CANONICUS SANCTI MARTINI TURONENSIS
IN CUKON1CO AD ANNIE MCXL.
Tune Senouis præsente rege Ludovico, episcoporinn et abltas lum faetus est conventus contra magistrum Pelrum Abailardum, qui quàdam profanft verborum et sensuum novitate Ecclesiam perturbârat. Qui ab eis intcrpellatus, et de justitift veritus, ad apostolicæ Sedis audientiani appellavit, et sic evadens non multô post Cabiloui, apud Sanctum Maroellum obiit. Construxerat enim cœnobium in territorio Trecacensi, in prato quodani ubi legere solitus fuerat, quoil Paraclitum nominavit, in quo sanetimo-
TESTIMOXI V \ Kl Elit M.
nialcs pliirimas congrcgavit, et quaindain roligiosam feminam qiiondàm uxorein suant, litteris latinis et hebraïcis emditani, eis ahbatissam pra*fecit. Ou»' verè ipsius aniira, magnant ei post niortem in assiduis preribus fidem servavit : eorpnsqne ejus de loco ubi obierat, transtulit ad pnedietinn roenoltium, in enjus tnniuio hoc epitaphium est insertuni.
Ksi salis in tilulo : Peints lile jaeet AhaiUrdus.
('.ni snli patuil scibile quirquid oral.
lbec nànique, sicut dicitur, in a'gritiidiue iiltiiuà posita pnecepil, ut niortua intrà niariti timiiiliuu ponerctur. Et siceAdem defunclA ad tinnubini apcrlum deportalâ, inaritiis ejus, qui multis dieltus antè eant defunetus fuerat, elevatis bracltiis illaui recepit,et ità eant amplexatus brachia sua strinxit.
IR.IDIV.TIOX.
A cette époque, il sc tint à Sens un concile auquel assista le roi Louis, cl une foule d’évéques et d’abltés. Ce concile était réuni contre le maître Pierre Abailard. qui avait jeté le trouble dans l’Eglise par la nouveauté profane de ses paroles et son interprétation des dogmes religieux. Interrogé, mais se déliant de la justice de ses juges, il en appela au Saint-Siège, et se retira pour aller bientôt mourir à Clùtlons, dans le couvent de Saint-Marcel. ^
Il avait construit sur le territoire de Troycs, au milieu d’une plaine où il avait coutume de faire ses lectures, un ermitage qu’il nomma Paraclet. il y rassembla un grand nombre de religieuses, et mit à leur tète, en qualité d’abbesse, une pieuse femme qui avait été autrefois son épouse, et remplie de la science des lettres latines et hébraïques. Elle fut bien véritablement son amie, car après sa mort elle lui conserva, au milieu de ses prières continuelles, la tidélité autrefois jurée, fit
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transporter son corps dans ce même couvent, et graver sur sa tombe I epitaphe suivante :
Un nom suffit à la gloire de ce tombeau : ci-gll Pierre Abailanl Seul il a su tout ce qu’il est possible de savoir.
On rapporte que, touchant à sa dernière heure, elle ordonna que son corps fût déposé, après sa mort, dans le tombeau de son mari. Sa volonté fut exécutée. Mais quand elle fut portée dans le tombeau, et que le cercueil fut ouvert, Abailanl, qui était mort longues années auparavant, étendit les bras vers elle pour la recevoir, et les referma dans cet embrassement.