‹ Abailard et HéloïseChapitre 75 sur 80 · COMPLAINTE DE DINA, FILLE DE JACOB · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE DINA, FILLE DE JACOB

Moi, la tille d’Abrahain, le rejeton dMsraël, moi, le sang gloi'ieux des patriarches, enlevée par un homme incirconcis, je suis devenue la proie d’un impur Moabile. Ojjprobre d’une sainte race, j’ai été trompée par les jeux d’une nation ennemie.

Malheur à moi, infortunée ! Je me suis perdue moi-même !

Pourquoi ai-je voulu voir les fêtes étrangères ? C’est pour mon malheur que j’ai été connue, en voulant les connaître.

■Malheur à moi, infortunée ! Je me suis perdue moi-même !

Sichem, né pour la perte de ton peuple, nom taché d’une honte éternelle dans notre postérité !

Malheur à toi, infortuné! Tu t’es perdu toi-même!

En vain la circoncision a fait de toi un prosélyte, si elle n’a purilié ton infamie.

Malheur à toi, infortuné ! Tu t’es perdu toi-même !

Forcé de me ravir, ravi toi-même par ma beauté, — (|uel juge aurait pu te trouver exempt de faute?

Ce n’est pas vous, Siméon et Lévi, pieux vengeurs, tro|i cruels toutefois !

Vous avez enveloppé les innocents dans le châtiment du coupable. Le père lui-même a eu le cœur déchiré, — et pour cela vous avez encouru l’exécration.

L’amour avait entraîné . La faute avait été sanctiliéc .

Le jugement ne devait-il pas tenir compte de la diminution de la faute?

l^a jeunesse est légère, elle a peu de discernement. La sévérité des hommes prudents a été trop grande envers elle.

I^a colère de mes frères aurait dù être adoucie par l’honneur (]ue leur lit le pi incc du pays en épousant une étrangère.

COmi'LAINTES.

•Mallieur à moi, malheur à toi, infortune piince ! Lliolocauste sanglant de tout un peuple accompagne ta mort.

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