‹ Abailard et HéloïseChapitre 26 sur 103 · A 1» AMI · texte numérisé non relu

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cérémonie, je revins en France, principalement ri an.; l’intention d’étndier la théologie, qui- le même Guillaume de Champeaux enseignait alors avec beaucoup 'd'éclat dans son évêché de Chàlons. Il avait eu pour maître dans cette science Anselme de Laon , depuis longtemps regardé comme le plus grand théologien de l’Eglise.

J’allai donc entendre Anselme. Ce vieillard devait sa grande réputation plutôt à la routine qu’à son génie. Si vous alliez frapper à sa porte et le consulter sur quelque difficulté, vos doutes s’augmentaient, vous reveniez plus incertain qu’auparavant. Admirable pour de simples auditeurs, il était nul en présence d’un adversaire. Il avait une merveilleuse abondance de langage, mais sous ses belles paroles le sens était pauvre et vide de raison. Lorsqu’il allumait son feu, il remplissait sa maison de fumée, il ne l'éclairait point de lumière. Son arbre, tout en feuillage, présentait de loin un aspect imposant ; mais, quand on venait à l’examiner de plus près, on trouvait qu’il était stérile. Je m'en étais approché pour recueillir du fruit ; je reconnus que c’était le figuier maudit par le Seigneur, ou le vieux chêne auquel Lucain compare Pompée dans ces vers :

« L’ombre d'un grand nom était seule debout, comme un chêne altier dans une campagne fertile 1 . »

Une fois désabusé, je» ne restai pas longtemps oisif sous son ombre. Je n’assistais plus que rarement à ses leçons, et cette inexactitude blessait les principaux disciples d’Anselme comme une marque de mépris pour un si grand docteur. Ils l’excitèrent donc sourdement contre moi, et leurs perfides suggestions m’en firent un ennemi.

l'n jour, après la sçance de controverse, il arriva que

l iUnrtaie, chant ai.

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