COLONNE DE BRONZE , A HILDB8HEIM
La coloime du Christ qu*on yoit à Hildeshdm , sur la place qui précède la cathédrale, est un monument de la plus haute importance , dont Je suis bien aise de présenter une esquisse. G*est une colonne de brooxe, fondue d*un seul morceau, haute de ià pieds, offrant , dans une série de 28 bas-reliefii disposés en spirale, comme ceux de la colonne Trajane, la yie de Jésus-Christ. L^esquisse ci-jointe ( p. 38A ) présente la colonne, vue de deux côtés. Elle a perdu le chapiteau de bronze qui la recouvrait.
Je manque de renseignements sur la destination primitive de cette colonne ; mais je ne serais pas surpris qu*eUe eût été, dans Torigine, surmontée d*une croix qui aurait été placée au-dessus du chapiteau, détaché du monument pour lequel il avait été fondu. On regarde la colonne de Hildesheim comme remontant au XI* siècle. On Ta placée
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devant le portail de la cathédrale, sur un socle carré en pierre, formant piédestal et haut de plus d*un mètre.
Objets destinés au culte.
jjT^o XI* et au X!I< siècle surtout, les reliquaires, les vases sacrés, Xx)^ crosses d'évêques et d'abbés devinrent d'une grande richesse. Nous ne citerons que quelques-uns de ces objets, ceux qu'on rencontre le plus habituellement dans les églises ou dans les collections.
Rbuquaiebs. — Les coffrets en cuivre émaillé, dans le style b^rzantin, destinés à renfermer des reliques, sont assez communs. Ces coffrets ont presque toujours la forme d'une maison ou d'une chapelle couverte d'un toit à double égout ; des émaux décorent le toit, les parois latérales extérieures et les deux extrémités (V. la page suivante) ; on a figuré le plus souvent les Apôtres et le Christ sur ces parois. Le Christ occupe ordinairement, à lui seul , l'une des extrémités ; les Apôtres ou les Saints ont été disposés sur les laces latérales. Je parie des reliquaires de petite dimension et dont la longueur est à peine d'un pied et souvent moindre ; il y en a quelques autres beaucoup plus grands, mais de même forme : comme exemple, je citerai la châsse de St-Calmin , à Mozat, près Riom. Cette curieuse châsse, d'une grande dimension, qui est figurée dans l'ouvrage de M. Ifalay , Sur les églises inf tontines de C Auvergne , se compose de planches en cuivre émaiUé, ajustées sur une charpente, de manière à présenter l'image d'un cercueil à couvercle prismatique ou plutôt celle d'une église à deux pignons , comme les coffrets beaucoup plus petits dont je parlais tout à l'heure : elle contient les reliques de saint Calmin et de sainte Numadie , son épouse ; les peintures en émail représentent les différents actes de piété qui signalèrent leur vie, tels que la construction du monastère de Mozat, etc.
Des htscriptions expliquent ces tableaux. Deux d'entre eux représentent l'ensevelissement de Calmin et de Numadie , et leurs âmes figurées par des corps nus emportés au ciel par des anges.
Les châsses émaillées sont feites avec des planches de cuivre rouge, sur lesquelles le burin a creusé de nombreux vides remplis d'émaux de diverses couleurs. Lorsque le cuivre paraît à la surfece, il est doré et dessine des ornements d'architecture, des tiges de fleurs ou les nimbes des personnages. Les figures, ciselées ou le plus souvent
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frappées au repoussoir, font saillie sur le cuivre. D^autres fois, les têtes seules sont saillantes , et le corps ou même le personnage tout entier est indiqué par un trait creux qui dessine les contours.
D*aprè8 les explorations de M. Tabbé Texier , le Limousin possède de n(»nbreux reliquaires émaillés, de style roman. Il cite, comme les plus remarquables, ceux d*Àmbazac et de St-Viame (Corrèse), dont les dimensions sont assez considérables ( 0" 85 sur 0" 73 de hauteur) ; ceux de la Guêne ( Gorrèze ) , de St-Aurélien, à Limoges, et celui de Solignac.
On a renfermé les reliques dans des objets de formes diverses et de
▼IIRGB BTXVBTI!<E ^ Elf BOiS, A TOVBjn».
différentes matiètes, quelquefois dans des cavités pratiquées au centre
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des statud. Ainsi la statue, en Imns doré , de la Sainte-Vîeife qu^oa foit CBOore à Touniut^ et qui, à en juger par le siège orné d'arcatorea cintrées sur lequel elle est assise, aussi bien que par son eostume » doit dater de la fin du xn« siècle, a dans le dos une petite aimoire dans laquelle on renfermait des reliques.
Statubs.— Les statues en bob et en métal doîfent être citées < objets consacrés au culte ; ce sont sourent des oeuvres d*art remarquablet. Parmi les statues romanes en bois , on peut citer la Vieige noire de Notre-Dame de Dijom Cette statue est maintenant couverte de vêtements, comme la plupart de nos Madones; elle en Ait momentanément dépouillée le jour de la visite &ite, il y a quelques années, par le Congrès archéologique à l'église Notre4)ame : ce qui n*avait pas eu lieu depuis très-longtemps , et nous avons pu reconnaître qu*elle était représentée assise, conmie toutes les Madones byxantines. Plus tard , quand on a recouvert de robes et de tissus la draperie sculptée de la statue en bois , on a voulu qu*elle f&t debout ; on Ta inclinée en avant pour lui donner en apparence cette position , et les vêtements dont on Ta couverte ont complété Tillusion* Dans Forigine aussi , la Vierge noire de Dijon, comme toutes les Vieiges byzantines, tenait TEnfant-Jésus sur ses genoux ; on a fait disparaître cette statuette , qui s*opposait à la position qu'on voulait donner à la statue principale. Les traces de cet enlèvement sent ûeiles à nconnaitre dans le dessin de M. V. Petit, que nous donnons p. 389 et qui ÊJt voir la Viei^ge noire telle qu'elle s^ést présentée à nos yeux, apiis Tenlèvement des vêtements qui la dérobent actuellemtil à la vue et n*en laissent voir que la tête ou plutôt le visage.
La Vierge noire de Dijon nous paraît plus intéressante que celle de Beaune, qui est aussi très-andenoe, également noire, et qui appartient au même type.
Ces monuments de la sculpture byiantine devraient tous être dessinés, étudiés et comparés; nous en possédons eaeore une certaine quantité en France et dans les contrées voisines. L# moine Théophile donne, sur la confection des statues de ce genre, dis renseignements curieux que je regrette de ne pouvoir reproduire, mais que f ûidique à ceux qui voudraient les connaître.
La Vierge noire de la cathédrale du Puy-en-Velay devait , avant d'être reiiûte, offrir une grande ressemblance avec celles de Dijon et de Beaune. La Vierge de Roctmadour est aussi citée comme très-ancienne ; mais
LA TiEROB KoïKB DB oijoîi (Yue de face ).
SkO DE CADMONT. ABécéDAIRB O^ARCHÊOLOGIE.
toutes sont affablées de tissus , de robes et de denteUes qui ne permettent pas de les voir; pour les dessiner, il faut les dépouiller de tous ces aoce8M>ires, chose très-difficile sans la permission de Tautorité ecclésiastique supérieure.
Cbossu. — Les crosses en ivoire et en cuivre émaillé du XI* siècle et du XII« sont encore en asseï grand nombre dans les collections. Dans la crosse de Robert d*Arbrissel , abbé de Fonte?rault, déposée au musée d* Angers, et une autre qui existe au musée d* Amiens , la partie recourbée, formant la crosse pro- g prementdite, imite le corps | d*ttn serpent : les espèces ^ d'écaillés qui la recouvrent g sont en émail bleu , entourées § d*un bord doré. Saint Mi- S chel et le dragon, en forme | de salamandre, qu'il perce de ^ sa lance sont dorés ; les yeux sont en émail ; sur le dos du dragon sont incrustées des turquoises.
Dans plusieurs autres crosses du XII* siècle, j'ai
trouvé cette représentation de
TArchange frappant le dragon , et vaisemblablement l'adoption de ce sujet était emblématique des combats que livraient au malin esprit les chefrde la milice chrétienne (évéques, abbés), auxqueb ces crosses étaient destinées. D'autres crosses ressemblent à un serpent formant plusieurs tours de spire et n'offrent pas de personnage au centre.
Nous présentons l'esquisse d'une autre crosse dont la volute est décorée de feuillages qui paraissent se rapporter à la fin du XII* siècle, et qui a été trouvée dans les fouilles faites il y a peu de temps sous le chœur de la cathédrale de Lisieux. M. Pannier nous a ptt>curé ce dessin, qui oitre un modèle souvent reproduit avec qudques
variantes soit en bronze, soit en ivoire.
Une autre crosse avec volute en ivoire, que Ton conserve à St-Lizier ( Ariége ), a été décrite et figurée par M. l*abbé Siadoux dans le tome XXXI du Bulletin monumental ( p. 86-87 ). La volute se termine par une tête d*antmal.
Febs a pains d'autrl. — Les fers à pains d'autel sont très-rares ; on en connaît pourtant quelques-uns du XII* siècle : ce sont deux pièces en métal gravées en
creui qui, en se rapprochant, imprimaient sur les deux côtés de l'hostie des Ggures religieuses, telles que la croix , la représentation du Christ, etc., etc.
Ciboires. — Les ciboires eu cuivre doré émaillé étaient fort en usage aux XI* et XII* siècles. Voici la forme que j'ai trouvée le plus habituellement dans les collections. Elle a persbté dans les siècles suivants jusqu'au XV*.
M. l'abbé Barraud, dans un intéressant mémoire sur les ciboires , qu'on lira avec beaucoup de fruit et qui fait partie du volume XXIV* du Bulletin monumental , décrit ainsi qu'il suit un ciboire, en forme de calice turriculé ( V. p. ZhZ ) , qui avait été précédemment publié dans les Annales archéologiques de M. Didron :
« Ce ciboire est , dit-il , formé de deux cônes réunis dans un nœud par leurs sommets ; le pied a, pour tout ornement, des feuilles ou des rinceaux gravés en creux. La coupe se compose de deux étages d'arcades à jour séparés par un anneau circulaire plein, où brillent enchâssés des cabochons qu'entourent des filigranes. Ces arcades sont semi-dr^ culaires ; des colonnes granuleuses les supportent. Le couvercle,
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ciDOiaK réDicoLÉ ToaiicoLé , a s&im-oasR.
QBOIRE BM CIII7RB ÉMAlLli.
( Dans la collection du Louvre. )
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mobile autour d*une charnière, suit d*abord une direction indinée ; il s'élève ensuite en cylindre et se termine en cône. La partie cyUndrique est encore décorée d'arcades à plein^dutre ; des cabochons, eoviromiés de filigranes , enrichissent le toit et le premier amortissement*
t Le vase est en cuivre doré. Il est focile d*en fixer la date. La fbnne des arcades , la disposition des filigranes, la manière dont les cabochons sont enchâssés, tout indique la fin du XII* siècle. •
M. Tabbé Barraud a également décrit et figuré, dans le Bulletimnumu" mental, le magnifique ciboire d'Alpais (V. p. 9AS), ainsi appelé parce qu'il a été fait par un artiste de ce nom , et qu'on voit dans la collection du Louvre. On le croit de la fin du XII* siècle.
« Deux calottes identiques superposées le composent, dit M. Barraud ; Tune est la coupe et l'autre le couvercle. Chacune d'elles, renflée vers le milieu de sa hauteur, se termine, près de l'ouverture, ou de la base, par une bande circulaire qui semble la resserrer. Le pied qui supporte la coupe n'est qu'un c6ne tronqué , de 55 millimètres de hauteur, jusle suIBsant pour le maintenir en équilibre et permettre de la prendre. Un élégant bouton surmonte le couvercle; à sa partie supérieure se dessiuent quatre arcades romanes, sous lesquelles on voit des anges nimbés portant chacun une hostie timbrée d'une croix. Au fond de la coupe , dans le cercle qui circonscrit un ange tenant un livre et faisant de la droite le signe de la parole, ou de la bénédiction, on peut lire cette précieuse inscription : MAGISTER : G : ALPAIS : ME : FECIT : LEMOVICARVM. Ce ciboire a donc été fait à Limoges par un émailleary du nom d'Alpais. Il est en cuivre émaillé. •
Calices. — Certains calices ont été, aux XI* et XII« siècles < auparavant, des œuvres remarquables d'orfèvrerie : nous citerons pour exemple celui que l'on conserve dans le trésor de la cathédrale de Reims, sous la dénomination de catice de saint Rémy,
Ce calice est en or, relevé d'émaux cloisonnés , de filigranes et de pierres précieuses ; par sa forme courte et large il ressemble au calice de saint Gozlin , figuré page 418. Des émaux transparents d'une grande finesse, des bandes de filigranes enrichies de perles bordent la coupe et le pied du calice. Le nœud qui unit la coupe au pied est rond, couvert de filigranes, de glands en or et d'émaux. Mais cette dénomination de calice de saint Rémy ne doit pas indiquer Porigine de l'objet. M. l'abbé Cerf croit , avec ceux qui l'ont examiné attenli-
vement, qu'il a été exécuté au XII* siècle pour remplacer un Tase légué par saint Rémy à son église de Reims.
CALICE DE SAlnT i£mY , A ICIMS.
Cboix iMAiLLé£S. — Les croix émaillées sont encore assez nombreuses. Le Christ est toujours vêtu d'une espèce de tunique ou de jupon ( V. la flgure, p. 335) ; sa tête porte un nimbe ou couronne; les pieds sont toujours cloués séparément; ces caractères se rencontrent aussi au XIII* siècle, mais le style de la statuette et les ornements de la croix indiquent suffisamment Tépoque et rendent la distinction possible entre le XII* siècle et le XIII'.
Encbmsoibs. ~ Les encensoirs, beaucoup moins allongés que les nôtres, s'écartent moins de la forme orbiculaire; ils étaient attachés à des chaînes , comme à présent ; le couvercle surtout était orné de ciselures et d'enlacements à jour.
Deux encensoirs du XII* siècle existent dans le trésor de la ca«
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thédrale de Trêves ; ils figurent une église en forme de croix grecque, dont chaque bras se termine par une abside. Entre les bras de la croix s^élèvent des tourelles. Voici le plus simple de ces deux encensoirs: il est en argent; Tautre, en bronze doré et beaucoup plus compliqué, a
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