‹ áA mes prãetres (volume 3)Chapitre 81 sur 114 · Le prêtre doit être revêtu du surplis et de l'étole · texte numérisé non relu

Le prêtre doit être revêtu du surplis et de l'étole

6. — En entrant dans la chambre du malade, il dit : Fax huic domui ; il met les saintes huiles sur la table ; il prend le crucifix et le fait baiser au malade ; puis il jette de l'eau bénite sur celui-ci et sur les assistants, en faisant le signe de la croix et en disant : Asperges me. . .

7. — Après l'aspersion, le prêtre debout à côté du lit du malade récite le verset : Adjutorium nostrum, etc., les trois touchantes oraisons : Introeat. . . Oremus et deprecamur . . . Exaudi nos. . . Seigneur, dit le prêtre en premier lieu, qu'avec mon humble personne entrent dans cette demeure la félicité éternelle, la prospérité selon Dieu, la joie pleine de calme, la charité qui porte des fruits abondants, la santé à toute épreuve ! Que les démons s'en éloignent ; que les anges, messagers de paix, s'en approchent et en chassent toute maligne discorde.

Faites resplendir au-dessus de moi la grandeur de votre auguste nom, bénissez mes paroles et sanctifiez cette visite de votre humble serviteur, Vous qui êtes saint, qui êtes miséricordieux et qui vivez avec le^ Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

Après ces prières, le malade ou un des assistants récite le Confiteor, et le prêtre dit le Misereatur tut avec Indulgentiam, au singulier.

8. — Après le Confiteor, le prêtre, ayant invité les assistants à prier pour le malade, dit une oraison, puis prend le petit vase des saintes huiles, l'ouvre, le tient dans la main gauche et tandis que le servant tient d'une main le cierge allumé et de l'autre le plateau avec les boules de coton, il fait les onctions, disant à chacune la forme respective. Per istam sanctam unctio-

mm (1 sua m piissittuun misericordiam, i?idulgeat tibi Dominus quidquid per. . . deliquisti. Amen.

L°sur les yeux, les paupières fermées; 2° sur les oreilles, sur les lobes (ayant soin ici d'essuyer l'oreille droite avant d'oindre l'oreille gauche) ; 3° aux narrines, sur chaque narine ; 4° sur la bouche, les lèvres fermées ou sur une seule si le ma huit1 oe peut pas les fermer ; 5° aux mains, sur la paume et, pour 1rs prêtres, sur le revers de la main, à l'extérieur ; ()° aux pieds, sur le haut de chaque pied.

Si le servant était dans les Ordres sacrés, ce serait à lui à essuyer les onctions.

Lorsqu'on fait les onctions sur les organes ou sur les membres doubles, ou commence par l'organe ouïe membre droit. On ne dit qu'une fois la formule et on ne la termine qu'en achevant L'onction sur le second organe ou le second membre.

Si le malade a perdu un des membres sur lesquels doit se fane Fonction, on la fait sur la partie du corps la plus voisine de oe membre, à moins que la décence ou la maladie n'y mettent obstacle et, dans ce cas, on l'omet complètement.

Les onctions se font avec le pouce de la main droite qu'on trempe dans l'huile des infirmes avant chaque onction.

Elles se font toutes en forme de croix afin d'imprimer sur le malade ce signe de la victoire de Jésus-Christ sur les puissances de l'enfer et le gage de son amour pour les hommes.

C'est en s'insinuant par l'un ou par l'autre sens, par l'une ou par l'autre de ces voies que le prince des ténèbres a pu pénétrer jusqu'à l'âme du malade et la souiller. Le prêtre ne suit pas une autre marche : tour à tour, sur les yeux, organe de la vue ; sur les oreilles, organe de l'ouïe ; sur les narines, organe de l'odorat ; sur les lèvres, confins ultimes du palais où siège le goût et du larynx où se produit la voix ; sur les mains, agents principaux du toucher ; sur les pieds, serviteurs trop prompts à porter vers les occasions dangereuses, tour à tour il trace le signe de la Rédemption avec l'huile sainte, en disant chaque

fois : par cette sainte onction et par la très aimante miséricorde du Seigneur, qu'il te pardonne tous les manquements commis par ce sens. Alors de même que l'huile pénètre, adoucit, éclaire, réchauffe et fortifie, la grâce de Jésus s'insinue jusqu'au plus intime de cette âme et la purifie de toute souillure. Saint Jacques l'affirme hautement : Et si in peccatis sit, dimittentur ei.

Fort de cette promesse de l'Apôtre, le prêtre dit à Jésus : " Venez en aide à l'abattement de ce malade ; guérissez ses blessures ; pardonnez-lui ses fautes ; chassez loin de lui toutes les douleurs de l'âme et du corps et daignez lui rendre pleinement la santé intérieure et extérieure, afin que rétabli par votre miséricorde, il revienne à ses occupations habituelles."

Ces onctions, ces prières forment comme une consécration du corps du chrétien ; elle nous indique la raison des encensements que l'on pratique dans les cérémonies funèbres autour du corps du défunt.

On encense ce corps qui a été consacré par le Baptême, par l'onction de la Confirmation, par celles de l'Extrême-Onction, ce corps qui a été le temple de Dieu, où il habita par sa grâce, le tabernacle où le Christ est venu par la communion. Il y a là un objet sacré, la relique sainte d'un chrétien.

C'est le devoir du prêtre d'enseigner à ses fidèles à recevoir l'Extrême-Onction avec les dispositions voulues.

Pendant que le prêtre fait les onctions, le moribond doit demander à Dieu pardon pour les péchés qu'il a commis.

A l'onction sur les yeux, qu'il déteste -tant de regards indiscrets, dangereux, criminels dont il s'est rendu coupable dans le cours de sa vie et qu'il supplie le Seigneur de les lui pardonner.

A l'onction sur les oreilles, qu'il s'humilie au souvenir de tous les mauvais discours qu'il a entendus et qu'il s'unisse à Jésus- Christ qui, pour les expier, a bien voulu entendre les blasphèmes et toutes les horreurs que ses ennemins ont vomis contre lui dans le cours de sa passion.

A l'onction sur le nez, le malade déplorera la sensualité qui l'a porté à la recherche des odeurs agréables et à la fuite de celles qui pouvaient blesser sa délicatesse.

L'onction de la bouche doit lui rappeler tant de péchés qu'il a commis dans ses paroles, tant d'excès de gourmandise dont il B'esl rendu coupable et il en gémira dans l'amertume de son âme.

L'onction de? pieds et des mains le fera souvenir surtout des clous aigus qui ont percé les mains et les pieds de Jésus. Il priera notre divin Sauveur, par ces plaies douloureuses et par tout le san^ qui en est sorti, de lui pardonner toutes les actions criminelles dont sa vie a été souillée.

Après avoir administré ce sacrement, le prêtre remet les saintes huiles dans la bourse et donne quelques avis salutaires au malade. Il ne manquera pas de prévenir les personnes de la maison qu'on l'appelle promptement si le malade devenait plus mal ou entrait en agonie, afin qu'il puisse venir l'aider à bien mourir.

Qu'il voit à ce que l'on éloigne du moribond tout ce qui pourrait être pour lui un sujet de tentation et à ce qu'on place devant lui des images pieuses ; à ce que les personnes qui l'assistent lui fassent faire souvent des actes de foi, d'espérance et de charité, de contrition parfaite, avec l'invocation des noms de Jésus et de Marie ; à ce que ces invocations se fassent à voix haute par ceux qui entourent le malade qui perd ses sens.

Bien que le Rituel n'en parle pas, on peut administrer l'Extrême-Onction à plusieurs malades en même temps et les oraisons qui ne sont pas accompagnées d'onctions peuvent être dites au pluriel ou au singulier, en appliquant à chaque malade ce qui est dit.

On doit donner le saint Viatique avant l' Extrême-Onction et, dans une cérémonie distincte, lorsque le temps et l'état du malade le permettent ; mais si le malade, après s'être confessé, se trouve dans un danger pressant, le prêtre prendra à la fois

la sainte Eucharistie et l'huile des infirmes et, après avoir donné le saint Viatique au malade, il lui fera les onctions.

Le prêtre ne négligera pas de donner aux mourants l'indulgence plénière in articulo mortis. L'Église possède un trésor inestimable qui se compose des satisfactions surabondantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et aussi des mérites de la très sainte Vierge et des Saints ; elle en est la dépositaire et la distributrice. C'est surtout à l'heure de la mort qu'elle est désireuse de nous en faire profiter. Elle accorde à tous les mourants l'indulgence plénière, c'est-à-dire, la rémission totale des dettes qu'ils peuvent avoir contractées vis-à-vis la justice divine, de sorte que celui qui en recevrait l'application entière, après sa réconciliation par le sacrement de Pénitence, serait aussi pur devant Dieu que s'il venait d'être régénéré par un nouveau Baptême.

Pour donner cette indulgence in articulo mortis, il est nécessaire de se servir de la formule composée et prescrite par le Pape Benoît XIV ; elle se trouve dans tous les Rituels romains. Il faut la dire en entier, en commençant par le verset : Adjutorium nostrum, etc., et répétant même le Confiteor, quoiqu'il puisse se faire qu'on l'ait déjà dit deux fois, si l'on donne par exemple cette indulgence immédiatement après le saint Viatique et l'Extrême-Onction.

Si cependant le malade était si près de sa fin que le prêtre n'eût pas le temps de réciter la formule en entier, il pourrait commencer aux paroles : Dominus noster Jésus Christus, etc., ou même, s'il y a urgence, il se contentera de dire : Indulgentiam plenariam et remissionem peccatorum tibi concedo, in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen.

Cette indulgence peut être donnée à tous les agonisants, même à ceux qui ont perdu l'usage de la raison ; car il faut toujours supposer charitablement qu'ils sont dans le désir de la recevoir.

On peut la donner aux enfants qui ont atteint l'usage de la

raison, bien qu'ils n'aient pas encore fait leur première communion.

Il est évident que dans le même danger de mort on ne peut donner qu'un fois l'indulgence in articuh mortis ; mais elle peut être renouvelée lorsque le danger de mort ayant disparu pendant un temps notable, se présente de nouveau.

Quand même un malade aurait reçu l'indulgence en état de péché mortel ou y serait retombé après l'avoir reçu, on ne doit pas la lui réitérer ; mais si le malade n'ayant aucun souvenir d'avoir reçu cette indulgence ni d'avoir fait les actes requis de charité et soumission à la volonté de Dieu, on pourrait, ce me semble, douter sérieusement de la validité de l'application et la renouveler sous condition, afin de suivre le parti le plus sûr pour le moment.

Pour gagner cette indulgence, le malade doit :

1° Avoir l'intention de la gagner.

2° S'être confessé et avoir communié, si cela est possible, ou faire un acte de contrition parfaite.

3° Accepter les souffrances et la mort en expiation des péchés.

4° Invoquer le saint nom de Jésus, sinon de bouche au moins de cœur.

Jusqu'à Pie X, on ne pouvait gagner une indulgence in articuh mortis, que dans une maladie grave ; il en résultait qu'un grand nombre de malades n'y songeant pas, ou n'ayant pas de prêtre pour la leur appliquer, mouraient sans l'avoir gagnée.

Pie X, interprète de la miséricorde divine, a ménagé à chaque fidèle de pouvoir, pendant sa vie et en pleine possession de luimême, s'assurer une indulgence qui lui sera effectivement appliquée in articulo mortis quel que soit le genre de mort qui l'attende.

Pour gagner cette indulgence, il suffit un jour quelconque à son choix, après s'être confessé et avoir communié, de réciter

sincèrement cet acte de conformité à la volonté divine : Domine, Deus meus, jam nunc quodcumque mortis genus, prout tibi placuerit, cum omnibus suis angoribus, pœnis et doloribus, de manu tua œquo ac libenti animo suscipio.

" Seigneur, mon Dieu, dès maintenant, quelqu'en soit le genre et selon qu'il vous plaira, d'un cœur tranquille et soumis, j'accepte de votre main la mort avec toutes ses angoisses, ses peines et ses douleurs. "

Le malade qui s'est ainsi assuré le gain de cette indulgence pendant sa vie pourra encore se la faire appliquer avantageusement à l'aide de la formule de Benoît XIV, lorsqu'il sera en danger de mort ; car bien que l'indulgence in articulo mortis ne puisse être gagnée qu'une seule fois, il y a néanmoins avantage à faire produire au malade les actes auxquels cette faveur est attachée ; ils seront des sources de grâces et augmenteront les chances de bénéficier complètement de l'indulgence.

Quand le malade est entré en agonie, le prêtre répandra souvent sur lui de l'eau bénite ; il fera souvent sur lui le signe de la croix et le bénira en disant : Benedicat te Deus Pater qui te creavit, benedicat te Filius qui te redemit, benedicat te Spiritus Sanctus qui te sanctificavit ; il lui donnera souvent à baiser le crucifix ou l'image de la sainte Vierge ; il lui suggérera quelques sentiments de contrition, de résignation, d'offrande de ses douleurs, de confiance en Notre-Seigneur et en la sainte Vierge ; il lui fera souvent invoquer les saints noms de Jésus et de Marie ; il récitera et fera réciter par les assistants les litanies de la sainte Vierge ; si le malade jouit encore de sa connaissance, il lui donnera plusieurs fois l'absolution, après une courte réconciliation afin de le rendre sûr de l'état de grâce, si ses confessions passées n'avaient pas été bonnes, ou au moins pour augmenter en lui la grâce.

Une fois le malade administré, le curé le visitera plus fréquemment pour le soutenir, le fortifier, par ses pieuses exhortations et même par la réitération des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Il s'efforcera d'être près du moribond à la

dernière heure de Ba vie, pour réciter les belles prières de la " recommandation de l'âme ". Ces prières, d'autres personnes peuvent les réciter, mais pas avec la même autorité et la même efficacité que le prêtre lui-même. Sa voix dira mieux que tout autre le Proficisa re, anima christiana ex hic mundo, Entrez dans votre éternité, in rumine 1)( i Patris omnipotentis quid te creavit ; in nomine Jesu Christi qui pro te passas est ; in nomine Spiritus Sancti qui in te effusus est. Que les anges et les Saints viennent à votre rencontre : subvenite sancti Dei, occurrite angeli Dotai ni ; qu'ils reçoivent votre âme et la présentent à Dieu, suscipientes animam ejus, offerentes eam in conspectu Altissimi. Qu'aujourd'hui même elle trouve son lieu de repos et son éternel séjour dans la sainte Sion: Hodie sit in pace locus tuus et habitatio tua in sancta Sion.

Que tout prêtre se rappelle ces paroles du Cardinal Manning : " Les deux occupations capitales d'un pasteur sont de préparer les enfants aux combats de la vie et les malades aux luttes de la mort . L'école et la chambre des malades sont les deux champs principaux où s'exercent la charité et la ferveur d'un prêtre. "

La chambre du malade î La souffrance est là qui torture le corps ; la mort est là qui violemment va séparer l'âme de son compagnon de route ; et pour peu que le malade ait conservé quelque lucidité d'esprit, la conscience est là avec le souvenir amer des fautes passées, de tant de grâces négligées ou méprisées, avec l'appréhension du jugement de Dieu, avec la terrible perspective de l'éternité ; le démon est là, lui aussi, augmentant le trouble ou cherchant à inspirer une fausse sécurité.

Là aussi doit être le prêtre pour bénir, prier, fortifier, consoler, pour sauver des âmes qui, guéries, pendant que leurs corps succombaient, chanteront la pieuse miséricorde qui les aura poursuivies jusqu'au dernier jour de leur vie terrestre : misericordia tua subsequetur me omnibus diebus vitœ meœ.

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