Béziers, Hist. de Bayeux p
ËVÊGHÉ DE BAVEUX. 3
florins d'or pour les aimâtes, 1935 ' de décimes et « vm vingt gros tournois et une obole de Florence par 12 gros » à l'évêque de Bayeux pour droit de visite.
En 1526, elle tomba en commende et fut visitée par les protestants en 1562, mais il ne paraît pas qu'ils y aient commis les mêmes ravages qu'à Bayeux et à Caen. Il n'y avait plus que cinq moines en 1760 et l'évêque de Bayeux songea à la supprimer comme n'étant plus dans les conditions canoniques. De longs procès s'engagèrent. Les moines, pour se soustraire à l'Ordinaire et empêcher la suppression, affirmèrent être affiliés à l'ordre de Cluny depuis 1627; mais, après avoir épuisé toutes les juridictions sans pouvoir fournir aucune preuve, ils furent obligés de renoncer eux-mêmes à leur prétention. L'abbaye fut donc supprimée par lettres-patentes du Roi, enregistrées au parlement de Normandie le 14 novembre 1782. Les biens qui, d'après le bail du fermier général, s'élevaient en 1767 à 24.000 ' furent attribués partie à l'abbé, partie aux religieux pour après eux appartenir en totalité au séminaire de Bayeux. Il n'y avait plus alors à l'abbaye que trois religieux : Dom Pierre-Guillaume Le Page, D. Pierre Mansat et D. Jacques Planchon — ce dernier mourut peu après. — Chaque religieux reçut une pension viagère de 1,000' et le séminaire demeura chargé d'acquitter la messe conventuelle, les obits1 et 600 messes basses, de payer deux professeurs de philosophie et de théologie, de nourrir cinq pauvres clercs se destinant au sacerdoce, de fournir un chapelain pour l'abbaye, etc.
Cet état de choses dura peu: car en 1791, l'évêché de Bayeux vendit la part du séminaire comprenant l'abbaye avec ses terres, herbages, bois, etc., pour une somme de 220.000 ' qui figure dans la liste des biens ecclésiastiques aliénés pour rétablir les finances du
1. Deux obits pour Guillaume et Geoffroy Sr de Marigny et D"eMaheust son e'pouse — 6 messes basses ; cinq obits pour Guill" Bacon, son père, sa mère, Louis et GuilP d'Etréham-le-Perreux, Roger, prêtre, fils du dit Guille — 15 messes basses ; Luce de Gampigny et tous ses parents — 3 messes basses ; pour la mère de Radulphe d'Argouges — 3 messes basses ; quatre obits pour Godcfroy de Marigny, Enguerrand son père, Roger de Vieux son gendre et la femme du dit Godefroy — 12 messes basses; Jean d'Arry chanoine de Bayeux— 1 messe basse ; Guy évêque de Bayeux — 3 messes basses. •
4 ABBAYE DE LONGEES.
royaume. Le 30 mars de la même année, elle fut acquise du district de Bayeux par M. Jacques Allard,qui la revendit le 28 mars 1811 à M. François tbert, pour la somme de 162. 200 fr.Elle a été depuis possédée par M. le comte Le Marrois et par M. de Rotz de la Madeleine. Mais elle fut de nouveau vendue en 1869 et détaillée. Dès lors sa ruine est certaine ; chaque année amène la disparition de quelque bâtiment curieux ; déjà la chapelle n'a plus de couverture et les
voûtes ne tarderont pas à s'effondrer
Voici la liste des pièces originales concernant la suppression de l'Abbaye de Longues. Elles faisaient partie de la collection de M. Lambert et se trouvent actuellement dans celle de l'auteur.
7 mai 1769. — Brevet du Roi donné à Marly pour l'extinction et suppression de la mense conventuelle de l'abbaye de Longues. — Le sieur Raffin, abbé commendataire de Mondaie, l'un des vicaires généraux de Mgr de Rocbecbouart, fut chargé de l'enquête à faire.
16 mai 1771. — Consentement, des religieux.
8 février 1773. — Inventaire des bâtiments, meubles, chartrier, etc. fait par Bernardin Housset, prêtre, licencié-ès-loix, chanoine de Bayeux, remplaçant l'abbé de Mondaye.
22 juin 1781. — Sentence exécutoire contre les religieux.
Mars 1782. — Lettres-patentes de suppression et de réunion au
Séminaire.
11 juin 1782. — Arrest du parlement de Rouen ordonnant la publication et l'affichage de ces lettres.
19 juillet 1782. — Ordonnance de publication des lettres pour le 9
octobre.
11 août 1782 — Affichage de cette publication à la grande porte de
l'église paroissiale de Longues.
14 novembre 1782. — Enregistrement des lettres-patentes en la
cour du parlement.
11 septembre 1786. — Bail des terres non fieffées de l'abbaye de
Longues, s'élevant à 6.000 ' (on y a joint le nom des acquéreurs
nationaux en 1792).
1767-1788. — Baux des dîmes d'Arroraanches, Bazenville.Castillou,
Cussy, Fontenailles, Longues, Manvieux, Marigny, R^es, etc.
28 mars 1811. — Vente de la ferme de l'abbaye, devant Me Le Petit, notaire à Rouen.
L'abbaye de Longues avait pris pour armoiries celles de la famille de son fondateur: d'argent à deux fasces de gueules surmontées de trois tourteaux de même. On les trouve encore actuellement peintes des deux côtés de la fenêtre du chevet de l'église abbatiale, sculptées en pierre dans le mur de clôture du chœur et fondues sur la choche de Vaux-sur-Aure l. Aussi ne s'explique-t-on pas comment M. Canel,
dans son Armoriai des villes de Normandie lui attribue, comme
d'Hozier dans Y Armoriai général: de.... à 3 trèfles de gueules en chef et 3 tourteaux de même en pointe.
Cette pierre sculptée, de la fin du XVe siècle, a été placée au XVIIe dans le mur qui séparait le chœur de la nef.Elle était déjà mutilée à cette époque et on doit y voir sans doute les traces du marteau des protestants. Deux anges très élégants, les ailes éployées, soutenaient l'écu aux armes de l'abbaye, surmonté d'une crosse. On lit en bas ces mots en gothique cursive très-serrée : «Cj> sont Us armes à l'abbage. nrc bat ht Cona,. »
On connaît le sceau de l'abbaye de Longues. Il a déjà été publié par M. Léchaudey d'Anisy : Archives du Calvados, PI. 20, N°I, avec cette
mention: sceau particulier. Nous le reproduisons ici d'après un dessin original de M. Lambert; on dirait, tellement il est net, qu'il a été dessiné sur la matrice elle-même, il remonte aux premières années du XIII' siècle, il est de forme ogivale et mesure 0.055m sur 0.037. Au centre, Notre-Dame, patronne de l'abbaye, tient d'une main le divin enfant et de l'autre un sceptre fleurdelisé, elle est ceinte d'une couronne royale et les plis de son manteau retombent élégamment sur sa robe. Elle est placée au centre d'une riche arcature ogivale surmontée de deux