‹ áA mes prãetresChapitre 35 sur 35 · EXPRESSION DE CES RÉSOLUTIONS · texte numérisé non relu

EXPRESSION DE CES RÉSOLUTIONS

1 . En nous réveillant le matin, tournons notre regard et notre cœur vers notre bonne Mère, en lui disant : Tuiis tokts ego

sum, et omnia mea tua srwt ; je suis tout à vous et tout ce que j'ai est à vous. Mettez dans mon esprit de saintes pensées, dans mon cœur de fervents désirs et disposez-moi à passer saintement la journée.

2. Durant notre méditation, figurons-nous être près de Marie ou représentons-nous-la agenouillée aux pieds de son divin Fils : offrons-lui nos prières unies aux siennes et demandons-lui les dispositions avec lesquelles elle a prié ;

3. Dans la célébration du saint Sacrifice,, que Marie ait sa place comme elle l'avait près de la croix de Jésus. Invoquonsla avant de monter à l'autel ; prions-la de nous y accompagner et célébrons la messe sous son regard. Unissons-nous à elle pour remercier le Seigneur. Quand nous nous sentirons froids, insensibles, demandons-lui de prier pour nous et avec nous, de laisser battre son cœur dans le nôtre, et Jésus ne pourra résister aux battements du cœur de sa Mère.

4. Récitons son Office sous son regard. Représentons-nous quelquefois cette douce Mère le récitant avec nous. Quel recueillement et quelle piété elle y mettrait !

Quand au Bréviaire viendront les prières qui s'adressent à Marie ou qui célèbrent ses grandeurs, comme Y Ave Maria, le Magnificat, les Antiennes qm terminent les Heures, ranimons notre ferveur et récitons-les debout ou la tète découverte.

5. Dans tous nos exercices spirituels, tenons-nous sous son entière dépendance. Près d'elle tous les jours, faisons notre lecture spirituelle ; avec elle allons faire visite à Jésus-Christ ; en union avec elle parcourons les stations de la voie douloureuse et, sous son regard béni, ces exercices régulièrement et pieusement faits ne pourront manquer d'être une source bénie^de vie intérieure, intense et féconde.

6. Dans vos églises, après votre visite au Saint Sacrement, faites une visite à l'autel de la Sainte Vierge ; décorez cet autel avec une édifiante magnificence.

7. Récitez chaque jour votre chapelet avec attention, avec piété, avec amour. Méditez les mystères de notre Rédemption en prononçant les Ave Maria et vous retirerez de cette prière les plus grands fruits.

8. Encouragez vos fidèles à pratiquer cette dévotion. La méditation de ces mystères éclairera leur esprit, développera leur intelligence et meublera leur mémoire de vérités chrétiennes Puis quels sentiments d'amour et de reconnaissance ils sentiront naître dans leur cœur en considérant les merveilles de l'enfance de Jésus dans les mystères joyeux? Quel regret ils concevront de leurs péchés en réfléchissant qu'ils ont causé la mort de Jésus- Christ dont ils méditeront les souffrances dans les mystères douloureux ! Quel empressement et quel désir ils éprouveront pour les biens de l'éternité en les admirant dans les mystères glorieux î Puissent-ils en faire l'expérience ; alors vous pourrez être tranquilles pour leur salut.

9. Dans l'administration des sacrements, unissez-vous à cette bonne mère ; tenez-vous près d'elle, votre coeur dan3 son cœur, votre regard sous son regard afin que vous vous sanctifiez en sanctifiant les autres et que vous possédiez en abondance les grâces que vous devez communiquer au prochain.

10. Dans la prédication, et dans le catéchisme surtout, parlez souvent de Marie ; vous parlerez aux oreilles, elle parlera aux cœurs. Parlez alors d'elle avec une effusion de tendresse et d'amour qui annonce la ferveur de votre dévotion.

11. Dans la direction des âmes, menez-les à Marie ; gravez son nom dans le cœur de ceux que vous conduisez. Ainsi vous graverez le vôtre dans le sien et vous le lirez là comme un gage de prédestination.

12. Mettez au cœur des fidèles le désir de sanctifier les mois consacrés au culte de Marie et faites en sorte qu'ils assistent régulièrement aux exercices qui doivent se faire durant ces jours bénis.

13. Dans nos conversations, parlons de Marie le plus possible

et faisons parler d'elle. Qu'elle mette dans notre bouche des paroles d'édification, de bonté, de force, de consolation. Dans nos rapports avec ceux qui nous entourent, travaillons à la faire aimer, et, dans ce but, faisons-nous tout à tous, en pensant à sa douceur, à sa bonté, à son sourire habituel.

14. Confiez à Marie les âmes dont vous avez charge et qu'elle aime à l'égal des vôtres. Aux heures pénibles et accablantes, quand on oppose une résistance qui semblera déconcerter vos efforts, paralyser l'action de votre zèle, tournez vos regards vers celle qui a reçu la sagesse et la clémence et aussi la puissance en partage. Elle vous inspirera, elle vous consolera, elle vous aidera à être calmes, patients, à vaincre le mal par le bien, à espérer contre toute espérance, à persévérer dans votre méritoire labeur ; elle vous montrera la récompense réservée à votre dévouement, à votre zèle, aux sacrifices acceptés ou accomplis pour l'amour et le bien des âmes.

15. Durant la journée, consacrons-lui toutes nos pensées, tous nos sentiments ; aimons ce qu'Elle chérit ; détestons ce qu'elle réprouve ; que notre bonheur soit de lui adresser de fréquentes prières, de suaves salutations. À genoux devant une de ses images, aimons à dire et à redire souvent, doucement et affectueusement, ces paroles d'un de ses serviteurs dévoués :

, Pour moi, Marie est la Mère qui m'aime et me protège, l'étoile qui me guide, le flambeau qui m'éclaire, le manteau qui me couvre, le refuge qui m'abrite, le cœur qui me comprend, le baume qui me soulage, le feu qui me réchauffe Faimant qui m'attire et me soutient."

16. Suivons le conseil du Bienheureux Grignon de Montfort : Donnons au Seigneur, par les mains de sa Sainte Mère, toutes nos bonnes œuvres et toutes nos prières. Cette bonne Maîtresse les purifiera, les embellira et les fera accepter de son Fils et leur vertu impétratoire se trouvera augmentée.

" Lorsqu'on veut offrir quelque chose à un grand personnage, disait le bon curé d'Ars, on fait présenter l'objet par la personne qu'il préfère, afin que l'hommage lui soit plus agréable ;

ainsi nos prières présentées par Marie ont un tout autre mérite ; parce que la Sainte Vierge est la seule créature qui n'ait jamais offensé Dieu. "

" Lorsque nos mains ont touché des aromates, disait-il encore, elles embaument tout ce qu'elles touchent ; faisons passer nos prières par les mains de la Sainte Vierge, elle les embaumera."

17. Ne manquons jamais de dire l' Angélus et de la faire dire par nos fidèles. N'oublions pas que cette sainte pratique, renouvelée trois fois le jour, rend la terre semblable à la Jérusalem céleste où les louanges de Marie confondues avec celles de Jésus retentissent sans cesse et se répandent en flots d'harmonie dans toute la cité sainte. Depuis la majestueuse coupole des grandes basiliques jusqu'à la plus modeste chapelle de nos pauvres missions, toutes les cloches du monde catholique s'ébranlent et se renvoient de l'une à l'autre les sublimes magnificences de la Mère de Dieu.

L'Eglise de la terre s'unit à la Mère du ciel et elle redit sur un ton mélancolique et plaintif le divin cantique de l'Incarnation que les Anges chantent dans le ravissement de l'extase.

18. En nous couchant le soir, occupons notre esprit et notre coeur du souvenir de cette bonne Mère ; invoquons-la et tachons de nous endonnir en récitant quelques prières vocales en son honneur. S'endormir sous le regard de Marie comme l'Enfant-Jésus dans sa crèche, c'est pouvoir dire en tout vérité : " je dors, mais mon cœur veille."

19. Organisez dans vos paroisses des ( 'ongrégations d'enfants de Marie. Elles attirent des grâces de choix, non seulement sur les âmes qui en font partie, mais sur le prêtre qui tas dirige avec piété et avec zèle.

20. Si vous voulez faire une chose agréable à Marie, voyez à ce que les fêtes en son honneur soient célébrées avec une dévotion particulière. Les fêtes de la Très Sainte Vierge sont des jours de grâces et de bénédictions où cette auguste Reine

ne sait rien refuser à ses serviteurs et où elle se surpasse ellemême en toutes sortes de libéralités.

Soyons fidèles à ces résolutions. Marie sera heureuse et elle se montrera pour nous une Mère vigilante, écartant tout ce qui pourrait ternir la pureté de notre âme ; une Mère ingénieuse qui devinera, qui cherchera, qui trouvera tout ce qui peut nous être utile ; une Mère généreuse qui se sacrifiera et s'oubliera pour nous ; une Mère zélée pour la gloire de Dieu ; qui nous montrera ce que nous avons à faire pour être agréables à son divin Fils, pour sauver nos âmes et sauver les âmes de ceux dont il nous a donné la direction.

Puisse chacun de vous pouvoir dire avec sincérité :

" Aimer Jésus, aimer Marie, Et les aimer de tout mon cœur C'est tout mon ciel en cette vie C'est mon espoir, c'est mon bonheur."

Que du cœur de chacun de nous sorte cette belle prière de Saint Alphonse de Liguori :

" O Marie, O vous, la plus grande et la plus élevée de toutes les créatures, il n'est que trop vrai, il y a sur la terre bien des ingrats qui vous méconnaissent et qui ne vous aiment pas ; mais en revanche, il y a au ciel des légions d'Anges et de Bienheureux qui vous bénissent sans cesse. Et même ici-bas, combien d'âmes brûlent du feu divin de votre amour ! Ah ! Puissé-je être à jamais de ce nombre ! Puissé-je ne jamais cesser, O Souveraine tout aimable, de vous servir, de vous louer, de vous honorer et de propager votre amour ! Vous avez charmé un Dieu ; vos attraits l'ont, pour ainsi dire, arraché du sein de son Père pour le faire devenir votre Fils ; comment, pauvre ver de terre que je suis, comment ne vous aimera i-je point ? Puis, nia divine Mère, je veux vous aimer ; je veux travailler de de tous mes efforts à vous faire aimer de tous. Accueillez donc favorablement le désir qui m'anime et aidez-moi à l'accomplir. Je sais que ceux qui vous servent sont agréables aux yeux de

Dieu ; je sais qu'après la gloire de son nom, il ne désire rien tant que de vous voir aimée et honorée des hommes. C'est de vous, ô ma Souveraine, que j'attends tout mon bonheur, le pardon de mes fautes, la persévérance dans le bien, l'assistance à l'heure de la mort, l'allégement du purgatoire, enfin le Paradis. Ainsi soit-il. "

Page 1