile placé devant le Saint -Sacrement pendant que l'on prêche est obligatoire.
On doit s'abstenir de sonner la cloche dans une église où a lieu l'exposition.
On peut réciter devant le Saint-Sacrement exposé des prières en langue vulgaire, pourvu qu'elles soient approuvées par l'Ordinaire et qu'elles ne soient pas placées entre l'oraison et la bénédiction.
Les chants en langue vulgaire sont également permis, à la condition qu'il ne s'agisse pas d'un chant liturgique.
Pendant les prières chantées au Salut, l'officiant et ses mi-
nistres doivent rester à genoux, excepté pendant le chant du Te Deum.
Quand on chante le Te Deum, on le fait toujours immédiatement avant le Tantum ergo, et l'oraison pro gratiarum actione se joint à colle du Saint-Sacrement. Toutes les prières et les chants doivent précéder le Tantum ergo.
S'il n'y a pas diacre et sous-diacre, la chape n'est pas exigée ; elle est cependant plus convenable.
Si la bénédiction suit immédiatement les vêpres, la chape est de la couleur de l'office, sinon elle doit être blanche, mais jamais noire.
On peut, excepté pendant l'octave du Saint-Sacrement, joindre des oraisons à celle du Saint-Sacrement Deus qui nobis ; mais on ne doit pas, après le verset Panem de cœlo chanter d'autres versets avant l'oraison, pas même Dominus vobiscum. Alors la dernière oraison doit toujours se terminer par la petite conclusion qui lui est propre.
Toutes le6 oraisons doivent être chantées sur une seule note, avec la petite conclusion finale en fa, ré.
On ne doit jamais ajouter Alléluia pendant le temps pascal aux antiennes et aux versets qui ont le caractère de la prière ou de la supplication, comme les versets Or a pro nobis, Emitte Spiritum ; Benedicamus Patrem ; mais il faut l'ajouter au verset Panem de cœlo pendant l'octave de la fête du Saint- Sacrement et durant le Temps Pascal.
Le chant des deux strophes Tantum ergo et Genitori, le verset Panem de cœlo et l'oraison Deus qui nobis, doivent toujours se suivre immédiatement. S'il faut réciter une prière ou une amende honorable, on peut le faire avant le Tantum ergo ou ce qui est moins régulier, après la bénédiction du Saint-Sacrement.
La bénédiction donnée avec le Saint-Sacrement comporte les actes suivants :
1. — Le célébrant, tourné vers l'autel, prend l'ostenso'r des
deux mains recouvertes des extrémités du voile humerai, la main droite au nœud, la main gauche au pied.
2. — Tournant sur la droite, il se place en face de l'assistance, tenant l'ostensoir élevé, les mains à la hauteur de la poitrine.
3. — Ainsi placé au milieu de l'autel, il élève avec une décente lenteur l'ostensoir, en portant ses mains jusqu'à la hauteur des yeux.
4. — Après quoi, i! l'abaisse jusqu'à ce que ses mains descendent au-dessous de la poitrine.
5. — Il le ramène ensuite à la hauteur de la poitrine puis le porte à gauche jusqu'à l'épaule et de même ensuite à droite.
6. — Le replaçant une fois de plus au milieu, il s'arrête un moment puis achève le tour sur la droite, se retourne ainsi vers l'autel et dépose l'ostensoir.
Avant que le Saint-Sacrement soit remis dans le tabernacle, il faut réciter les prières : " Dieu soit béni " qui ont été indulgenciées.
7. — La Sacrée Congrégation des Rites et des Indulgences a accordé une indulgence de sept ans et de sept quarantaines à ceux qui adressent à la sainte Hostie — présentée à l'adoration des fidèles, dans les mains du prêtre, à l'élévation, de la messe ou exposée sur l'autel, comme elle l'est dans l'ostensoir à l'occasion d'un salut — l'invocation : "Dominus meus et Deus meus : Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu. "
De plus elle a accordé une indulgence plénière par semaine à ceux qui auront religieusement exprimé cette invocation au moins une fois chacun des jours de la semaine.