Fieffé de deux pièces de terre à Longraye
2° Le prieuré de Ste-Mauie de la Chaîne, Sancta Maria de Cathena, était situé commune de St-Martin des Landes, près Carrouges, arrondissement d'Alençon, au diocèse de Sées. L'église avait été détruite anciennement, car elle ne figure pas dans la carte du diocèse imprimée en 1718. Deux religieux y résidaient lorsque l'archevêque de Rouen, Odon Rigaud, visita l'abbaye, en 1257. A ce prieuré appartenait le patronage de St-Martin des Landes et de St-Hilaire du Mesnil-Scelleur.
Cartulaire Nos 128-129. — 1204. Don par Jeanne, dame de Carrouges, du patronage de St-Martin des Landes, pour le salut de l'àme de Richard de Villers son mari.
Nos 130-131. — 1216. Don par la même du patronage du Mesnil- Scelleur et confirmation de Raoul Sanson, cher, son second mari.
N° 132. — 1217. Confirmation par Sylvestre, évèqne de Seès. lors de la consécration de l'autel et du cimetière de la Chaîne, de dons divers :
Universis Christi fidelibus ad quos prœsens scriptum pervenerit Sylvester dei gracia Sagiensis episcopus salutem in domino. Noverit univcrsitas vcstra quod cum nos altare beatœ Mariœ de Cathena juxta Karrogias consecrarcmus et ibidem cimiteriicm benediceremus Rad. Sanson et Johanna domina de Karrogiis présentât ionem ecclesiœ de Maisnil-Scelor et quidquid habebant in Robcrto de. ... Johannes Sanson duo solidos et dimidium censum ; Johannes de Villers diaconus duo quarteria frumenti in décima sua apud Meisons, vel in sua heredidate ; Robertus Bonevent totam terram quam comparavit apud Groffai ; sacerdos de Bosco unum quarterium avenœ ; Robertus de Foumuchon duodecim denarios census in Willehno Rufo ; Garinus Rex duodecim denarios census ; Philippus de Boceio de assensu et voluntate uxoris suce duodecim denarios census in nepote Garini régis ; hœc omnia isti prœdicti in puram elemosinam et perpétuant Deo et beatœ Mariœ de Cathena et monachis ibi Deo servientibus et servituris dederunt et in manu nostra elemosinaverunt . Isti autem qui infcrius nominantur hœc omnia prebuerunt Deo et beatœ Mariœ de Cathena et monachis ibi deo servientibus et servituris. Gatopin unam libram cerœ annuatim ; Rad. Morel sex denarios census ; Johannes Pichart, très d. census ; Gaufridus Tourinel, très d. census; Garinus Quaresyne sex d. census ; Johannes de Chamdon sex d. census ; Rad. Quaillole sex d. census ; Rad. Le Foisoneir unum quarterium avenœ; Willelmus de Houchemaine dimidium quarterium avenœ ; Rich. de Fonte dimidium quarterium avenœ ; Nos aidem prœdictas donationes ratas et gratas habentes prœsenti scripto et sigilli mei munimine duximus confirmandas. Actum anno graciœ M0. CC°. septimo decimo.
3° Le prieuré St-Jacques-le- Majeur de Fumichon, Capella de Foumuchon, appelé N. D. des Faveurs, sur la carte de l'abbé Petite, en 1675, était situé sur le ruisseau de ce nom en la paroisse de Marigny. La
ÉVÊCHÉ DE BAVEUX. 4o
chapelle avait été détruite pendant les guerres de religion ; on
l'avait remplacée par une construction sans caractère, que M. Lambert a vu détruire. Le seul vestige qui en soit parvenu jusqu'à nos jours est une brique émaillée du XIVe siècle, qui provenait d'un retable représentant l'Adoration des Mages et composé d'au moins 4 briques semblables. Elle a été longtemps posée au faîte d'une grange construite avec les matériaux de l'ancienne chapelle. Grâce à l'obligeance du propriétaire, cette brique, sortie de l'atelier du Molay et unique en son genre, est dans la collection de l'auteur, ainsi que deux petits fragments du même sujet, incrustés dans un mur de clôture.
On trouva, à la mort de Dom Planchon, un sac de pièces concernant le bénéfice de Fumichon, attaché à l'office claustral de Longues. On y mentionne « une charte de 1233, une autre sans date, « une de l'Incarnation 12-41, une sans date, une de décembre 1200 « et diverses pièces de IG82 et de 1747, concernant () boisseaux de « rente due à l'office claustral de Longues. »
La chapelle de Fumichon fut donnée à Longues par Radulphe de Fumichon, au commencement du XIIIe siècle.
Cartulaire N° 40. Noverint qui pressens scripium audituri sunt quod ego Real, de Foumuchon dedi Deo et sanctœ Mariœ de Lungis et monachis ibidem Deo servientibus pro sainte animée meœ et omnium parentum et antecessorum meorum capellam de Foumuchon cum terris et decimis et omnibus aliis pertinenciis in liberam et puram elemosinam. Et ne malignitate aliqua id quod salubriter actum est et intuitu caritatis ab aliquo in irrituni possit revocari presenti scripto et sigilli mei appensione corroborare curavi. His testibus Reginaldo ejusdem capellœ capellano, Hamone Pincerna, Reginaldo de Marigneio, Ranulfo de Lungis, Gaufrido de Lungis, Balduino fratre suo, Roberlo Clerico Hamonis Pincernse et midtis aliis.
Mais le prieur de St-Vigor de Bayeux, nommé Guillaume, réclamant cette chapelle, un accord survint au mois de février 1207, par lequel il abandonna ses droits à l'abbé de Longues.
Gartulaire N° 47. Témoins : Guill0, archidiacre ; Mc Robert de Cremelles et M° Richard, chanoines de Bayeux ; Hubert, prieur de Pierresolain ; Raoul Malherbe, Robert surnommé le Moine.
1° Le prieuré N. I). ni' Pontyouf, Cella de Longis apud Pou Ion Ahilfi, était situé sur les bords de la rivière de la Drôme, à l'extrémité de la paroisse de Vidouville, canton de Thorigny, arrondissement de St-Lô. La chapelle a été transformée en habitation, les fenêtres étaient à plein cintre. On a plaeé dans l'église de Vidouville une statue en pierre du XVIIIe siècle, et dans les murs d'une étable se voit une pierre où étaient sculptées les armes, — actuellement mutilées, — d'un prieur du Pontyouf, avec deux lions pour supports et deux bâtons de prieur passés en sautoir derrière une couronne.
Ce prieuré tomba en commende en 1078. Ses biens comprenaient : la ferme du Pontyouf avec l'ancienne chapelle, où se célébrait la messe tous les dimanches et fêtes de la Ste- Vierge. Elle contenait environ 100 vergées de terres amorties de temps immémorial ; la moitié des grosses dîmes et blés sarrazins de la paroisse de Vidouville ; le droit de pêche en la rivière de Drôme et de mouture fraîche au moulin du Rezier ; la dîme des bois de Montrabot ; les patronages de Montrabot et de Vidouville, exercés par l'abbé.
Il fut vendu nationalement en 1700, avec environ 60 hectares de terre.
Jacques Auvray, curé de la Vacquerie, prieur du Pontyouf en 1048, fut maintenu en lOol dans son droit de percevoir la dîme du bois de Montrabot.
Jacques de Brévedent, clerc du diocèse de Rouen, prieur commendataire, rendit aveu du temporel en 1078. — (Archives de la Manche).
François-Benjamin Fischer. — 1740.
Jean-Claude Boissard. — 1779.
L. de Montboisse fut le dernier prieur ; il était interdit, et le vicaire de Vidouville, malgré le curé de Lambcrville, fut chargé d'acquitter « une messe basse tous les dimanches, non les fêtes, « sauf le jour de la Nativité où se tenoit une assemblée assez « nombreuse1. » Ce prieur se retira en 1701, à Mœurs, en Auvergne, dans sa famille.
Cartulaire N° 17. — Henri, roi d'Angleterre, dans sa charte de confirmation, mentionne le don suivant : Ex dono Rogerii Guemon pratum de Ponte Aulvii et terrain suam quœ ibi est usque ad viam quœ vadit ad perrum et duas partes decimœ molendini sut et pasturam ad C oves in terra sua de Vidouvilla et ad XX animalia et ad quatuor equos.
N° 21. Le même roi donne une foire à la St-Michel en septembre : Henricus, dei gracia rex Anglorum et dux Normanniœ et Aquitaniœ et cornes Andegavensis, Archiepiscopis, Episcoj>is, Abbatibus, Comitibus, Baronibus, Justiciariis, Vicecomitibus et omnibus baillivis et fidelibus suis salutem. Sciatis me pro dei amorc et pro sainte animai mece et anteeessorum meorum dédisse et concessisse et presenti carta mea confirmasse in libérant et puram et perpétuant elemosinant monachis de Longis habitantibus apud Pontem Aiulfi singulis annis nundinas uni us ((ici apud Pontem Aiulfi videlicet in die sancti Michaelis in exitu septembris. Quare volo et firmiter prœcipio quod prœfati monachii habeant et teneant bene et in pace, libère et quiète , intègre , plenarie et honorifiee nundinas prœnominatas in perpétuant. Testibus Henrico baiocensi episcopo, Willelmo de sanctœ Mariœ ecclesia et pluribus aliis.
N° 93. — 1213. Don par Thomas Malfillastre du patronage de Vidouville. — 1223. Confirmation du don d'un pré fait par Guille Brûlot. — 1238. Confirmation par Henri de Lamberville, chci, du don de deux prés par Roger Le Tannier. — 1302. Don par
1. C'était sans doute la foire donnée par le roi d'Angleterre, et qui avait été transférée de septembre en décembre.
Guillaume de Pouchin et Jeanne de Semillie sa femme, de ce qu'ils possédaient à Vidouville.
Hermant, dans ses manuscrits, cite encore les prieurés de Mont- Arnoul et de N. D. du Pont-Arnoul, mais ces deux noms, que l'on trouve écrits ainsi dans la Neustria pia, se rapportent [au même prieuré du Pontyouf.