FILS DE NER, TUÉ PAR JOAB
O mon fidèle Abner, le plus brave des guerriers, l’amour et les délices de l’honneur militaire !
Ce que n’a pu la force, la ruse l’a donc exécuté.
Périsse comme toi celui qui t’a frappé ! Sa mort sera indigne des larmes que la tienne fait couler de tous les yeux.
Une trahison si exécrable, un trépas si funeste, arrachent à ton ennemi même des pleurs continuels, et la pitié fond les cœurs de diamant.
Tant que tu as été l’adversaire déclaré de mon règne, sans cesse tu t’élevais par l’éclat de nouveaux triomphes. Tu nous
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infligeais des pertes nombreuses. INul revers n’a pu t’atteindre dans ta puissance !
Puissant par la sagesse, liomme parfait, forte muraille d Israël, même lorsque ton glaive était tiré contre moi tu m aimais encore tendrement. ’
Enfin, cedant à nos vœux, tu consens à un traitéj dans espoir de la paix tu déposes tes armes, ta seule garantie!
Aussi longtemps que tu as pu craindre des périls, tu t’en es preserve par ta prudence; tu as péri pour t’être confié à notre foi. Homme loyal, tu la jugeais par la tienne!
Celui qu Aimer armé glaçait de terreur a prévalu sur Abner sans armes : et n’osant point te faire face sur le cbemin, il a souillé d’un crime les portes de la ville.
Cuerriers de l’armée, frappez vos poitrines, pleurez le grand Capitaine ainsi abattu. Que les princes de la justice etendent leurs mains sur l’exécrable meurtrier.
COMPLAINTE DE DAVID SUR SAUL ET .lONATHAS.
Soulagement de mes douleurs, consolation de mes peines ô ma lyre, c est aujourd’hui que tu m’es nécessaire, .lamais je n ai eu de plus poignante douleur, jamais de plus juste chagrin. ' ' "
l.e carnage a dévoré nos guerriers, le Roi et son fils sont morts, I ennemi est vainqueur, les chefs sont désolés, le peuple se désespère, le deuil est partout. ‘
L orgueil d’Amaleck s’exalte sur les ruines d’Israël. La jubilation est dans le camp du Philistin, tandis que la .ludée .se dessèche dans les sanglots.
Les fidèles sont insultés par la nation infidèle. Ceux qui s’élevaient contre la gloire du peuple de Dieu nous écrasent inaintcnanl de leurs mé|)iis.
Ke prcniioj' rni d Israël esl é^'ur^é.
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Il a été vaiiicu par lc.s Amalécites.
l/élection du Seigneur est tombée dans l’outrage ; l’outrage s’est attaqué au sacre du Prophète.
Ils insultent à nos douleurs ; « Voilà celui qui faisait leur assui-ance 1 Le Dieu puissant les a perdus en terrassant leur capitaine! »
Saül, le plus courageux des Dois! valeur invaincue de Jouatbas ! Celui qui ne pouvait vous vaincre a eu la permission de vous immoler.
Comme s’il n’avait pas été consacré au Seigneur par l’huile sai idCj, il est égorgé dans le combat par le fer d’une main scélérate.
Tu étais pour moi plus qu’un frère, ô Jonathas! Ensemble nous n’avions qu’une âme : quels péchés, quels forfaits ont déchiré nos entrailles !
Montagnes de Gelboé, loin de vous la rosée et la pluie ! Que les prémices de la campagne soient refusées à votre habitant !
Malheur, malheur à toi, terre gluante du sang royal, sur laquelle un bras impie t’a renversé, toi mon .lonathas !
Oii Point du Seigneur et les fameux d’Israël ont péri misérablement, eux et leurs compagnons !
Ta perte, ô. lonathas, domine pour moi toutes choses! Audessus de toutes mes joies, ruissellera un pleur continuel.
Livrez-vous aux gémissements, filles de Sion. Saül n’est plus, dont les mains libérales vous ornaient de la pourpre !
Hélas, voix fatale qui m’a dissuadé! Que n’étais-je près de toi dans le combat, pour te défendre ou pour tomber sous les mêmes coups !
Du moins je serais mort avec joie, puisque l’amour n’a pas de plus grand témoignage que la mort.
Vivre après Jonathas c’est pour David une mort de chaque instant ! Pour une vie la moitié d’une âme ne suffit point.
Je devais un retour à ton amitié au moment du péril suprême; il fallait participer à ton triomphe ou à ta ruine, t’arracher à la mort ou mourir avec toi! Terminer pour toi une vie que tu as sauvée tant de lois! C’est ma vie mainte-
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liant (jui nous sépare; une mort commune nous aurait unis.
Funeste victoire que la mienne ! Quelle vaine et courte joie j’en ai ressentie!
Qu’il vint rapidement le cruel message que l’orgueil attendait ! Qu elle fut vite accomplie la parole que l’orgueil avait prononcée contre son âme !
Le trépas réunit ceux qui ont succombé; mais moi je n’ai liour compagnon que ma douleur.
Repose-toi, ma lyre, et puisse se reposer de même ma douleui gémissante ! Mes doigts se sont fatigués sur les cordes, les sanglots ont altéré
ma VOIX, mon haleine est épuisée!
l’Anis, — iMpiiiMiîniF iiiiNAVKNTi’iir lîT iiurFssnis, 0.5, qoai dks avoüstins
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Essai iiisTciiiiyi'E sur la vie et les éci'ils il Abailard et d lléluise, par M- el (iUizut . . ■ ■ •
I’kévace du Tradueleur des Lettres .