‹ Abbayes de l'âevãechâe de BayeuxChapitre 16 sur 72 · D. LA GUESLE. DEL GRATIA. ARC. TUR · texte numérisé non relu

D. LA GUESLE. DEL GRATIA. ARC. TUR

Archives de la Manche, H. 1697. — 1600. Arrêt du parlement de Paris concernant les troubles occasionnés par les protestants en 1562. — ; H. 1422. — 1601. Sentence du parlement de Rouen maintenant l'abbaye dans ses droits de foires et marchés de Cerisy. — H. 1583. — 1603. Sentence de Pierre Pottier, écuyer, lieutenant du bailli de Caen en la vicomte de Bayeux par laquelle N. H. Georges Suhard, seigneur temporel de Crouay est condamné à retirer son banc de dedans le chœur de l'église, à le remettre dans la nef et en outre à retirer ses armes de la vitre du chœur, à y remettre du verre blanc, à effacer la ceintuï*e funèbre qu'il a fait mettre à l'entour de l'église, et à rayer les mots préjudiciables à l'abbé dans l'inscription des tombes de ses père et oncle inhumés sans permission tout près du maitre-autel. — H. 1781. — 1604. Jean de Villays, chanoine et sous-chantre de Bayeux, vicaire général de l'abbé, fait l'état du fief de la Perrine sis à Bayeux. Idem en 1614. — H. 1415. — 1608. Provision d'Olivier Potier, écuyer, pour l'office de procureur fiscal en la haute justice de Cerisy. — Sceau.

Sceau plus petit que le précédent. L'écu, surmonté de la croix tréflée, est simplement entouré de deux palmes.

XLIV. 1614-1630. Pierre Habert, conseiller-clerc au parlement de

Paris, rétablit la régularité dans son abbaye de Cerisy et s'efforça de

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réparer les bâtiments qui tombaient en ruines. Il mourut en 1630 et fut inhumé dans l'église de Gerisy.

Armoiries : écartelé aux 1er et 4e d'azur au chevron d'or accompagné de 3-anilles d'argent, celle de la pointe soutenue d'une étoile de... aux 2e et ,3e, contrécartelé d'or à l'aigle éployée de sable et d'azur au heaume d'argent.

Archives de la Manche, H. 1460. — 1621. Aveu au roi pour les forêts dépendant de l'abbaye.

1626. — Présentation à la cure de Bérignj'. Collection de l'auteur.

Cette pièce porte, outre le sceau de l'abbaye, celui de l'abbé Pierre. L'écu écartelé est surmonté de la crosse et de la mitre. On lit tout autour : PETRVS. ABBAS. SANCTI. VIGOR1S. DE. CERISIACO. Il est elliptique et mesure 0,035 sur 0,040. A la suite se trouve également le signet de son vicaire général Pierre Sauget, moine profès de Cerisy, signet que M. Canel a pris pour les armoiries de l'abbaye ! L'écu entouré de palmes est divisé par une sorte de jumelle; au-dessus quatre poignards versés, au-dessous trois étoiles posées deux et une.

XLV. 1631-1637. Henri-Louis Habebt de Montmobt, (ils de Jean et de Anne Hue de Miromesnil, licencié en droit, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes en 1632, fît lire ses bulles de nomination à l'abbaye de Cerisy le 23 juin 1631 ; elles étaient datées du 4 février précédent. En 1637 il se démit en faveur de Germain Habert, son cousin, se maria la même année à Marie-Henriette de Buade de Frontenac et mourut le 21 janvier 1679, doyen de l'Académie française et des Maîtres des Requêtes.

Armoiries : écartelé aux 1er et 4e d'or à l'aigle éployée de sable, aux

2e et 3e d'azur au heaume d'argent, sur le tout, d'azur au chevron d'or accompagné de 3 anilles d'argent.

Archives delà Manche H. 1636. — 1633. Aveu général au Roi pour le temporel de l'abbaye.

Titres scellés, T. XV. Deux lettres au comte de Noailles pour recommander au pape Germain Habert, clerc du diocèse de Paris, et obtenir sa nomination à l'abbaye de Cerisy en remplacement de Henri-Louis qui se désiste en sa faveur.

Il fit refaire l'autel Saint-Nicolas et placer sur le haut du rétable une pierre gravée et peinte à ses armes.

L'autel a été, il y a quelques années, réparé et cette pierre est actuellement scellée dans le mur de la chapelle.

En 1848 M. Lambert, en visitant l'abbaye de Cerisy, signalait dans l'une des chapelles du nord un petit vitrail aux armes de Louis Habert. Il était

surmonté de. la crosse et de la mitre, accosté de deux palmes vertes.

Ce vitrail, aux couleurs pales et ternes de l'époque, a disparu en

grande partie et c'est à peine si l'on voit encore un fragment de

couronne.

XL VII. 1637-1654. Germain Habert, frère de Pierre, fut le successeur immédiat de Henri-Louis et non Renaud Habert, comme l'ont imprimé les auteurs du Gallia Christiana. Il était conseiller et aumônier du Roy, abbé de la Roche, diocèse de Paris, membre de l'Académie française depuis 1629. Il s'efforça de rétablir la discipline à Cerisy, orna l'église, fit faire le maître-autel à ses frais, assista les pauvres et mourut le II mai 1654. Il fut inhumé le lendemain près de l'entrée du chœur. La lame de cuivre qui recouvrait sa tombe fut plus tard reportée au milieu du chœur.

Il a aussi composé plusieurs ouvrages en vers et en prose, entre autres une Vie de Pierre de Bérulle.

124 ABBAYE DE CEBISY.

Armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné de 3 anilles d'argent.

Archives de la Manche : H. 1636-1642. Aveu général rendu au Roi. — H. 1533. Id. requête contre une taxe de 6,000 ' imposée aux bourgeois de Cerisy. 1643. Arrêt de décharge. H. 1425. — 1646. Pancarte pour les droits de vente au marché de Cerisy. H. 1716 — 1648. Autorisation donnée par l'évêque de Séez pour établir le rosaire à Marsay. 1637. Présentations à la cure de Hupain et de Longueville ; 1645, à la cure de Tessy.

Ces trois pièces originales, faisant partie de la collection de l'auteur, portent sa signature et sont revêtues de son sceau finement gravé. L'écu est surmonté de la couronne de comte et

d'une crosse avec la mitre. La légende porte : GERMANVS HABERT

ABBA(s) STI VIGOR1S DE CERISIACO.

XLVII. 1654-1061. Jules Mazabin, fils de Pierre Mazarini et d'Hortensia Buffalini, créé cardinal à la recommandation de Louis XIII, ministre d'État en 1643, se fit nommer abbé de Cerisy en 1654. Il posséda jusqu'à dix-huit abbayes parmi lesquelles celle de Saint- Etienne de Caen. Il mourut le 9 mai 1661 à l'âge de 59 ans.

Voici comment les mémoires du temps relatent sa nomination à Cerisy : « A peine Germain Habert avoit-il fermé les yeux, qu'on « vit arriver à Cerisy à franc étrier un détachement de cavalerie « sabre au point, plume au vent. L'exempt qui les commandoit mit « pied à terre et remit au doyen un parchemin muni du sceau du « Roy... Quel pouvoit être cet abbé qui disposoit des hommes d'ar- « mes de la garde du Roy ? Les moines se réunirent à la hâte dans la « salle du chapitre pour connoître le nom de leur pasteur. Quelques « minutes après une immense clameur de joie fit vibrer les vitraux « de la salle. Le nouvel abbé étoit le cardinal Mazarin. Les religieux « sourioient déjà à la pensée des grandes choses qu'alloit faire pour « la communauté le nouvel abbé qui tenoit dans sa main le sceptre et « la couronne de France. Mais hélas ! ils furent bientôt désillusion- « nés, le cardinal, absorbé par les soins de l'État, oublia sa nouvelle

« abbaie et n'y vint jamais...» [Manuscrit appartenant à M. le curé de Cerisy).k la fin de sa vie, eurent lieu les premières démarches pour introduire à Cerisy la célèbre congrégation de Saint-Maur ; mais elles n'aboutirent que beaucoup plus tard.

Armoiries : d'azur à la hache consulaire d'or liée d'argent posée en pal, à la fasce de gueules brochante chargée de 3 étoiles d'or.

N'ayant pu trouver le sceau du cardinal Mazarin, on a reproduit ici le fer gravé pour le collège fondé par lui et qui ornait les plats des volumes donnés en prix. L'écu, timbré d'une couronne ducale, est surmonté du chapeau de cardinal avec ses houppes et posé sur un manteau aux armes doublé d'hermine.

XLVIII. 1061-1727. PniLirrE de Bourbon-Vendôme, fils de Louis duc de Vendôme et de Victoire de Mancini, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur de France fut nommé abbé de Cerisy le 13 septembre 1661 puis de la Sainte-Trinité de Vendôme. Les démêlés qu'il eut avec Louis XIV le firent exiler et retardèrent jusqu'en 1716 l'introduction de la congrégation de Saint-Maur pour laquelle il faisait des démarches dès 1706. Il mourut le 24 janvier 1727 à l'âge de 71 ans.

Armoiries : de France au bâton raccourci de gueules chargé de 3 lionceaux d'argent.

Antiquaires de Normandie, T. XVIII, p. 192. — 1662. Lettres de confirmation et ratification du traité d'échange entre l'abbaye et Louis Cornet, écuyer, sieur de Bussy ; union de ces terres à la mense conventuelle, p. 244. 1721. Arrêt du conseil maintenant les droits de l'abbaye de Cerisy à la dime des ventes du bois dans la forêt de Lyons.

Archives de la Manche H. 1425. — 1677. Pancarte pour les droits de vente

au marché de Cerisy H. 1466. — 1684. Aveu au Roi pour les

forêts. 1718. Présentation à la cure de Brethonville, signature et grand sceau trop fruste pour pouvoir être dessiné.

1696. Id. à la cure de Cerisy par Guillaume Anf-

frie de Chaulieu, abbé d'Aumale, vicaire général de Phil. de

Vendôme.

Otte pièce et la précédente font partie de la collection de l'auteur. On y trouve un petit sceau finement gravé ; l'écu chargé du chef de la religion est posé sur la croix et le cordon de perles de l'ordre de Malte. Il est surmonté de la couronne fleurdelysée. Les archives de la Manche possèdent aussi un autre sceau un peu plus grand, analogue à celui-ci.

Dès l'année 1060, un an avant la mort de l'abbé Mazarin, des démarches étaient faites pour introduire à Cerisy la réforme de la congrégation de Saint-Maur, mais cette première tentative ne réussit pas.

Le 24 mars 1700, un traité intervint entre la congrégation de Saint-Maur, l'abbé de Vendôme et les religieux. Cette pièce, quoique fort longue, est si intéressante que l'on a cru devoir la donner ici tout entière d'après le Livre de Cen'sy dont il a été déjà parlé.

L'an mil sept cents six. le mercredi après-midy vingt-quatrième jour de mars, devant nous Charles le Mierre, notaire garde-nottes royal du diocèse et apostolique de Bayeux, soussigné.

Furent présents les vénérables sieurs prieurs et religieux de l'abbaye de Saint-Vigor de Cerisy, ordre de Saint-Benoist, dépendante immédiatement du Saint-Siège apostolique, au diocèse de Bayeux, province de Normandie, deuement assemblés en leur chapitre au son de la cloche à la manière accoustumée pour délibérer de leurs affaires scavoir Dom Jean Jacob prieur claustral de la ditte abbaye, D. Martin Fournier sacristain et chapelain de Saint-Gesbot, D. Jean Toutan, bailli claustral, D. Guille de Metz,

1). Louis le Comte, D. Pierre Ballagny, D. Clément Lefebvre, D. Alexandre le Maistre et D. Louis-Henri Bailly sous-diacre prieur de Périères et de "Juvigny tous prestres et religieux faisant et composant seuls toutte la communauté de la ditte abbaye d'une part, et les révérends pères D. Pierre Cbevillard, prieur de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen et D. François du Buse, religieux, procureur du prieuré de Saint-Vigor-le-Grand proche Bayeux, de la congrégation de Saint-Maur, du même ordre de Saint-Benoist, fondez de procuration spécialle du très révérend père D. Simon Bougis supérieur général de la même congrégation de Saint- Maur, passé à Paris devant Carnot et son adjoint conseiller du roi et notaire au Chastelet de Paris en datte du 19 janvier dernier...

Lesquels en conséquence de l'acte capitulaire fait par lesdits sieurs de Cerisy le 5 du mois de décembre dernier 1705 et de plusieurs prières réitérées audit père supérieur de lad. congrégation par lesd. sieurs de Cerisy pour l'union et aggrégation de leur d. abbaye de Saint-Vigor de Cerisy à la congrégation de Saint-Maur et dans lequel acte et prière lesd. sieurs de Cerisy déclarent persister encore aujourd'hui. Ont fait et arresté le traité et articles qui en suivent sous le bon plaisir du roy et le consentement de son altesse Monseigneur le grand prieur de France leur abbé scavoir que lad. abbaye de Saint-Vigor de Cerisy ses membres et dépendances avec tous ses droits et privilèges, spirituels et temporels, sera et demeurera cy après unie et aggrégée et incorporée à laditte congrégation de Saint-Maur et à la réforme sans aucun changement des droits du roy et de sa nomination à laditte abbaye ; sans diminution de ceux de la dignité abbatiale pour estre lad. abbaye régie et gouvernée par les supérieurs et chapitres généraux de la ditte congrégation suivant les règles, usages, pratiques et constitutions. Les bulles de son érection, lettres patentes et arrêts confirmatifs aux conditions cy après mentionnées : scavoir qu'après les permissions requises de la part du roi et le consentement de Monseigneur l'abbé, les religieux de la congrégation de Saint-Maur auront la direction entière de l'église, du chœur et du service divin dont ils se chargent tant de jour que de nuit, qu'ils célébreront selon les usages et cérémonies de leur ditte congrégation auxquels assistans lesd. sieurs anciens

religieux de la ditte abbaye seront tenus de s'y conformer. Fera le supérieur de Saint-Maur ou tout autre qui présidera dans son absence les signes de prééminence au chœur, procession et générallement dans toutes les cérémonies. Mais pour le rang d'honneur et préséance au chœur sera occupé par lesd. sieurs anciens qui prendront les premières places au dessus desd. de Saint-Maur respectivement des deux costés après le célébrant et ses officiers revestus . Pourra le supérieur des anciens ou le plus ancien d'eux qui se trouvera dans laditte abbaye officier à sa place à la grande messe et faire l'office aux festes solennelles scavoir le Jeudi saint, le jour de Pasques, le jour de la Pentecoste, du Très Saint Sacrement et à la procession le jour de l'octave, le jour de la Toussaint aux premières et secondes vespres et à la troisième grande messe le jour de Noël, officier à la paroisse touttes les fois que la communauté y doit cellébrer en qualité de curés primitifs et porter l'étole dans toutes les processions qui se font au dehors, auxquelles festes lesdits de Saint-Maur seront tenus de fournir officiers nécessaires si mieux n'aiment lesdits sieurs prieurs et religieux anciens en choisir du nombre de leurs confrères. Participeront lesdits sieurs de Cerisy après leur décès à tous les avantages qui se font en faveur de tous et chacun religieux de la congrégation, lorsque leur mort est annoncée en la matière accoustumée, parce qu'aussi lesd. de Cerisy s'obligent de s'acquitter des mêmes prières envers ceux de Saint-Maur dont le deceds viendra à leur connoissance. Vaccance arrivant de l'office de grand prieur des anciens soit par mort ou expiration des trois années de son élection il en sera éleu un autre par lesdits sieurs anciens et ce pour trois ans suivant leur usage et dans le chapitre où ils pourront continuer leurs délibérations dans des temps qu'on n'interrompera point les exercices desdits de Saint-Maur. Aura ledit sieur prieur des anciens les mêmes pouvoir, juridiction et autorité qu'a celui d'à présent sur lesd. sieurs anciens. Et toutes fois led. sieur prieur n'aura aucune juridiction ni autorité sur ceux de Saint-Maur et leur prieur pareillement sur lesd. de Cerisy, lesquels ne pourront être contraints de prendre la reforme ni de suivre une vie plus étroite que celle qu'ils ont professée. Tous les offices claustraux, chapelles régulières, obits, fondations et petit couvent, leurs fruits et revenus

ÉVÊCIIÉ DE BAYEUX. 129

prérogatives et honneurs demeureront par ces présentes et dès maintenant unis à la manse conventuelle, leurs titres éteints et supprimés en faveur desd. de Saint-Maur suivant leurs bulles et privilèges et ne pourront lesd. de Cerisy en disposer par résignation ou autrement qu'au profit et en faveur desdits de Saint-Maur. Délaissent lesd. de Cerisy et abandonnent auxd. de Saint-Maur, tous les bâtiments et lieux réguliers de laditte abbaye, scavoir l'église et sacristie dont ils conserveront seuls les clefs, chapitre et cloîtres, réfectoir ancien, tous les bâtiments qui sont dans la seconde grande cour, haute et basse cuisine, et la salle qui sert actuellement de réfectoir depuis que l'ancien dortoir est découvert, les chambres qui sont au bout, les chapelles, porterie, la boullangerie, cave, grenier, granges et écuries et générallement tout à la reserve des appartenons que lesd. sieurs anciens occupent tant dans la première grande cour que dans le grand corps de logis qui a ses vues au-dessus et aux environs de la grande salle des Cerfs avec les caves dont ils se servent aussi pour enfermer leurs boissons le tout en l'état où il est présentement sans que ledits de Saint-Maur puissent obliger lesd. de Cerisy aux réfections ou réparations desd. bâtiments attendu que lesd. de Cerisy subrogent lesd. de Saint-Maur dans leur traité fait avec Monseigneur leur abbé le 14 décembre 1702 et aux droits d'icelluy dans lequel il est convenu entr'eux que la somme de 18,000' sera prise tous les ans sur les biens et revenus de la ditte abbaye pendant le cours du bail fait à Jean du Mont le 13e jour de may 1699 à la caution du sieur Chahnette et 9,000 ' pour lesdites charges et réparations, après ledit bail expiré et en outre au restant des d. sommes après les dittes charges acquittées pour l'année précédente 1705 et l'année présente 1706, lesquelles sommes excédant lesdittes charges acquittées et destinées pour lesdittes réparations sont restées pour ces deux d. années entre les mains du sieur d'Etrechy sous-fermier de laditte abbaye vers lequel et led. sieur Chahnette il sera loisible aux d. sieurs de Saint Maur de se pourvoir au lieu et place des d. de Cerisy et comme ils auroient pu faire pour luy faire délivrer lesdittes sommes. Lesd. sieurs de Cerisy se reservent à compter avec led. sieur Chalmette et led. sieur d'Etrechy pour une somme de 6,500 ' qui leur est deue pour leur compte de 1705 et parceque lesd. Le

Maître et Bailly n'ont point d'appartements où ils puissent loger commodément, ils pourront en choisir chacun nn dans le voisinage de M. Le Febvre et dans la grande salle des Cerfs ou à costé de la chapelle de Saint-Gelbot que lesd. de Saint-Maur seront tenus de mettre en bon et suffisant état en ce qui regarde les planchers. Céderont en outre lesd. de Cerisy aux dits de Saint Maur le pressoir dont l'usage demeurera néantmoins commun comme il a toujours esté aussi bien que les deux grandes cours dont la seconde plus intérieure pourra être fermée d'une seconde porte avec une clef commune ou passe-partout aussi bien que celle du jardin et d'une clef particulière pour la nuit à la garde desd. de Saint-Maur depuis sept heures et demie du soir en hiver et huit heures et demie en été jusqu'à six heures du matin. Jouiront lesd. de Saint-Maur du grand jardin qui est devant le dortoir et dans toute son étendue jusqu'au petit jardin de M. de Metz exclusivement. Se reserve néantmoins le sieur Fournier son petit jardin nommé le Vieux Enfer avec un parc ou verger planté de pommiers fermé de bayes et fossés. Le sieur Toutain son petit jardin ensuite de celui de M. Fournier avec deux petites pièces de terre l'une en labour et l'autre en taillis à Broussis ; le sieur de Metz son petit jardin avec une pièce de terre joignant d'un côté le verger du sieur Fournier et d'autre le chemin ; le sieur Jacob son jardin avec la moitié du pré de l'aumonerie ; le sieur de Balagny une pièce de terre nommée le Clos aux Bœufs avec le fieffé de L'auné ; les sieurs Le Maître et et Bailly reçoivent sur le prix et revenu du moulin de la communauté chacun la somme de 50' par an qui leur sera payée par lesd. de Saint-Maur qui disposeront aussi du moulin comme ils verront bon être ; jouir en outre ledit sieur Bailly d'un petit pray joignant ledit moulin et ledit sieur Le Maistre d'un autre petit à la queue de l'étang de tout quoy jouiront lesd. de Cerisy à l'advenir pendant leur vie durant comme ils ont fait par le passé. Ne pourront néantmoins affermer leurs dits petits jardins à personne ny introduire aucune personne du sexe. Sera libre aux dits de Saint-Maur faire une muraille de séparation entre M. Fournier et M. Toutain et après leur decebs le tout reviendra à la. possession et jouissance desd. de Saint-Maur à mesure qu'ils mourront. Il sera libre cependant aux survivants de choisir

seulement l'appartement délaissé par le dernier mort à condition par celuy qui aura opté d'entretenir de menues réparations et de n'occuper jamais plus d'un appartement. Ainsi qu'il sera libre pareillement aux d. de Cerisy tous et à chacun en particulier de retirer les biens aliénés de lad. abbaye à leur propres frais et dépens dont ils jouiront pendant leur vie sans pouvoir y estre troublés par lesd. de Saint-Maur auxquels ils retourneront après leur décebs. Auront lesdits Pères de Saint-Maur la direction des Saintes Reliques, argentrie, livres, linges, ornements et autres ustensiles concernant l'église et office divin qui leur seront délivrés par inventaire et dont lesd. de Cerisy pourront se servir quand ils en auront besoin. A l'égard des bans et tables qui sont au réfectoir et à la cuisine, ils demeureront aux d. de Saint-Maur pour s'en servir. Cèdent lesd. de Cerisy et abandonnent aux d. de Saint-Maur tous les revenus de leurs pensions monachalles et généralement ce dont ils ont joui pour leur entretien et nourriture de quelque nature et espèce qu'ils soient à la seule réserve des logements, petits jardins et terres cy dessus spécifiées qui leur demeureront comme dit est. Et parceque lesd. de Cerisy se sont rendus les fermiers et receveurs dudit seigneur abbé par tout le temps de sa vie abbatialle par le traité passé devant Bertot conseiller du Roy notaire au Chastelet de Paris le 14 de décembre 1702 et que les pensions desd. de Cerisy à eux deubs par led. sieur abbé sont confondues et comprises dans ladite ferme pour ne point apporter de changement à cette disposition lesd: de Cerisy et de Saint- Maur sont convenus que lesd. de Saint-Maur prendront laditte ferme et s'en chargeront au lieu et place desd. de Cerisy qui leur en feront cession etabbandon, leur transportant tous leurs droits, noms, raisons, actions et poursuite pour exercer et faire valloir laditte ferme, en recevoir le produit et les revenus aux termes dud. traitté et même de 1,500 ' faite par led. sieur Chalmette sur le prix de son bail depuis leur traitté fait avec Monseigneur leur abbé comme lesd. de Cerisy auroient fait et pu faire à la charge et condition par lesd. de Saint-Maur de les acquitter de leurs obligations et engagements portés par led. traitté du 14 décembre 1701. Et ce à commencer comme du 1er janvier 1706 tant envers ledit seigneur abbé que tous autres aux termes qui échoiront depuis ledit jour parceque lesd. de Cerisy paieront de

leur part et acquitteront tout ce qui sera deub et écheu de laditte ferme ou pour raison de la même ferme excepté 1705, même leurs debtes communes et particulières sans que lesd. de Saint- Maur puissent en être tenus ni recherchés. S'obligent néantmoins lesd. de Saint-Maur d'employer leurs pièces et sollicitations auprès de MM. les Commissaires pour les porter à allouer les sommes par eux raturées sur les comptes desd. de Cerisy pour les années 1701, 1702, 1703 et 1704 et par eux employées pour l'entretien de leur sacristie, la nourriture et honoraires du prédicateur, les aumônes faittes à la porte aux pauvres passants et pour les salaires d'un second garde-bois, offrans lesd. de Saint- Maur leur médiation pour remontrer et faire connoistre à MM. les Commissaires que ces sommes employées à ces usages l'ont été pour de justes et légitimes charges et ne peuvent être justement appliquées qu'à l'acquit des dettes charges ou des réparations à laquelle fin les sieurs de Cerisy mettront entre les mains desd. de Saint-Maur tout chacun les titres et papiers concernants les biens et revenus de laditte abbaye spécialement une grosse de leur traité fait avec mond. seigneur l'abbé le 14 de décembre 1701, le double de l'original du bail fait avec Jean du Mont à la caution dud. sieur Chalmette ledit jour 3e de may 1699 dont le sieur Fournier est saisi avec une copie du billet delà rehausse de 1,500 faitte depuis par led. sieur Chalmette, le traité fait avec led. sieur Chalmette et le sieur d'Etrechy, tous les baux, traités, enseignements et tout ce qui regarde les droits et privilèges de laditte abbaye en tant que lesd. de Cerisy en sont saisis de bonne foy avec les clefs du chartrier pour les y conserver et s'en servir dans le besoin après l'inventaire qui en sera fait et signé des deux parties moyennant laquelle cession et abbandon cy dessus et de l'exécution du transport de laditte ferme et de ses jouissances pendant la vie abbatialle dud. sieur abbé, aux fins, clauses et conditions dud. traité du 14 de décembre 1701. Lesd. de Saint-Maur promettent et s'obligent de payer à chacun desd. religieux de Cerisy seulement au nombre de neuf ci-dessus nommés la somme de 700 ' de pension viagère payable de quartier en quartier et par avance, le premier payement commençant au 1er de janvier de la présente année 1706, le second au 1er avril... ainsi continué d'an en an leur vie durante. Et néantmoins convenu entre le sieur

EVECHE DE BAYEUX.

Bailly et lesd. de Saint-Maur pour les raisons à eux connues qu'il ne lui sera payé pour sa pension que la somme de 250 ' pendant le temps et les années qui resteront à expirer du bail dud. Chalmette sans préjudice néantmoins des droits dud. sieur Bailly cy dessus exprimées qui demeureront en leur entier. Et après le bail dud. sieur Chalmette expiré payeront lesd. de Saint-Maur audit sieur Bailly la .somme de 700 ' de pension en son entier comme à chacun des autres religieux pendant sa vie et le laisseront jouir en outre de tout ce que dessus. Seront aussi tenus lesd. Pères de Saint-Maur de décharger et acquitter les religieux anciens pensionnaires générallement de toutes charges, ensemble de toutes taxes et contributions tant ordinaires qu'extraordinaires prévues et imprévues auxquelles les communautés peuvent être taxées par l'assemblée du clergé pour quelque cause ou prétexte que ce puisse être, employées dans les concordats et déclarations du Roy en vertu des quelles les taxes et contributions pourroient être levées et sans que lesd. Pères de Saint-Maur puissent prétendre aucun retranchement ou diminution pour prétexte de guerre ou famine ou autre occasion que ce puisse être. Est néamoins accordé entre lesd. de Cerisy et les Pères de Saint-Maur qu'ils payeront tout intégrallement et par teste la capitation imposée sur la mense conventuelle pendant qu'il y en aura et parceque le sieur Bailly s'est chargé de payer annuellement au sieur Huot qui a cy devant occupé place à Cerisy la pension annuelle de 200 ' que le dit sieur Huot a obtenu par arrest du Grand Conseil et a droit de prendre sur lesdits sieurs de Cerisy payables par moitié à Pasques et à la Saint-Michel, lesd. Pères de Saint-Maur n'en pourront être responsables ny tenus en aucune manière d'en rien payer sinon à la décharge desdits sieurs le Bailly et autres de Cerisy et en déduction de leurs pensions parceque lesd. de Saint- Maur ne connoissent point d'autres religieux anciens de Cerisy que les neuf cy-dessus énoncés, n'entendant traiter que pour et avec les neuf cy-dessus anciens religieux, ne sachant au surplus qui est le sieur Huot. Arrivant néamoins le decebs dud. Bailly avant celuy dud. Huot lesdits de Saint-Maur continueront de payer laditte somme de 200 l et non pas chose qui arrive au contraire en faveur dud. sieur Huot. Pourront en outre lesd. sieurs anciens religieux de Cerisy quand ils feront leur résidence

actuelle dans ladite abbaye faire enlever à leurs frais chacun douze cordes de bois et deux cents de fagot dans les temps que lesd. de Saint-Maur feront faire à leurs dépens les coupes des dits bois suivant l'usage et la manière accoustumée. Il leur sera libre de pescher dans les rivières et ruisseaux eux-mêmes qui appartiennent à l'abbaye. Pour ce qui est des novices il n'en pourra estre reçeu à l'avenir aucun à l'habit ni à la profession que par lesd. de Saint-Maur et d'autant que led. sieur prieur desdits sieurs anciens est vicaire né de Monseigneur l'abbé et qu'il est en droit de temps immémorial suivant les anciens titres et chartes de la ditte abbaye de faire la visite des églises et chapelles qui en dépendent de plein droit auxquelles ils peuvent collater, tenir des synodes dans laditte abbaye pour les curés, chappelains et' bénéficiers en dépendant et générallement d'exercer et de faire toutes les fonctions de la juridiction spirituelle sur les dits bénéficiers, y dire ou faire dire les messes solennelles aux principales festes de l'année et au maistre autel en qualité de curé primitif comme aussi sont en droit lesd. de Cerisy de pourvoir aux cures par droit de présentation ou collation et aux chapelles qui en dépendent, de disposer des offices de judicatures tant séculières que régulières en faveur de qui ils jugeront à propos, lesdits sieurs prieurs et religieux de Cerisy, ont cédé, quitté et transporté, quittent, cèdent et transportent, par ces présentes auxd. de Saint-Maur tous les droits et privilèges pour estre par eux exercés à l'advenir comme ils ont été par le passé, sera libre auxd.de Cerisy de se trouver au chapitre lorsqu'on y fera la nomination de quelqu'office ou bénéfice pour y donner leurs voix dont la pluralité l'emportera, même lesd. de Saint-Maur faisant procession ou autres cérémonies auxquelles ledit sieur vicaire ou curé de Cerisy doit assister, ils en seront précédés de même que lesd sieurs anciens qui ne font en cette occasion qu'un corps avec eux et en cas de contestation pour aucun desdits droits lesd. de Saint-Maur les deffendront sans y appeler lesd. de Cerisy et poursuiveront ainsi qu'ils adviseront bien l'instance qui est pendante au parlement au rapport de M Lucas de Muain, conseiller au parlement de Paris entre lesd. de Cerisy et led. sieur vicaire au sujet de leurs droits et prérogatives. Il sera libre auxd. de Cerisy de se faire transférer en quelque monastère qu'il leur plaira dans l'ordre de Saint-

É VÉCUE DE IUYEUX. 135

Benoist ou autre ordre sans diminution de leur pension qui leur sera payée à Cerisy lorsqu'ils y feront leur résidence ou à Saint- Germain des Prés lorsque lesd. de Cerisy ne feront pas leur résidence actuelle dans l'abbaye de Cerisy ce qui sera au cboix desd. de Cerisy, leur laissant lesd. de Saint-Maur la liberté de demeurer partout où bon leur semblera. Au payement desquelles pensions et pour l'exécution desquelles promesses cy dessus, tous les biens de la ditte abbaye y demeurent spéciallement hypothéqués, n'entendant lesd. de Cerisy déroger en aucune manière aux privilège et hypothèque qu'ils ont sur iceluy et pour les meubles dont lesd. de Cerisy sont et seront en possession du nombre desquels sera compté ce qui pourrait leur estre deub de leurs pensions et autres droits n'en paraissant point de quittance ils en pourront disposer en quelque lieu qu'ils soient en faveur de tel de leurs confrères ou de ceux de Saint-Maur qu'ils adviseront bien en payant par le donataire les gages des domestiques satisfaisant aux charges de l'inhumation, dettes et autres droits jusqu'à concurrence desd. meubles et au cas que quelques-uns desd. sieurs anciens mourussent sans avoir disposé de leurs meubles ils seront également partagés par moitié entre lesd. de Cerisy et lesd. de Saint-Maur. Les charges du deffunt aussi également acquittées jusqu'à la concurrence de la valleur des meubles dont il sera fait conjointement un inventaire. Que s'il arrivoit opposition à l'exécution des présentes de la part de quelques-uns, lesd. de Saint-Maur seront obligés de la faire vuider à leurs dépens sans que lesd. religieux anciens y soient appelés sinon pour y donner leur adjonction gratis ; mais s'il y avoit empeschement de la part du roy, ou faute de consentement de la part de mon dit sieur abbé et qui ne put estre levé, le présent concordat sera nul et les parties demeureront au mesme estât qu'elles estoient auparavant. S'il naissoit quelque difficulté entre lesd. de Cerisy et lesd. de Saint-Maur tant pour l'exécution dud. concordat que d'autres traités faits ou à faire, les parties seront tenues se pourvoir au Grand Conseil à laquelle fin le présent traité y sera omologué aux frais et dépens desd. de Saint-Maur. Entrent comme dit est lesd. de Saint-Maur dans l'exécution du présent concordat dès le 1er de janvier de la présente année 1706 mais d'autant qu'ils ont besoin d'un temps convenable pour faire les préparatifs à leur parfaite introduction et

établissement est convenu entr'eux que lesd. de Saint-Maur envoiront au premier jour un ou deux de leur religieux pour disposer des choses et faire la régie de la ditte abbaye conjointement et de concert avec lesd. de Cerisy qui continueront à prendre leurs pensions sur le sieur d'Etrechy suivant et à proportion que leurs termes échoiront comme ils ont fait par le passé, saouf à compter du plus ou du moins reçu lors du parfait établissement desd. de Saint-Maur qui feront sans retardement leurs diligences pour obtenir et faire apparoir auxd. de Cerisy les permissions, consentement et lettres patentes à ce nécessaires et d'establir à Cerisy le nombre au moins de six religieux pour satisfaire et s'acquitter de l'office divin et pour poursuivre les lettres patentes de sa Majesté pour autoriser le présent traité et le faire omologuer où besoin sera. Ont lesd. parties par ces mêmes présentes nommé et constitué pour leur procureur le porteur d'icellesauxquel elles donnent tout pouvoir et autorité de pour elles et à leur nom en solliciter les expéditions dont et de tout ce que dessus les parties sont convenues et l'ont aussi voulu stipuler et accepter, dont du tout les dittes parties sont contentes, promettant chacun en droit de soy tenir et entretenir tout le contenu au présent dont lecture leur a été faite mot après l'autre sur l'obligation de tous leurs revenus, renonçant aller au contraire. Ce fut fait et passé au manoir de laditte abbaye de Cerisy le dit jour et an que dessus aux présences de Jacques Houlette portier concierge de laditte abbaye et Michel le Cavellier bourgeois de Cerisy à ce témoins qui ont signé avec lesd. sieurs prieur et religieux et nous dit notaire à la minute du présent après lecture à eux faitte

On sait comment et pourquoi ce traité n'obtint pas la sanction royale. Le projet fut repris après la mort du roi Louis XIV. Le 27 avril 1716 les deux nouveaux moines de Cerisy acceptèrent le traité de 1706 et il en fut fait un nouveau dont voici les principales dispositions :

A tous ceux qui ces présentes lettres verront Charles-Denis de Bullion, chevalier, marquis de Gallardon, sieur de Bonnelles et conseiller du roi en ses conseils, garde de la ville, prévosté et vicomte de Paris salut scavoir faisons que par devant Me Simon François Langlois

et Claude Borcheron, conseillers du roi, notaires au Chatelet de Paris soussignés furent présents T. H. T. P. et T. J. prince Monseigneur Philippe de Vendôme, chevalier de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem, grand prieur de France, abbé cardinal de la très sainte Trinité de Vendosme et de l'abbaye de Saint-Vigor de Cerisy immédiate au Saint-Siège, de l'ordre et ancienne observance de Saint-Benoist diocèse de Bayeux, avec toutte juridiction spirituelle sur ses dépendances et officialité, demeurant en son palais prieurial du Temple d'une part et le T. B. P. Dom Charles de L'Hostallerie supérieur général de la Congrégation de Saint- Maur... assisté des B. P. Dom Charles d'Issard et de Dom Maur Audren ses assistants —

Disant mon dit seigneur le grand prieur que pour entretenir le bon ordre dans les abbayes et que par l'estime particullière qu'il a pour la congrégation de Saint-Maur, sa piété, sa bonne observance et son application à relever de leur ruine au spirituel et au temporel touttes les abbayes où sa réforme a été établie dans le royaume, il avoit souhaité dans tous les temps de voir la ditte abbaye de Cerisy unie à lad. congrégation.

Pourquoi il avoit appris avec plaisir que tous les vénérables prieur et religieux de laditte abbaye de Cerisy, animés du même zèle avoient fait les premières démarches... dès le 24 de mars 1706 passé un concordat.... que ce concordat avoit été depuis confirmé, ratiffié et approuvé par Dom Louis Pierre Lescureau de Berchère et dom Jean Maugé aussi à présent religieux au lieu et place de D. Guillaume de Metz et de D. Pierre Balagny....

Et désirant mon dit Seigneur le grand prieur... concourir et contribuer de sa part à l'établissement de la réforme en conservant néantmoins les intérêts de sa dignité abbatialle tant pour luy que pour ses successeurs est demeuré d'accord....

C'est à scavoir que lad. abbaye de Saint-Vigor de Cerisy, ses membres et dépendances avec tous ses droits, honneurs et privilèges au spirituel et au temporel sera et demeurera toujours à perpétuité cy après unie, aggregée et incorporée à lad. congrégation de Saint-Maur....

Les offices et bénéfices claustraux et les chapelles claustralles de la ditte abbaye, si aucunes y a, seront éteintes et supprimées et leur revenu uni à la mense desd. religieux suivant les bulles et

privilèges de la même congrégation en sorte que ledit seigneur abbé ny ses successeurs ne pourront plus cy après conférer lesd. offices et bénéfices claustraux et chapelles claustralles si aucuns y a non plus que les places monachalles, des quels offices, bénéfices claustraux et chapelles claustrales lesd. religieux de Saint- Maur seront tenus d'acquitter les charges ordinaires et accoustumées

Sera fait un inventaire des vases sacrés, calices, reliquaires, ornements de la sacristie, livres de chœur et autres meubles de l'église comme aussi un pareil inventaire des titres et enseignements de l'abbaye et de ses dépendances et à cet effet led. seigneur abbé fera rapporter dans un chartrier commun par ses receveurs et officiers tous les titres qu'ils peuvent avoir en leur possession pour y estre enfermés et conservés sous trois clefs....

... Jouiront lesdits de Saint-Maur des deux lots qui appartiendront au dit seigneur abbé.... Accorde sa ditte Altesse tant pour elle que ses successeurs abbés que le prieur claustral desd. religieux de Saint-Maur soit son grand vicaire né pour en faire les fonctions dans l'étendue de la ditte abbaye et les dépendances et y exercer la juridiction spirituelle et officialité à la reserve de la nomination et de la collation des bénéfices dépendants de la ditte

abbaye qui appartiendra à sa ditte Altesse Que lesdits religieux

de Saint-Maur jouissent de la nomination et présentation des cures et viccariats mentionnés en la transaction du 14 de décembre 1701 et du droit de nomination et de présentation... des sujets capables de remplir les offices de judicature et autres droits et prérogatives.... sans que néanmoins ils puissent destituer les officiers qui sont actuellement en charge sinon pour causes de droit et légitimes. Cession et délaissement de tous les revenus... moyennant la somme de 15,000 ' payable en 4 termes égaux au palais priorial du Temple....

Au mois de mai 1716, Louis XV signa des lettres patentes sanctionnant le concordat et autorisant la cession de l'abbaye de Cerisy à la congrégation de St-Maur. Ces lettres furent enregistrées au grand conseil le 17 juin et ensuite au parlement de Rouen.

Dom Adrien Le Court, nommé prieur de Cerisy à la diète annuelle

de la congrégation de St-Maur tenue en 171G à St-Germain-des-Prés, ne trouva en arrivant « que les quatre murailles sans aucuns meu- « blés ni ustensiles. Les anciens religieux ayant pris chacun de leur « côté ce qui pouvoit leur convenir de sorte qu'il fallut se meubler

« du plus nécessaire » Aidé de quatre religieux il prit possession

et fut installé le 29 août par Philippe Paris notaire royal et apostolique a Bayeux.

« Nous nous sommes transportés en laditte abbaye de Saint-Vigor de

Cerisy pour introduire en icelle ledit Dom Adrien Le Court en laditte qualité de prieur de laditte abbaye et l'en mettre en possession pour et au nom de laditte congrégation de Saint-Maur, où parvenus nous nous sommes retirés avec led. D. Adrien Le Court prieur dénommé de laditte abbaye, accompagné de Dom Jean de Sainte-Marie prieur du monastère de Saint-Vigor de Bayeux, de D. Pierre Gibert, de D. Romain de la Lande, de D. Jean Rivière et de D. Thomas Gombault tous religieux profès de ladite congrégation de Saint-Maur trouvés à l'entrée de laditte abbaye par devers religieux et discrette personne Dom Martin Fournier trouvé dans l'enclos de lad. abbaye à qui nous avons présenté et communiqué en original lesdittes lettres patentes de sa Majesté, l'arrêt d'enregistrement d'icelles au Grand Conseil, l'institution de prieur de ladite abbaye par led. R. P. Général et l'avons requis pour en sa présence et celle de ses religieux estre par nous dit notaire fait la lecture des dittes pièces avec déclaration que nous sommes venus exprès en cette d. abbaye pour mettre en possession d'icelle led. D. Adrien Le Court au nom du d. R. P. Général de laditte congrégation de Saint-Maur. Ledit sieur Fournier ayant fait assembler au chapitre tous les religieux anciens de laditte abbaye au son de la cloche en la manière accoustumée. Se sont présentés avec M. Fournier... tous religieux composans de présent la communauté et chapitre de laditte abbaye et ledit Dom Adrien Le Court... avec nous dit notaire en présence desquels nous avons fait la lecture publiquement à haute voix dans le chapitre en présence dud. sieur Le Fournier... des dittes lettres patentes... Après laquelle lecture led. sieur Le Fournier et les autres messieurs les anciens de laditte abbaye pour entrer dans les vues de sa Majesté et de son Altesse Monseigneur

140 ABBAYE DE CEBISY.

le Grand Prieur de Vendôme... ont reçu, accepté d'un consentement unanime lesdittcs patentes et ont consenti que l'introduction des religieux de la congrégation de Saint-Maur fut faicte dans lad. abbaye et que Dom Adrien Le Court en prit possession... pour quoi parvenir nous notaire en présence dudit sieur Le Fournier... avons mis et installé led. D. Adrien Le Court en sa qualité de prieur de laditte abbaye... en la possession corporelle, réelle et actuelle de laditte abbaye et de tous les biens et revenus en dépendant... premièrement par la libre entrée et ressortie de l'église d'icelle par la grande et principalle porte, prise d'eau bénite, se prosternant à genoux et faisant les prières devant le crucifix et devant le grand autel, touchant et baisant iceluy, touchant le tabernacle et le missel, prenant séance dans la chaire prioralle, sonnant les cloches et gardant les autres solemnités requises et nécessaires et ensuite l'avons installé dans le chapitre où nous l'avons pour cet effet conduit et fait assoir en la première place et après l'avons encore conduit à la sacristie et même dans le dortoir et autres lieux réguliers dont nous l'avons mis en possession et ledit sieur Le Fournier ancien de MM. ses confrères, leur a remis aux mains la clef du tabernacle, celle de la sacristie, de l'armoire où sont les vases sacrés, linges et ornemens, les deux clefs de la trésorerie ou archives et la troisième est demeurée aux mains dud. sieur Fournier pour son altesse. Laquelle prise de possession publiquement déclarée et notifiée au milieu du chœur de laditte abbaye à un grand nombre de peuple venus en ladite église pour y estre présents.... Fait et passé en laditte église présence de Claude Le Testu, Gaspard Cordier, Michel et Philippes Goubot père et fils, demeurants à Cerisy et de Me Jean Malon prestre demeurant audit Bayeux paroisse Saint-Malo à ce témoins et de plusieurs autres

En 1722, les églises dépendantes de l'abbaye furent, pour leur entretien comme pour leurs revenus, divisées en trois lots dont deux furent réservés à l'abbé ; c'étaient : Couvains, Litteau, Huppain, St-Laurent-sur-Mer, Neuville-sur-Port, Parfouru-sur-Odon, Argouges-sous-Mosles, Anisy, Rouxeville, St-Clair, Tournières, Bérigny, Epinay-sur-Odon (une fois sur trois), Saonnet et Formigny (alternativement), Houtteville, Surrain, Marcy, Bretonville, Tessy.

ÉVÈCIIÉ DE BAYEUX. 141

Dans le lot des religieux se trouvèrent : Littry, Ainayé, Tracy, Crouay, Mosles, Angranville, Longueville, la Meaulïe et Deux-Jumeaux .

XLIX. 1727-1788. Paul d'Albert de Luynes, fils d'Honoré-Charles et de Marie de Courcillon, fut d'abord colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, puis ayant embrassé l'état ecclésiastique, fut nommé par le pape abbé de Cerisy le 26 juin 1720, évèque de Bayeux en 1729, archevêque de Sens, primat des Gaules en 1753, cardinal en 1756 et enfin commandeur des ordres en 1759. Il mourut en 1788 après avoir possédé l'abbaye de Cerisy pendant près de 60 années.

Deux fois en 1737 et en 1771, il fut parrain de la grosse cloche de l'abbaye, et y vint plusieurs fois. Il y fut toujours reçu avec le plus grand empressement. On lit dans le livre de Cerisy:

« Le 1 1 octobre 1752 messire Albert de Luynes, évêque de Bayeux « et abbé de Cerisy, arriva le soir précédé d'une compagnie de dra- « gons qui étant ici en garnison avoit été au devant de sa grandeur. « Il logea à son abbatial et le lendemain jeudi vint entendre la messe « à son abbaye où le R. P. Prieur lui présenta l'eau bénite à la porte « de l'église, ensuite il donna la confirmation dans la grande cour « à plus de dix-sept cents personnes tant de cette paroisse que des « paroisses voisines. Ce qui se fit avec beaucoup d'ordre et de mo- « destie et un grand concours de monde de toutes conditions... il « tint le lendemain la Kalende... trente-six curés avec presqu'autant « de vicaires allèrent le chercher sous le dais et pendant ce temps là « le R. P. Prieur revêtu d'aube, d'étole et de chape, deux chantres « et le reste de la communauté en froc, précédé de la croix, du béni- « tier et de l'encensoir allèrent attendre sa grandeur à la porte de « l'église... Comme c'étoit vendredi et qu'on étoit averti, on lui « prépara un fort beau dîner où le R. P. prieur invita toute la prin- « cipale noblesse du pays qui s'y trouva. »

« Le 14 juillet 1782 il arriva à Cerisy pour souper. On alla au « devant de lui sans cérémonie dans les pièces du Hameau-Régnier, « on sonna toutes les cloches depuis la sortie de la forêt jusqu'à son « arrivée. Une grande partie des habitants se sont trouvés à son

« passage devant l'église. Le lendemain 15 il donna la confirmation « à quatre ou cinq paroisses dans notre église et le long de la grande « charmille, à cause de la chaleur. Le lendemain 16, il tint la Kalende « des curés du doyenné dans le chœur de la paroisse. Le même jour « Monseigneur partit pour retourner à Bayeux... »

L'académie des belles-lettres de Caen lui doit son établissement et l'université sa bibliothèque qu'il a beaucoup augmentée et rendue publique trois fois par semaine. C'était un prélat recommandable pour ses grandes connaissances dans les sciences et les belleslettres et plus encore par son aménité, sa bienfaisance, son zèle pour le bien.

Armoiries : d'or au lion couronné de gueules.

Archives de la Manche, H. 1506. — 1730. Transaction avec les religieux au sujet des réparations à faire à l'église, à la maison abbatiale, aux fermes, granges etc. — H. 1425. — 1748. Pancarte pour les droits de vente au marché de Cerisy. — H. 1717. — 1763. Déclaration du curé de Marsay payant à la baron nie, 37 sous 6 deniers. — H. 1475. — 1775. Observation pour la plantation des devises du Bois l'Abbé ou de la Queue. — 1778. nouveaux mémoires.

On connaît trois cachets différents ayant servi à Monseigneur de Luynes. Ils font partie de la collection de l'auteur. Le plus grand était spécial aux actes de Cerisy; aussi voit-on, en outre des ornements épiscopaux, la crosse et la mitre abbatiales. Le plus petit est celui de l'archevêque de Sens, grand cordon des ordres.

1788-1790. A la mort de Monseigneur de Luynes, l'abbaye fut mise en régale. Elle se composait alors du prieur Julien Ozouf et de sept religieux qui, comme on l'a vu plus haut, furent obligés de quitter l'abbaye en 1790 lors de la suppression des ordres religieux.

ÉVÊCHÉ DE 1UYEUX. 143

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